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BATAILLE...........2
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Saint Augustin a vu qu'on travaille pour l'incertain sur mer, en bataille, etc. ; mais il n'a pas vu la règle des partis, qui démontre qu'on le doit. Montaigne a vu qu'on s'offense d'un esprit boiteux, et que la coutume peut tout ; mais il n'a pas vu la raison de cet effet.
| Pensées III 234 |
« Et ainsi il reviendra en son royaume ; mais les enfants de l'autre, irrités, assembleront de grandes forces (Séleucus Ceraunus, Antiochus Magnus). Et leur armée viendra et ravagera tout ; dont le roi du Midi, étant irrité, formera aussi un grand corps d'armée et livrera bataille (Ptolemeus Philopator contre Antiochus Magnus, à Raphia), et vaincra ; et ses troupes en deviendront insolentes, et son cœur s'en enflera (ce Ptolemeus profana le temple : Josèphe) ; il vaincra des milliers d'hommes, mais sa victoire ne sera pas ferme. Car le roi d'Aquilon (Antiochus Magnus) reviendra avec encore plus de forces que la première fois, et alors aussi un grand nombre d'ennemis s'élèvera contre le roi du Midi (le jeune Ptolémée Épiphane régnant), et même des hommes apostats, violents, de ton peuple, s'élèveront afin que les visions soient accomplies, et ils périront (ceux qui avaient quitté leur religion pour plaire à Evergetes quand il envoya ses troupes à Scopas, car Antiochus reprendra Scopas et les vaincra). Et le roi d'Aquilon détruira les remparts, et prendra les villes les plus fortifiées, et toute la force du Midi ne pourra lui résister, et tout cédera à sa volonté ; il s'arrêtera dans la terre d'Israël, et elle lui cédera. Et ainsi il pensera à se rendre maître de tout l'empire d'Égypte (méprisant la jeunesse d'Épiphane, dit Justin). Et pour cela il fera alliance avec lui et lui donnera sa fille (Cléopâtre, afin qu'elle trahît son mari ; sur quoi Appianus dit que se défiant de pouvoir se rendre maître d'Égypte par force, à cause de la protection des Romains, il voulut l'attenter par finesse). Il la voudra corrompre, mais elle ne suivra pas son intention ; ainsi il se jettera à d'autres desseins et pensera à se rendre maître de quelques îles (c'est-à-dire lieux maritimes), et il en prendra plusieurs (comme dit Appianus).
| Pensées XI 722 |
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BEAU...............17
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[Puisqu'on ne peut être universel et savoir tout ce qui se peut savoir sur tout, il faut savoir peu de tout. Car il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d'une chose ; cette universalité est la plus belle. Si on pouvait avoir les deux, encore mieux, mais s'il faut choisir, il faut choisir celle-là, et le monde le sent et le fait, car le monde est un bon juge souvent.]
| Pensées I 37 |
Mais si notre vue s'arrête là, que l'imagination passe outre ; elle se lassera plutôt de concevoir que la nature de fournir. Tout ce monde visible n'est qu'un trait imperceptible dans l'ample sein de la nature. Nulle idée n'en approche. Nous avons beau enfler nos conceptions, au-delà des espaces imaginables, nous n'enfantons que des atomes, au prix de la réalité des choses. C'est une sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part. Enfin c'est le plus grand caractère sensible de la toute-puissance de Dieu, que notre imagination se perde dans cette pensée.
| Pensées II 72 |
Je ne parle pas des fous, je parle des plus sages ; et c'est parmi eux que l'imagination a le grand don de persuader les hommes. La raison a beau crier, elle ne peut mettre le prix aux choses.
| Pensées II 82 |
Les enfants qui s'effrayent du visage qu'ils ont barbouillé, ce sont des enfants ; mais le moyen que ce qui est si faible, étant enfant, soit bien fort étant plus âgé ! On ne fait que changer de fantaisie. Tout ce qui se perfectionne par progrès périt aussi par progrès. Tout ce qui a été faible ne peut jamais être absolument fort. On a beau dire : il est crû, il est changé ; il est aussi le même.
| Pensées II 88 |
Qu'il est difficile de proposer une chose au jugement d'un autre, sans corrompre son jugement par la manière de la lui proposer ! Si on dit : « Je le trouve beau ; je le trouve obscur », ou autre chose semblable, on entraîne l'imagination à ce jugement, ou on l'irrite au contraire. Il vaut mieux ne rien dire ; et alors il juge selon ce qu'il est, c'est-à-dire selon ce qu'il est alors, et selon [ce] que les autres circonstances dont on n'est pas auteur y auront mis. Mais au moins on n'y aura rien mis ; si ce n'est que ce silence n'y fasse aussi son effet, selon le tour et l'interprétation qu'il sera en humeur de lui donner, ou selon qu'il le conjecturera des mouvements et air du visage ou du ton de la voix, selon qu'il sera physionomiste : tant il est difficile de ne point démonter un jugement de son assiette naturelle, ou plutôt, tant il en a peu de ferme et stable.
| Pensées II 105 |
Lustravit lampade terras. – Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi ; le bien, et le mal de mes affaires même, y fait peu. Je m'efforce quelquefois de moi-même contre la fortune ; la gloire de la dompter me la fait dompter gaiement ; au lieu que je fais quelquefois le dégoûté dans la bonne fortune.
