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ALLIANCE...........20
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L'homme, par exemple, a rapport à tout ce qu'il connaît. Il a besoin de lieu pour le contenir, de temps pour durer, de mouvement pour vivre, d'éléments pour le composer, de chaleur et d'aliments pour [se] nourrir, d'air pour respirer ; il voit la lumière, il sent les corps ; enfin tout tombe sous son alliance. Il faut donc, pour connaître l'homme, savoir d'où vient qu'il a besoin d'air pour subsister ; et pour connaître l'air, savoir par où il a ce rapport à la vie de l'homme, etc. La flamme ne subsiste point sans air ; donc, pour connaître l'un, il faut connaître l'autre.
| Pensées II 72 |
Pour montrer que les vrais Juifs et les vrais Chrétiens n'ont qu'une même religion. – La religion des Juifs semblait consister essentiellement en la paternité d'Abraham, en la circoncision, aux sacrifices, aux cérémonies, en l'arche, au temple, en Hiérusalem, et enfin en la loi et en l'alliance de Moïse.
| Pensées IX 610 |
Que Dieu fera une nouvelle alliance par le Messie, et que l'ancienne sera rejetée. Jér., XXXI, 31 : Mandata non bona ; Ezéch., XX, 25 ;
| Pensées IX 610 |
Il déclare qu'enfin Dieu, s'irritant contre eux, les dispersera parmi tous les peuples de la terre ; que, comme ils l'ont irrité en adorant les dieux qui n'étaient point leur Dieu, de même il les provoquera en appelant un peuple qui n'est point son peuple ; et veut que toutes ses paroles soient conservées éternellement et que son livre soit mis dans l'arche de l'alliance pour servir à jamais de témoin contre eux.
| Pensées IX 631 |
Adam forma futuri. Les six jours pour former l'un, les six âges pour former l'autre ; les six jours que Moïse représente pour la formation d'Adam ne sont que la peinture des six âges pour former Jésus-Christ et l'Église. Si Adam n'eût point péché, et que Jésus-Christ ne fût point venu, il n'y eût eu qu'une seule alliance, qu'un seul âge des hommes, et la création eût été représentée comme faite en un seul temps.
| Pensées X 656 |
Nos prières et nos vertus sont abominables devant Dieu, si elles ne sont les prières et vertus de Jésus-Christ. Et nos péchés ne seront jamais l'objet de la [miséricorde], mais de la justice de Dieu, s'ils ne sont [ceux de] Jésus-Christ. Il a adopté nos péchés, et nous a [admis à son] alliance, car les vertus lui sont [propres, et les] péchés étrangers ; et les vertus nous [sont] étrangères, et nos péchés nous sont propres.
| Pensées X 668 |
Pour savoir si la loi et les sacrifices sont réalité ou figure, il faut voir si les prophètes, en parlant de ces choses, y arrêtaient leur vue et leur pensée, en sorte qu'ils n'y vissent que cette ancienne alliance, ou s'ils y voient quelque autre chose dont elle fût la peinture ; car dans un portrait on voit la chose figurée. Il ne faut pour cela qu'examiner ce qu'ils en disent.
| Pensées X 678 |
Quand ils disent qu'elle sera éternelle, entendent-ils parler de l'alliance de laquelle ils disent qu'elle sera changée ; et de même des sacrifices, etc. ?
| Pensées X 678 |
Or dans toute l'Écriture ils plaisent et déplaisent. Il est dit que la loi sera changée, que le sacrifice sera changé ; qu'ils seront sans loi, sans prince et sans sacrifice ; qu'il sera fait une nouvelle alliance ; que la loi sera renouvelée ; que les préceptes qu'ils ont reçus ne sont pas bons ; que leurs sacrifices sont abominables ; que Dieu n'en a point demandé.
| Pensées X 685 |
Il est dit, au contraire, que la loi durera éternellement ; que cette alliance sera éternelle ; que le sacrifice sera éternel ; que le sceptre ne sortira jamais d'avec eux, puisqu'il ne doit point en sortir que le Roi éternel n'arrive.
| Pensées X 685 |
Alliance éternelle, – alliance nouvelle.
| Pensées X 686 |
Alliance éternelle, – alliance nouvelle.
| Pensées X 686 |
« Et que les étrangers qui s'attachent à moi ne disent point : Dieu me séparera d'avec son peuple. Car le Seigneur dit ces choses : Quiconque gardera mon sabbat, et choisira de faire mes volontés, et gardera mon alliance, je leur donnerai place dans ma maison, et je leur donnerai un nom meilleur que celui que j'ai donné à mes enfants : ce sera un nom éternel qui ne périra jamais. »
| Pensées XI 713 |
« Mais le quatrième sera fort comme le fer ; et, de même que le fer brise et perce toutes choses, de même cet empire brisera et écrasera tout. Et ce que vous avez vu que les pieds et les extrémités des pieds étaient composés en partie de terre et en partie de fer, cela marque que cet empire sera divisé, et qu'il tiendra en partie de la fermeté du fer et en partie de la fragilité de la terre. Mais comme le fer ne peut s'allier solidement avec la terre, de même ceux qui sont représentés par le fer et par la terre ne pourront faire d'alliance durable, quoiqu'ils s'unissent par des mariages.
