CHUTE..............3
[Cet homme si affligé de la mort de sa femme et de son fils unique, qui a cette grande querelle qui le tourmente, d'où vient qu'à ce moment il n'est pas triste, et qu'on le voit si exempt de toutes ces pensées pénibles et inquiétantes ? Il ne faut pas s'en étonner ; on vient de lui servir une balle, et il faut qu'il la rejette à son compagnon ; il est occupé à la prendre à la chute du toit, pour gagner une chasse ; comment voulez-vous qu'il pense à ses affaires, ayant cette autre affaire à manier ? Voilà un soin digne d'occuper cette grande âme, et de lui ôter toute autre pensée de l'esprit. Cet homme né pour connaître l'univers, pour juger de toutes choses, pour régir tout un État, le voilà occupé et tout rempli du soin de prendre un lièvre ! Et s'il ne s'abaisse à cela et veuille toujours être tendu, il n'en sera que plus sot, parce qu'il voudra s'élever au-dessus de l'humanité, et il n'est qu'un homme, au bout du compte, c'est-à-dire capable de peu et de beaucoup, de tout et de rien : il est ni ange ni bête, mais homme.]
Pensées II 140
Figures. – Dieu voulant se former un peuple saint, qu'il séparerait de toutes les autres nations, qu'il délivrerait de ses ennemis, qu'il mettrait dans un lieu de repos, a promis de le faire, et a prédit par ses prophètes le temps et la manière de sa venue. Et cependant, pour affermir l'espérance de ses élus, il leur en a fait voir l'image dans tous les temps, sans les laisser jamais sans des assurances de sa puissance et de sa volonté pour leur salut. Car, dans la création de l'homme, Adam en était le témoin, et le dépositaire de la promesse du Sauveur qui devait naître de la femme, lorsque les hommes étaient encore si proches de la création, qu'ils ne pouvaient avoir oublié leur création et leur chute. Lorsque ceux qui avaient vu Adam n'ont plus été au monde, Dieu a envoyé Noé, et l'a sauvé, et noyé toute la terre, par un miracle qui marquait assez le pouvoir qu'il avait de sauver le monde, et la volonté qu'il avait de le faire, et de faire naître de la semence de la femme Celui qu'il avait promis. Ce miracle suffisait pour affermir l'espérance des [hommes].
Pensées X 644
« Et leurs vierges et leurs jeunes hommes périront en cette soif, eux qui ont suivi les idoles de Samarie, qui ont juré par le Dieu adoré en Dan, et qui ont suivi le culte de Bersabée ; ils tomberont et ne se relèveront jamais de leur chute. »
Pensées XI 726
 
 CICÉRON............1
Toutes les fausses beautés que nous blâmons en Cicéron ont des admirateurs, et en grand nombre.
Pensées I 31
 
 CIEL...............31
Ils disent que les éclipses présagent malheur, parce que les malheurs sont ordinaires, de sorte qu'il arrive si souvent du mal, qu'ils devinent souvent ; au lieu que s'ils disaient qu'elles présagent bonheur, ils mentiraient souvent. Ils ne donnent le bonheur qu'à des rencontres du ciel rares ; ainsi ils manquent peu souvent à deviner.
Pensées II 173
Entre nous et l'enfer ou le ciel, il n'y a que la vie entre deux, qui est la chose du monde la plus fragile.
Pensées III 213
« Eh quoi ! ne dites-vous pas vous-même que le ciel et les oiseaux prouvent Dieu ? » – Non. – « Et votre religion ne le dit-elle pas ? » – Non. Car encore que cela est vrai en un sens pour quelques âmes à qui Dieu donne cette lumière, néanmoins cela est faux à l'égard de la plupart.
Pensées IV 244
Lui seul est son véritable bien, et depuis qu'il l'a quitté, c'est une chose étrange, qu'il n'y a rien dans la nature qui n'ait été capable de lui en tenir la place : astres, ciel, terre, éléments, plantes, choux, poireaux, animaux, insectes, veaux, serpents, fièvre, peste, guerre, famine, vices, adultère, inceste. Et depuis qu'il a perdu le vrai bien, tout également peut lui paraître tel, jusqu'à sa destruction propre, quoique si contraire à Dieu, à la raison et à la nature tout ensemble.