| Pensées XI 722 |
« Or une semaine (qui est la 70e qui reste) établira l'alliance avec plusieurs ; et même la moitié de la semaine (c'est-à-dire les derniers trois ans et demi) abolira le sacrifice et l'hostie, et rendra étonnante l'étendue de l'abomination, qui se répandra et durera sur ceux mêmes qui s'en étonneront jusqu'à la consommation. »
| Pensées XI 722 |
« Et ainsi il reviendra en son royaume ; mais les enfants de l'autre, irrités, assembleront de grandes forces (Séleucus Ceraunus, Antiochus Magnus). Et leur armée viendra et ravagera tout ; dont le roi du Midi, étant irrité, formera aussi un grand corps d'armée et livrera bataille (Ptolemeus Philopator contre Antiochus Magnus, à Raphia), et vaincra ; et ses troupes en deviendront insolentes, et son cœur s'en enflera (ce Ptolemeus profana le temple : Josèphe) ; il vaincra des milliers d'hommes, mais sa victoire ne sera pas ferme. Car le roi d'Aquilon (Antiochus Magnus) reviendra avec encore plus de forces que la première fois, et alors aussi un grand nombre d'ennemis s'élèvera contre le roi du Midi (le jeune Ptolémée Épiphane régnant), et même des hommes apostats, violents, de ton peuple, s'élèveront afin que les visions soient accomplies, et ils périront (ceux qui avaient quitté leur religion pour plaire à Evergetes quand il envoya ses troupes à Scopas, car Antiochus reprendra Scopas et les vaincra). Et le roi d'Aquilon détruira les remparts, et prendra les villes les plus fortifiées, et toute la force du Midi ne pourra lui résister, et tout cédera à sa volonté ; il s'arrêtera dans la terre d'Israël, et elle lui cédera. Et ainsi il pensera à se rendre maître de tout l'empire d'Égypte (méprisant la jeunesse d'Épiphane, dit Justin). Et pour cela il fera alliance avec lui et lui donnera sa fille (Cléopâtre, afin qu'elle trahît son mari ; sur quoi Appianus dit que se défiant de pouvoir se rendre maître d'Égypte par force, à cause de la protection des Romains, il voulut l'attenter par finesse). Il la voudra corrompre, mais elle ne suivra pas son intention ; ainsi il se jettera à d'autres desseins et pensera à se rendre maître de quelques îles (c'est-à-dire lieux maritimes), et il en prendra plusieurs (comme dit Appianus).
| Pensées XI 722 |
« Et celui qui lui succédera (Séleucus Philopator ou Soter, fils d'Antiochus Magnus) sera un tyran, qui affligera d'impôts la gloire du royaume (qui est le peuple) ; mais, en peu de temps, il mourra, mais non par sédition ni par guerre. Et il succédera à sa place un homme méprisable et indigne des honneurs de la royauté, qui s'y introduira adroitement et par caresses. Toutes les armées fléchiront devant lui, il les vaincra et même le prince avec qui il avait fait alliance ; car ayant renouvelé l'alliance avec lui, il le trompera, et, venant avec peu de troupes dans ses provinces calmes et sans crainte il prendra les meilleures places, et fera plus que ses pères n'avaient jamais fait, et ravageant de toutes parts il formera de grands desseins pendant son temps. »
| Pensées XI 722 |
« Et celui qui lui succédera (Séleucus Philopator ou Soter, fils d'Antiochus Magnus) sera un tyran, qui affligera d'impôts la gloire du royaume (qui est le peuple) ; mais, en peu de temps, il mourra, mais non par sédition ni par guerre. Et il succédera à sa place un homme méprisable et indigne des honneurs de la royauté, qui s'y introduira adroitement et par caresses. Toutes les armées fléchiront devant lui, il les vaincra et même le prince avec qui il avait fait alliance ; car ayant renouvelé l'alliance avec lui, il le trompera, et, venant avec peu de troupes dans ses provinces calmes et sans crainte il prendra les meilleures places, et fera plus que ses pères n'avaient jamais fait, et ravageant de toutes parts il formera de grands desseins pendant son temps. »
| Pensées XI 722 |
« Le Seigneur m'a dit encore : Je t'ai exaucé dans les jours de salut et de miséricorde, et je t'ai établi pour être l'alliance du peuple, et te mettre en possession des nations les plus abandonnées ; afin que tu dises à ceux qui sont dans les chaînes : Sortez en liberté ; et à ceux qui sont dans les ténèbres : Venez à la lumière, et possédez des terres abondantes et fertiles. Ils ne seront plus travaillés ni de la faim, ni de la soif, ni de l'ardeur du soleil, parce que celui qui a eu compassion d'eux sera leur conducteur : il les mènera aux sources vivantes des eaux, et aplanira les montagnes devant eux. Voici, les peuples aborderont de toutes parts, d'orient, d'occident, d'aquilon et de midi. Que le ciel en rende gloire à Dieu ; que la terre s'en réjouisse, parce qu'il a plu au Seigneur de consoler son peuple, et qu'il aura enfin pitié des pauvres qui espèrent en lui.