Pensées VII 4251
Qui démêlera cet embrouillement ? [Certainement cela passe le dogmatisme et pyrrhonisme, et toute la philosophie humaine. L'homme passe l'homme. Qu'on accorde donc aux pyrrhoniens ce qu'ils ont tant crié, que la vérité n'est pas de notre portée, ni de notre gibier, qu'elle ne demeure pas en terre, qu'elle est domestique du ciel, qu'elle loge dans le sein de Dieu et que l'on ne la peut connaître qu'à mesure qu'il lui plaît de la révéler. Apprenons donc de la vérité incréée et incarnée notre véritable nature.]
Pensées VII 434
Morale. – Dieu ayant fait le ciel et la terre, qui ne sentent point le bonheur de leur être, il a voulu faire des êtres qui le connussent, et qui composassent un corps de membres pensants. Car nos membres ne sentent point le bonheur de leur union, de leur admirable intelligence, du soin que la nature a d'y influer les esprits, et de les faire croître et durer. Qu'ils seraient heureux s'ils le sentaient, s'ils le voyaient ! Mais il faudrait pour cela qu'ils eussent intelligence pour le connaître, et bonne volonté pour consentir à celle de l'âme universelle. Que si, ayant reçu l'intelligence, ils s'en servaient à retenir en eux-mêmes la nourriture, sans la laisser passer aux autres membres, ils seraient non seulement injustes, mais encore misérables, et se haïraient plutôt que de s'aimer ; leur béatitude, aussi bien que leur devoir, consistant à consentir à la conduite de l'âme entière à qui ils appartiennent, qui les aime mieux qu'ils ne s'aiment eux-mêmes.
Pensées VII 482
… Mais il est impossible que Dieu soit jamais la fin, s'il n'est le principe. On dirige sa vue en haut, mais on s'appuie sur le sable : et la terre fondra, et on tombera en regardant le ciel.
Pensées VII 488
Jésus est seul dans la terre, non seulement qui ressente et partage sa peine, mais qui la sache : le ciel et lui sont seuls dans cette connaissance.
Pensées VII 553
Il s'est donné à communier comme mortel en la Cène, comme ressuscité aux disciples d'Emmaüs, comme monté au ciel à toute l'Église.
Pensées VII 554
Que l'extérieur ne sert rien sans l'intérieur. Joël., II, 13 : Scindite corda vestra, etc. Isaïe, LVIII, 3, 4, etc. L'amour de Dieu est recommandé en tout le Deutéronome. Deut., XXX, 19 : « Je prends à témoin le ciel et la terre que j'ai mis devant vous la mort et la vie, afin que vous choisissiez la vie, et que vous aimiez Dieu et que vous lui obéissiez, car c'est Dieu qui est votre vie » ;
Pensées IX 610
Sincérité des Juifs. – Ils portent avec amour et fidélité ce livre où Moïse déclare qu'ils ont été ingrats envers Dieu toute leur vie, qu'il sait qu'ils le seront encore plus après sa mort ; mais qu'il appelle le ciel et la terre à témoin contre eux, et qu'il leur a [enseigné] assez.
Pensées IX 631
Le monde ayant vieilli dans ces erreurs charnelles, Jésus-Christ est venu dans le temps prédit, mais non pas dans l'éclat attendu ; et ainsi ils n'ont pas pensé que ce fût lui. Après sa mort, saint Paul est venu apprendre aux hommes que toutes ces choses étaient arrivées en figures ; que le royaume de Dieu ne consistait pas en la chair, mais en l'esprit ; que les ennemis des hommes n'étaient pas les Babyloniens, mais les passions ; que Dieu ne se plaisait pas aux temples faits de main, mais en un cœur pur et humilié ; que la circoncision du corps était inutile, mais qu'il fallait celle du cœur ; que Moïse ne leur avait pas donné le pain du ciel, etc.
Pensées X 670
Dans les Juifs, la vérité n'était que figurée ; dans le ciel, elle est découverte.
Pensées X 673
Dieu a donc montré en la sortie d'Égypte, de la mer, en la défaite des rois, en la manne, en toute la généalogie d'Abraham, qu'il était capable de sauver, de faire descendre le pain du ciel, etc. ; de sorte que le peuple ennemi est la figure et la représentation du même Messie qu'ils ignorent, etc.
Pensées X 675
Il nous a donc appris enfin que toutes ces choses n'étaient que figures, et ce que c'est que « vraiment libre », « vrai Israélite », « vraie circoncision », « vrai pain du ciel », etc..
Pensées X 675
Deux grandes ouvertures sont celles-là : 1° toutes choses leur arrivaient en figures : vere Israelita, vere liberi, vrai pain du ciel ; 2° un Dieu humilié jusqu'à la Croix : il a fallu que le Christ ait souffert pour entrer dans sa gloire : « qu'il vaincrait la mort par sa mort ». Deux avènements.
Pensées X 679
« Je suis le vrai pain du ciel. »
Pensées X 683
Figures. – Isaïe, V : « Le Seigneur a eu une vigne dont il a attendu des raisins, et elle n'a produit que du verjus. Je la dissiperai donc et la détruirai ; la terre n'en produira que des épines, et je défendrai au ciel d'y [pleuvoir]. La vigne du Seigneur est la maison d'Israël, et les hommes de Juda en sont le germe délectable. J'ai attendu qu'ils fissent des actions de justice, et ils ne produisent qu'iniquités. »
Pensées XI 713
Daniel, II1 : « Tous vos devins et vos sages ne peuvent vous découvrir le mystère que vous demandez. Et il y a un Dieu au Ciel, qui le peut, et qui vous a révélé dans votre songe les choses qui doivent arriver dans les derniers temps. (Il fallait que ce songe lui tînt bien au cœur.)
Pensées XI 722
Daniel, VIII, 8 : « Daniel ayant vu le combat du bélier et du bouc qui le vainquit, et qui domina sur la terre, duquel la principale corne étant tombée, quatre autres en étaient sorties vers les quatre vents du ciel ; de l'une desquelles étant sortie une petite corne qui s'agrandit vers le midi, vers l'Orient et vers la terre d'Israël, et s'éleva contre l'armée du ciel, en renversa des étoiles, et les foula aux pieds, et enfin abattit le Prince, et fit cesser le sacrifice perpétuel et mit en désolation le sanctuaire.
Pensées XI 722
Daniel, VIII, 8 : « Daniel ayant vu le combat du bélier et du bouc qui le vainquit, et qui domina sur la terre, duquel la principale corne étant tombée, quatre autres en étaient sorties vers les quatre vents du ciel ; de l'une desquelles étant sortie une petite corne qui s'agrandit vers le midi, vers l'Orient et vers la terre d'Israël, et s'éleva contre l'armée du ciel, en renversa des étoiles, et les foula aux pieds, et enfin abattit le Prince, et fit cesser le sacrifice perpétuel et mit en désolation le sanctuaire.
Pensées XI 722
« Mais il s'élèvera un puissant roi (Alexandre), dont l'empire aura une étendue extrême, et qui réussira en toutes ses entreprises selon son désir. Mais quand sa monarchie sera établie, elle périra et sera divisée en quatre parties vers les quatre vents du ciel (comme il avait dit auparavant, VI, 6 ; VIII, 8), mais non pas à des personnes de sa race ; et ses successeurs n'égaleront pas sa puissance, car même son royaume sera dispersé à d'autres outre ceux-ci (ces quatre principaux successeurs).