| Pensées XI 726 |
Prédictions. – Il est prédit qu'au temps du Messie, il viendrait établir une nouvelle alliance, qui ferait oublier la sortie d'Égypte, Jérémie, XXIII, 5 ; Isaïe, XLIII, 16 ; qui mettrait sa loi non dans l'extérieur, mais dans les cœurs ; qu'il mettrait sa crainte, qui n'avait été qu'au dehors, dans le milieu du cœur. Qui ne voit la loi chrétienne en tout cela ?
| Pensées XI 729 |
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ALORS..............40
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Les gens universels ne sont appelés ni poètes ni géomètres, etc. ; mais ils sont tout cela, et juges de tous ceux-là. On ne les devine point. Ils parleront de ce qu'on parlait quand ils sont entrés. On ne s'aperçoit point en eux d'une qualité plutôt que d'une autre, hors de la nécessité de la mettre en usage ; mais alors on s'en souvient, car il est également de ce caractère qu'on ne dise point d'eux qu'ils parlent bien, quand il n'est pas question du langage, et qu'on dise d'eux qu'ils parlent bien, quand il en est question.
| Pensées I 34 |
Il faut qu'on n'en puisse [dire], ni « il est mathématicien », ni « prédicateur », ni « éloquent », mais « il est honnête homme ». Cette qualité universelle me plaît seule. Quand en voyant un homme on se souvient de son livre, c'est mauvais signe ; je voudrais qu'on ne s'aperçût d'aucune qualité que par la rencontre et l'occasion d'en user (Ne quid nimis ), de peur qu'une qualité ne l'emporte, et ne fasse baptiser ; qu'on ne songe point qu'il parle bien, sinon quand il s'agit de bien parler, mais qu'on y songe alors.
| Pensées I 35 |
Ce malheur est sans doute plus grand et plus ordinaire dans les plus grandes fortunes ; mais les moindres n'en sont pas exemptes, parce qu'il y a toujours quelque intérêt à se faire aimer des hommes. Ainsi la vie humaine n'est qu'une illusion perpétuelle ; on ne fait que s'entre-tromper et s'entre-flatter. Personne ne parle de nous en notre présence comme il en parle en notre absence. L'union qui est entre les hommes n'est fondée que sur cette mutuelle tromperie ; et peu d'amitiés subsisteraient, si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu'il n'y est pas, quoiqu'il en parle alors sincèrement et sans passion.
| Pensées II 100 |
Qu'il est difficile de proposer une chose au jugement d'un autre, sans corrompre son jugement par la manière de la lui proposer ! Si on dit : « Je le trouve beau ; je le trouve obscur », ou autre chose semblable, on entraîne l'imagination à ce jugement, ou on l'irrite au contraire. Il vaut mieux ne rien dire ; et alors il juge selon ce qu'il est, c'est-à-dire selon ce qu'il est alors, et selon [ce] que les autres circonstances dont on n'est pas auteur y auront mis. Mais au moins on n'y aura rien mis ; si ce n'est que ce silence n'y fasse aussi son effet, selon le tour et l'interprétation qu'il sera en humeur de lui donner, ou selon qu'il le conjecturera des mouvements et air du visage ou du ton de la voix, selon qu'il sera physionomiste : tant il est difficile de ne point démonter un jugement de son assiette naturelle, ou plutôt, tant il en a peu de ferme et stable.
| Pensées II 105 |
Qu'il est difficile de proposer une chose au jugement d'un autre, sans corrompre son jugement par la manière de la lui proposer ! Si on dit : « Je le trouve beau ; je le trouve obscur », ou autre chose semblable, on entraîne l'imagination à ce jugement, ou on l'irrite au contraire. Il vaut mieux ne rien dire ; et alors il juge selon ce qu'il est, c'est-à-dire selon ce qu'il est alors, et selon [ce] que les autres circonstances dont on n'est pas auteur y auront mis. Mais au moins on n'y aura rien mis ; si ce n'est que ce silence n'y fasse aussi son effet, selon le tour et l'interprétation qu'il sera en humeur de lui donner, ou selon qu'il le conjecturera des mouvements et air du visage ou du ton de la voix, selon qu'il sera physionomiste : tant il est difficile de ne point démonter un jugement de son assiette naturelle, ou plutôt, tant il en a peu de ferme et stable.
| Pensées II 105 |
Quand on se porte bien, on admire comment on pourrait faire si on était malade ; quand on l'est, on prend médecine gaiement : le mal y résout. On n'a plus les passions et les désirs de divertissements et de promenades, que la santé donnait, et qui sont incompatibles avec les nécessités de la maladie. La nature donne alors des passions et des désirs conformes à l'état présent. Il n'y a que les craintes, que nous nous donnons nous-mêmes, et non pas la nature, qui nous troublent, parce qu'elles joignent à l'état où nous sommes les passions de l'état où nous ne sommes pas.
| Pensées II 109 |
Il n'aime plus cette personne qu'il aimait il y a dix ans. Je crois bien : elle n'est plus la même, ni lui non plus. Il était jeune et elle aussi ; elle est tout autre. Il l'aimerait peut-être encore, telle qu'elle était alors.
| Pensées II 123 |
Ennui. – Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos, sans passions, sans affaire, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent il sortira du fond de son âme l'ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir.
| Pensées II 131 |
Divertissement. – On charge les hommes, dès l'enfance, du soin de leur honneur, de leur bien, de leurs amis, et encore du bien et de l'honneur de leurs amis. On les accable d'affaires, de l'apprentissage des langues et d'exercices, et on leur fait entendre qu'ils ne sauraient être heureux sans que leur santé, leur honneur, leur fortune et celle de leurs amis soient en bon état, et qu'une seule chose qui manque les rendrait malheureux. Ainsi on leur donne des charges et des affaires qui les font tracasser dès la pointe du jour. – Voilà, direz-vous, une étrange manière de les rendre heureux ! Que pourrait-on faire de mieux pour les rendre malheureux ? – Comment ! ce qu'on pourrait faire ? Il ne faudrait que leur ôter tous ces soins ; car alors ils se verraient, ils penseraient à ce qu'ils sont, d'où ils viennent, où ils vont ; et ainsi on ne peut trop les occuper et les détourner. Et c'est pourquoi, après leur avoir tant préparé d'affaires, s'ils ont quelque temps de relâche, on leur conseille de l'employer à se divertir, à jouer, et à s'occuper toujours tout entiers.
| Pensées II 143 |
Qui ne voit pas la vanité du monde est bien vain lui-même. Aussi qui ne la voit, excepté de jeunes gens qui sont tous dans le bruit, dans le divertissement, et dans la pensée de l'avenir ? Mais, ôtez leur divertissement, vous les verrez se sécher d'ennui ; ils sentent alors leur néant sans le connaître ; car c'est bien être malheureux que d'être dans une tristesse insupportable, aussitôt qu'on est réduit à se considérer, et à n'en être point diverti.
| Pensées II 164 |
Nous sommes plaisants de nous reposer dans la société de nos semblables : misérables comme nous, impuissants comme nous, ils ne nous aideront pas ; on mourra seul. Il faut donc faire comme si on était seul ; et alors, bâtirait-on des maisons superbes, etc. ? On chercherait la vérité sans hésiter ; et, si on le refuse, on témoigne estimer plus l'estime des hommes, que la recherche de la vérité.
| Pensées III 211 |
Car il ne sert de rien de dire qu'il est incertain si on gagnera et qu'il est certain qu'on hasarde, et que l'infinie distance qui est entre la certitude de ce qu'on s'expose, et l'incertitude de ce qu'on gagnera, égale le bien fini, qu'on expose certainement, à l'infini, qui est incertain. Cela n'est pas ; aussi tout joueur hasarde avec certitude pour gagner avec incertitude ; et néanmoins il hasarde certainement le fini pour gagner incertainement le fini, sans pécher contre la raison. Il n'y a pas infinité de distance entre cette certitude de ce qu'on s'expose et l'incertitude du gain ; cela est faux. Il y a, à la vérité, infinité entre la certitude de gagner et la certitude de perdre. Mais l'incertitude de gagner est proportionnée à la certitude de ce qu'on hasarde, selon la proportion des hasards de gain et de perte. Et de là vient que, s'il y a autant de hasards d'un côté que de l'autre, le parti est à jouer égal contre égal ; et alors la certitude de ce qu'on s'expose est égale à l'incertitude du gain : tant s'en faut qu'elle en soit infiniment distante. Et ainsi, notre proposition est dans une force infinie, quand il y a le fini à hasarder à un jeu où il y a pareils hasards de gain que de perte, et l'infini à gagner. Cela est démonstratif ; et, si les hommes sont capables de quelque vérité, celle-là l'est. – « Je le confesse, je l'avoue. Mais encore n'y a-t-il point moyen de voir le dessous du jeu ? » – Oui, l'Écriture, et le reste, etc.
| Pensées III 233 |
Figurons-nous donc que nous les voyons commençant à se former. Il est sans doute qu'ils se battront jusqu'à ce que la plus forte partie opprime la plus faible, et qu'enfin il y ait un parti dominant. Mais quand cela est une fois déterminé, alors les maîtres, qui ne veulent pas que la guerre continue, ordonnent que la force qui est entre leurs mains succédera comme il leur plaît ; les uns la remettent à l'élection des peuples, les autres à la succession de naissance, etc.
| Pensées V 304 |
Mais parce que les songes sont tous différents, et qu'un même se diversifie, ce qu'on y voit affecte bien moins que ce qu'on voit en veillant, à cause de la continuité, qui n'est pourtant pas si continue et égale qu'elle ne change aussi, mais moins brusquement, si ce n'est rarement, comme quand on voyage ; et alors on dit : « Il me semble que je rêve » ; car la vie est un songe, un peu moins inconstant.