Pensées XI 722
« Le Seigneur m'a dit encore : Je t'ai exaucé dans les jours de salut et de miséricorde, et je t'ai établi pour être l'alliance du peuple, et te mettre en possession des nations les plus abandonnées ; afin que tu dises à ceux qui sont dans les chaînes : Sortez en liberté ; et à ceux qui sont dans les ténèbres : Venez à la lumière, et possédez des terres abondantes et fertiles. Ils ne seront plus travaillés ni de la faim, ni de la soif, ni de l'ardeur du soleil, parce que celui qui a eu compassion d'eux sera leur conducteur : il les mènera aux sources vivantes des eaux, et aplanira les montagnes devant eux. Voici, les peuples aborderont de toutes parts, d'orient, d'occident, d'aquilon et de midi. Que le ciel en rende gloire à Dieu ; que la terre s'en réjouisse, parce qu'il a plu au Seigneur de consoler son peuple, et qu'il aura enfin pitié des pauvres qui espèrent en lui.
Pensées XI 726
Aggée, II, 4 : « Vous qui, comparant cette seconde maison à la gloire de la première, la méprisez, prenez courage, dit le Seigneur, à vous Zorobabel, et à vous Jésus grand prêtre, et à vous, tout le peuple de la terre, et ne cessez point d'y travailler. Car je suis avec vous, dit le Seigneur des armées ; la promesse subsiste, que j'ai faite quand je vous ai retirés d'Égypte ; mon esprit est au milieu de vous. Ne perdez point espérance, car le Seigneur des armées dit ainsi : Encore un peu de temps, et j'ébranlerai le ciel et la terre, et la mer et la terre ferme (façon de parler pour marquer un changement grand et extraordinaire) ; et j'ébranlerai toutes les nations. Alors viendra celui qui est désiré par tous les Gentils, et je remplirai cette maison de gloire, dit le Seigneur.
Pensées XI 726
Qu'il monterait au ciel pour s'asseoir à la droite. Psaumes, CX.
Pensées XI 727
« Moïse ne vous a point donné le pain du ciel. Moïse ne vous a point tirés de captivité, et ne vous a pas rendus véritablement libres. »
Pensées XII 782
Ces filles, étonnées de ce qu'on dit, qu'elles sont dans la voie de perdition ; que leurs confesseurs les mènent à Genève ; qu'ils leur inspirent que Jésus-Christ n'est point en l'Eucharistie, ni en la droite du Père ; elles savent que tout cela est faux, elles s'offrent donc à Dieu en cet état : Vide si via iniquitatis in me est. Qu'arrive-t-il là-dessus ? Ce lieu, qu'on dit être le temple du diable, Dieu en fait son temple. On dit qu'il faut en ôter les enfants : Dieu les y guérit. On dit que c'est l'arsenal de l'enfer : Dieu en fait le sanctuaire de ses grâces. Enfin on les menace de toutes les fureurs et de toutes les vengeances du ciel ; et Dieu les comble de ses faveurs. Il faudrait avoir perdu le sens pour en conclure qu'elles sont donc en la voie de perdition.
Pensées XIII 841
Première objection : « Ange du ciel. Il ne faut pas juger de la vérité par les miracles, mais des miracles par la vérité. Donc les miracles sont inutiles. »
Pensées XIII 846
La source en est l'union des deux natures en Jésus-Christ ; et aussi les deux mondes (la création d'un nouveau ciel et nouvelle terre ; nouvelle vie, nouvelle mort ; toutes choses doublées, et les mêmes noms demeurant) ; et enfin les deux hommes qui sont dans les justes (car ils sont les deux mondes, et un membre et image de Jésus-Christ. Et ainsi tous les noms leur conviennent : de justes, pécheurs ; mort, vivant ; vivant, mort ; élu, réprouvé, etc.).
Pensées XIV 862
Si mes lettres sont condamnées à Rome, ce que j'y condamne est condamné dans le ciel : Ad tuum, Domine Jesu, tribunal appello.
Pensées XIV 920
Probabilité. – Ils ont plaisamment expliqué la sûreté ; car après avoir établi que toutes leurs voies sont sûres, ils n'ont plus appelé sûr ce qui mène au ciel, sans danger de n'y pas arriver par là, mais ce qui y mène sans danger de sortir de cette voie.
Pensées XIV 920