| Pensées VI 386 |
La nature de l'homme se considère en deux manières : l'une selon sa fin, et alors il est grand et incomparable ; l'autre selon la multitude, comme on juge de la nature du cheval et du chien, par la multitude, d'y voir la course, et animum arcendi ; et alors l'homme est abject et vil. Et voilà les deux voies qui en font juger diversement, et qui font tant disputer les philosophes.
| Pensées VI 415 |
La nature de l'homme se considère en deux manières : l'une selon sa fin, et alors il est grand et incomparable ; l'autre selon la multitude, comme on juge de la nature du cheval et du chien, par la multitude, d'y voir la course, et animum arcendi ; et alors l'homme est abject et vil. Et voilà les deux voies qui en font juger diversement, et qui font tant disputer les philosophes.
| Pensées VI 415 |
« N'attendez pas, dit-elle, ni vérité, ni consolation des hommes. Je suis celle qui vous a formés, et qui puis seule vous apprendre qui vous êtes. Mais vous n'êtes plus maintenant en l'état où je vous ai formés. J'ai créé l'homme saint, innocent, parfait, je l'ai rempli de lumière et d'intelligence ; je lui ai communiqué ma gloire et mes merveilles. L'œil de l'homme voyait alors la majesté de Dieu. Il n'était pas alors dans les ténèbres qui l'aveuglent, ni dans la mortalité et dans les misères qui l'affligent. Mais il n'a pu soutenir tant de gloire sans tomber dans la présomption. Il a voulu se rendre centre de lui-même et indépendant de mon secours. Il s'est soustrait de ma domination ; et, s'égalant à moi par le désir de trouver sa félicité en lui-même, je l'ai abandonné à lui ; et, révoltant les créatures, qui lui étaient soumises, je les lui ai rendues ennemies : en sorte qu'aujourd'hui l'homme est devenu semblable aux bêtes, et dans un tel éloignement de moi, qu'à peine lui reste-t-il une lumière confuse de son auteur ; tant toutes ses connaissances ont été éteintes ou troublées ! Les sens, indépendants de la raison, et souvent maîtres de la raison, l'ont emporté à la recherche des plaisirs. Toutes les créatures ou l'affligent ou le tentent, et dominent sur lui, ou en le soumettant par leur force, ou en le charmant par leur douceur, ce qui est une domination plus terrible et plus impérieuse.
| Pensées VII 430 |
« N'attendez pas, dit-elle, ni vérité, ni consolation des hommes. Je suis celle qui vous a formés, et qui puis seule vous apprendre qui vous êtes. Mais vous n'êtes plus maintenant en l'état où je vous ai formés. J'ai créé l'homme saint, innocent, parfait, je l'ai rempli de lumière et d'intelligence ; je lui ai communiqué ma gloire et mes merveilles. L'œil de l'homme voyait alors la majesté de Dieu. Il n'était pas alors dans les ténèbres qui l'aveuglent, ni dans la mortalité et dans les misères qui l'affligent. Mais il n'a pu soutenir tant de gloire sans tomber dans la présomption. Il a voulu se rendre centre de lui-même et indépendant de mon secours. Il s'est soustrait de ma domination ; et, s'égalant à moi par le désir de trouver sa félicité en lui-même, je l'ai abandonné à lui ; et, révoltant les créatures, qui lui étaient soumises, je les lui ai rendues ennemies : en sorte qu'aujourd'hui l'homme est devenu semblable aux bêtes, et dans un tel éloignement de moi, qu'à peine lui reste-t-il une lumière confuse de son auteur ; tant toutes ses connaissances ont été éteintes ou troublées ! Les sens, indépendants de la raison, et souvent maîtres de la raison, l'ont emporté à la recherche des plaisirs. Toutes les créatures ou l'affligent ou le tentent, et dominent sur lui, ou en le soumettant par leur force, ou en le charmant par leur douceur, ce qui est une domination plus terrible et plus impérieuse.
| Pensées VII 430 |
Les principales forces des pyrrhoniens (je laisse les moindres) sont : que nous n'avons aucune certitude de la vérité de ces principes, hors la foi et la révélation, sinon en [ce] que nous les sentons naturellement en nous. Or ce sentiment naturel n'est pas une preuve convaincante de leur vérité, puisque n'y ayant point de certitude, hors la foi, si l'homme est créé par un Dieu bon, par un démon méchant, ou à l'aventure, il est en doute si ces principes nous sont donnés ou véritables, ou faux, ou incertains, selon notre origine. De plus, que personne n'a d'assurance, hors la foi, s'il veille ou s'il dort, vu que durant le sommeil on croit veiller aussi fermement que nous faisons ; on croit voir les espaces, les figures, les mouvements ; on sent couler le temps, on le mesure ; et enfin on agit de même qu'éveillé ; de sorte que, – la moitié de la vie se passant en sommeil, par notre propre aveu, où, quoi qu'il nous en paraisse, nous n'avons aucune idée du vrai, tous nos sentiments étant alors des illusions, – qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n'est pas un autre sommeil un peu différent du premier dont nous nous éveillons quand nous pensons dormir ?
| Pensées VII 434 |
Abraham ne prit rien pour lui, mais seulement pour ses serviteurs ; ainsi le juste ne prend rien pour soi du monde, ni des applaudissements du monde ; mais seulement pour ses passions, desquelles il se sert comme maître, en disant à l'une : Va, et [à l'autre] : Viens. Sub te erit appetitus tuus. Ses passions ainsi dominées sont vertus : l'avarice, la jalousie, la colère, Dieu même se les attribue, et ce sont aussi bien vertus que la clémence, la pitié, la constance, qui sont aussi des passions. Il faut s'en servir comme d'esclaves, et, leur laissant leur aliment, empêcher que l'âme n'y en prenne ; car, quand les passions sont les maîtresses, elles sont vices, et alors elles donnent à l'âme de leur aliment, et l'âme s'en nourrit et s'en empoisonne.
| Pensées VII 502 |
Je crois que Jésus ne s'est jamais plaint que cette seule fois ; mais alors il se plaint comme s'il n'eût plus pu contenir sa douleur excessive : « Mon âme est triste jusqu'à la mort. »
| Pensées VII 553 |
5° Preuve par les principes des rabbins, qu'il y a deux sens, qu'il y a deux avènements, glorieux ou abject, du Messie, selon leur mérite, que les prophètes n'ont prophétisé que du Messie – la loi n'est pas éternelle, mais doit changer au Messie – qu'alors on ne se souviendra plus de la mer Rouge, que les Juifs et les Gentils seront mêlés ;
| Pensées X 642 |
Tout ce que Dieu ne veut pas est défendu. Les péchés sont défendus par la déclaration générale que Dieu a faite, qu'il ne les voulait pas. Les autres choses qu'il a laissées sans défense générale, et qu'on appelle par cette raison permises, ne sont pas néanmoins toujours permises. Car quand Dieu en éloigne quelqu'une de nous, et que par l'événement qui est une manifestation de la volonté de Dieu, il paraît que Dieu ne veut pas que nous ayons une chose, cela nous est défendu alors comme le péché, puisque la volonté de Dieu est que nous n'ayons non plus l'un que l'autre. Il y a cette différence seule entre ces deux choses, qu'il est sûr que Dieu ne voudra jamais le péché, au lieu qu'il ne l'est pas qu'il ne voudra jamais l'autre. Mais tandis que Dieu ne la veut pas, nous la devons regarder comme péché ; tandis que l'absence de la volonté de Dieu, qui est seule toute la bonté et toute la justice, la rend injuste et mauvaise.
| Pensées X 668 |
Quand David prédit que le Messie délivrera son peuple de ses ennemis, on peut croire charnellement que ce sera des Égyptiens, et alors je ne saurais montrer que la prophétie soit accomplie. Mais on peut bien croire aussi que ce sera des iniquités, car, dans la vérité, les Égyptiens ne sont pas ennemis, mais les iniquités le sont. Ce mot d'ennemis est donc équivoque. Mais s'il dit ailleurs, comme il fait, qu'il délivrera son peuple de ses péchés, aussi bien qu'Isaïe et les autres, l'équivoque est ôtée, le sens double des ennemis réduit au sens simple d'iniquités. Car s'il avait dans l'esprit les péchés, il les pouvait bien dénoter par ennemis, mais s'il pensait aux ennemis, il ne les pouvait pas désigner par iniquités.
| Pensées X 692 |
« Et alors s'en sont allés en poussière et le fer, et la terre, et l'airain, et l'argent, et l'or, et se sont dissipés en l'air ; mais cette pierre, qui a frappé la statue, est crue en une grande montagne, et elle a rempli toute la terre. Voilà quel a été votre songe, et maintenant je vous en donnerai l'interprétation.
| Pensées XI 722 |
« Et ainsi il reviendra en son royaume ; mais les enfants de l'autre, irrités, assembleront de grandes forces (Séleucus Ceraunus, Antiochus Magnus). Et leur armée viendra et ravagera tout ; dont le roi du Midi, étant irrité, formera aussi un grand corps d'armée et livrera bataille (Ptolemeus Philopator contre Antiochus Magnus, à Raphia), et vaincra ; et ses troupes en deviendront insolentes, et son cœur s'en enflera (ce Ptolemeus profana le temple : Josèphe) ; il vaincra des milliers d'hommes, mais sa victoire ne sera pas ferme. Car le roi d'Aquilon (Antiochus Magnus) reviendra avec encore plus de forces que la première fois, et alors aussi un grand nombre d'ennemis s'élèvera contre le roi du Midi (le jeune Ptolémée Épiphane régnant), et même des hommes apostats, violents, de ton peuple, s'élèveront afin que les visions soient accomplies, et ils périront (ceux qui avaient quitté leur religion pour plaire à Evergetes quand il envoya ses troupes à Scopas, car Antiochus reprendra Scopas et les vaincra). Et le roi d'Aquilon détruira les remparts, et prendra les villes les plus fortifiées, et toute la force du Midi ne pourra lui résister, et tout cédera à sa volonté ; il s'arrêtera dans la terre d'Israël, et elle lui cédera. Et ainsi il pensera à se rendre maître de tout l'empire d'Égypte (méprisant la jeunesse d'Épiphane, dit Justin). Et pour cela il fera alliance avec lui et lui donnera sa fille (Cléopâtre, afin qu'elle trahît son mari ; sur quoi Appianus dit que se défiant de pouvoir se rendre maître d'Égypte par force, à cause de la protection des Romains, il voulut l'attenter par finesse). Il la voudra corrompre, mais elle ne suivra pas son intention ; ainsi il se jettera à d'autres desseins et pensera à se rendre maître de quelques îles (c'est-à-dire lieux maritimes), et il en prendra plusieurs (comme dit Appianus).
| Pensées XI 722 |
« Et cependant Sion a osé dire : Le Seigneur m'a abandonnée, et n'a plus mémoire de moi. Une Mère peut-elle mettre en oubli son enfant, et peut-elle perdre la tendresse pour celui qu'elle a porté dans son sein ? mais quand elle en serait capable, je ne t'oublierai pourtant jamais, Sion : je te porte toujours entre mes mains, et tes murs sont toujours devant mes yeux. Ceux qui doivent te rétablir accourent, et tes destructeurs seront éloignés. Lève les yeux de toutes parts, et considère toute cette multitude qui est assemblée pour venir à toi. Je jure que tous ces peuples te seront donnés comme l'ornement duquel tu seras à jamais revêtue ; tes déserts et tes solitudes, et toutes tes terres qui sont maintenant désolées seront trop étroites pour le grand nombre de tes habitants, et les enfants qui te naîtront dans les années de la stérilité te diront : La place est trop petite, écarte les frontières, et fais-nous place pour habiter. Alors tu diras en toi-même : Qui est-ce qui m'a donné cette abondance d'enfants, moi qui n'enfantais plus, qui étais stérile, transportée et captive ? et qui est-ce qui me les a nourris, moi qui étais délaissée sans secours ? D'où sont donc venus tous ceux-ci ? Et le Seigneur te dira : Voici, j'ai fait paraître ma puissance sur les Gentils, et j'ai élevé mon étendard sur les peuples, et ils t'apporteront des enfants dans leurs bras et dans leurs seins ; les rois et les reines seront tes nourriciers, ils t'adoreront le visage contre terre, et baiseront la poussière de tes pieds ; et tu connaîtras que je suis le Seigneur, et que ceux qui espèrent en moi ne seront jamais confondus ; car qui peut ôter la proie à celui qui est fort et puissant ? Mais encore même qu'on la lui pût ôter, rien ne pourra empêcher que je ne sauve tes enfants, et que je ne perde tes ennemis, et tout le monde reconnaîtra que je suis le Seigneur ton sauveur et le puissant rédempteur de Jacob.
| Pensées XI 726 |
Aggée, II, 4 : « Vous qui, comparant cette seconde maison à la gloire de la première, la méprisez, prenez courage, dit le Seigneur, à vous Zorobabel, et à vous Jésus grand prêtre, et à vous, tout le peuple de la terre, et ne cessez point d'y travailler. Car je suis avec vous, dit le Seigneur des armées ; la promesse subsiste, que j'ai faite quand je vous ai retirés d'Égypte ; mon esprit est au milieu de vous. Ne perdez point espérance, car le Seigneur des armées dit ainsi : Encore un peu de temps, et j'ébranlerai le ciel et la terre, et la mer et la terre ferme (façon de parler pour marquer un changement grand et extraordinaire) ; et j'ébranlerai toutes les nations. Alors viendra celui qui est désiré par tous les Gentils, et je remplirai cette maison de gloire, dit le Seigneur.
| Pensées XI 726 |
… Qu'alors l'idolâtrie serait renversée ; que ce Messie abattrait toutes les idoles, et ferait entrer les hommes dans le culte du vrai Dieu.
| Pensées XI 730 |
« … Qu'alors on n'enseignera plus son prochain, disant : Voici le Seigneur, car Dieu se fera sentir à tous. » – « Vos fils prophétiseront. » – « Je mettrai mon esprit et ma crainte en votre cœur. »
| Pensées XI 732 |
Les prophéties ayant donné diverses marques qui devaient toutes arriver à l'avènement du Messie, il fallait que toutes ces marques arrivassent en un même temps. Ainsi il fallait que la quatrième monarchie fût venue lorsque les septante semaines de Daniel seraient accomplies et que le sceptre fût alors sorti de Juda, et tout cela est arrivé sans aucune difficulté ; et qu'alors il arrivât le Messie, et Jésus-Christ est arrivé alors, qui s'est dit le Messie, et tout cela est encore sans difficulté, et cela marque bien la vérité des prophéties.
| Pensées XII 738 |
Les prophéties ayant donné diverses marques qui devaient toutes arriver à l'avènement du Messie, il fallait que toutes ces marques arrivassent en un même temps. Ainsi il fallait que la quatrième monarchie fût venue lorsque les septante semaines de Daniel seraient accomplies et que le sceptre fût alors sorti de Juda, et tout cela est arrivé sans aucune difficulté ; et qu'alors il arrivât le Messie, et Jésus-Christ est arrivé alors, qui s'est dit le Messie, et tout cela est encore sans difficulté, et cela marque bien la vérité des prophéties.
| Pensées XII 738 |
Les prophéties ayant donné diverses marques qui devaient toutes arriver à l'avènement du Messie, il fallait que toutes ces marques arrivassent en un même temps. Ainsi il fallait que la quatrième monarchie fût venue lorsque les septante semaines de Daniel seraient accomplies et que le sceptre fût alors sorti de Juda, et tout cela est arrivé sans aucune difficulté ; et qu'alors il arrivât le Messie, et Jésus-Christ est arrivé alors, qui s'est dit le Messie, et tout cela est encore sans difficulté, et cela marque bien la vérité des prophéties.
| Pensées XII 738 |
Ceux qui ont peine à croire en cherchent un sujet en ce que les Juifs ne croient pas. « Si cela était si clair, dit-on, pourquoi ne croiraient-ils pas ? » Et voudraient quasi qu'ils crussent, afin de n'être pas arrêtés par l'exemple de leur refus. Mais c'est leur refus même qui est le fondement de notre créance. Nous y serions bien moins disposés, s'ils étaient des nôtres. Nous aurions alors un plus ample prétexte. Cela est admirable, d'avoir rendu les Juifs grands amateurs des choses prédites, et grands ennemis de l'accomplissement.
| Pensées XII 745 |
Et puis les apôtres ont dit aux Juifs : « Vous allez être maudits » (Celsus s'en moquait ) ; et aux païens : « Vous allez entrer dans la connaissance de Dieu. » Et cela arrive alors.
| Pensées XII 770 |
… Alors Jésus-Christ vient dire aux hommes qu'ils n'ont point d'autres ennemis qu'eux-mêmes, que ce sont leurs passions qui les séparent de Dieu, qu'il vient pour les détruire, et pour leur donner sa grâce, afin de faire d'eux tous une Église sainte, qu'il vient ramener dans cette Église les païens et les Juifs, qu'il vient détruire les idoles des uns et la superstition des autres. À cela s'opposent tous les hommes, non seulement par l'opposition naturelle de la concupiscence ; mais, par-dessus tous, les rois de la terre s'unissent pour abolir cette religion naissante, comme cela avait été prédit (Prophétie : Quare fremerunt gentes… reges terrae… adversus Christum ).
| Pensées XII 783 |
Les miracles ne sont plus nécessaires, à cause qu'on en a déjà1. Mais quand on n'écoute plus la tradition, quand on ne propose plus que le Pape, quand on l'a surpris, et qu'ainsi ayant exclu la vraie source de la vérité, qui est la tradition, et ayant prévenu le Pape, qui en est le dépositaire, la vérité n'a plus de liberté de paraître : alors les hommes ne parlant plus de la vérité, la vérité doit parler elle-même aux hommes. C'est ce qui arriva au temps d'Arius. (Miracles sous Dioclétien et sous Arius.)
| Pensées XIII 832 |
Quand donc on voit les miracles et la doctrine non suspecte tout ensemble d'un côté, il n'y a pas de difficulté. Mais quand on voit les miracles et [la] doctrine [suspecte] d'un même côté, alors il faut voir quel est le plus clair. Jésus-Christ était suspect.
| Pensées XIII 843 |
Quand le miracle trompe l'attente de ceux en présence desquels il arrive, et qu'il y a disproportion entre l'état de leur foi et l'instrument du miracle, alors il doit les porter à changer. Mais vous, autrement. Il y aurait autant de raison à dire que si l'Eucharistie ressuscitait un mort, il faudrait se rendre calviniste que demeurer catholique. Mais quand il couronne l'attente, et que ceux qui ont espéré que Dieu bénirait les remèdes se voient guéris sans remèdes…
| Pensées XIII 851 |
Ce qui nous gâte pour comparer ce qui s'est passé autrefois dans l'Église à ce qui s'y voit maintenant, est qu'ordinairement on regarde saint Athanase, sainte Thérèse, et les autres, comme couronnés de gloire et [agissant avec nous] comme des dieux. À présent que le temps a éclairci les choses, cela paraît ainsi. Mais au temps où on le persécutait, ce grand saint était un homme qui s'appelait Athanase ; et sainte Thérèse, une fille. « Élie était un homme comme nous, et sujet aux mêmes passions que nous », dit saint [Jacques], pour désabuser les Chrétiens de cette fausse idée qui nous fait rejeter l'exemple des saints, comme disproportionné à notre état. « C'étaient des saints, disons-nous, ce n'est pas comme nous. » Que se passait-il donc alors ? Saint Athanase était un homme appelé Athanase, accusé de plusieurs crimes, condamné en tel et tel concile, pour tel et tel crime ; tous les évêques y consentaient, et le pape enfin. Que dit-on à ceux qui y résistent ? Qu'ils troublent la paix, qu'ils font schisme, etc.
| Pensées XIV 868 |