| Pensées II 107 |
Quelque condition qu'on se figure, si l'on assemble tous les biens qui peuvent nous appartenir, la royauté est le plus beau poste du monde ; et cependant, qu'on s'en imagine accompagné de toutes les satisfactions qui peuvent le toucher, s'il est sans divertissement, et qu'on le laisse considérer et faire réflexion sur ce qu'il est, cette félicité languissante ne le soutiendra point, il tombera par nécessité dans les vues qui le menacent, des révoltes qui peuvent arriver, et enfin de la mort et des maladies qui sont inévitables ; de sorte que, s'il est sans ce qu'on appelle divertissement, le voilà malheureux, et [plus] malheureux que le moindre de ses sujets, qui joue et qui se divertit.
| Pensées II 139 |
Les belles actions cachées sont les plus estimables. Quand j'en vois quelques-unes dans l'histoire (comme p. 1841 ), elles me plaisent fort. Mais enfin elles n'ont pas été tout à fait cachées, puisqu'elles ont été sues ; et quoiqu'on ait fait ce qu'on a pu pour les cacher, ce peu par où elles ont paru gâte tout ; car c'est là le plus beau, de les avoir voulu cacher.
| Pensées II 159 |
Vous avez beau faire ; si faut-il ou croire, ou nier, ou douter.
| Pensées IV 260 |
Diverses chambres, de forts, de beaux, de bons esprits, de pieux, dont chacun règne chez soi, non ailleurs ; et quelquefois ils se rencontrent, et le fort et le beau se battent, sottement, à qui sera le maître l'un de l'autre : car leur maîtrise est de divers genres. Ils ne s'entendent pas, et leur faute est de vouloir régner partout. Rien ne le peut, non pas même la force ; elle ne fait rien au royaume des savants, elle n'est maîtresse que des actions extérieures.
| Pensées V 332 |
Tyrannie. – … Ainsi ces discours sont faux et tyranniques : « Je suis beau, donc on doit me craindre. Je suis fort, donc on doit m'aimer. Je suis… »
| Pensées V 332 |
Notre instinct nous fait sentir qu'il faut chercher notre bonheur hors de nous. Nos passions nous poussent au dehors, quand même les objets ne s'offriraient pas pour les exciter ; les objets du dehors nous tentent d'eux-mêmes et nous appellent, quand même nous n'y pensons pas. Et ainsi les philosophes ont beau dire : « Retirez-vous en vous-mêmes, vous y trouverez votre bien » ; on ne les croit pas, et ceux qui les croient sont les plus vides et les plus sots.
| Pensées VII 464 |
On a beau dire. Il faut avouer que la religion chrétienne a quelque chose d'étonnant. – « C'est parce que vous y êtes né », dira-t-on. – Tant s'en faut ; je me roidis contre, pour cette raison-là même, de peur que cette prévention ne me suborne ; mais, quoique j'y sois né, je ne laisse pas de le trouver ainsi.
| Pensées IX 615 |
Beau de voir par les yeux de la foi l'histoire d'Hérode, de César.
| Pensées XI 700 |
Qu'il est beau de voir, par les yeux de la foi, Darius et Cyrus, Alexandre, les Romains, Pompée et Hérode agir, sans le savoir, pour la gloire de l'Évangile !
| Pensées XI 701 |
Si cette modestie des historiens évangéliques avait été affectée, aussi bien que tant d'autres traits d'un si beau caractère, et qu'ils ne l'eussent affecté que pour le faire remarquer, s'ils n'avaient osé le remarquer eux-mêmes, ils n'auraient pas manqué de se procurer des amis qui eussent fait ces remarques à leur avantage. Mais comme ils ont agi de la sorte sans affectation, et par un mouvement tout désintéressé, ils ne l'ont fait remarquer à personne. Et je crois que plusieurs de ces choses n'ont point été remarquées jusqu'ici, et c'est ce qui témoigne la froideur avec laquelle la chose a été faite.
| Pensées XII 798 |
Un bâtiment également beau par dehors, mais sur un mauvais fondement, les païens sages le bâtissaient ; et le diable trompe les hommes par cette ressemblance apparente fondée sur le fondement le plus différent.
| Pensées XIV 9211 |
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BEAUTÉ.............11
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[Après ma 8e, je croyais avoir assez répondu.] Beauté d'omission, de jugement.
| Pensées I 30 |
Il y a un certain modèle d'agrément et de beauté qui consiste en un certain rapport entre notre nature, faible ou forte, telle qu'elle est, et la chose qui nous plaît.
| Pensées I 32 |
Beauté poétique. – Comme on dit beauté poétique, on devrait aussi dire beauté géométrique, et beauté médicinale ; mais on ne le dit pas : et la raison en est qu'on sait bien quel est l'objet de la géométrie, et qu'il consiste en preuves, et quel est l'objet de la médecine et qu'il consiste en la guérison ; mais on ne sait pas en quoi consiste l'agrément, qui est l'objet de la poésie. On ne sait ce que c'est que ce modèle naturel qu'il faut imiter ; et, à faute de cette connaissance, on a inventé de certains termes bizarres : « siècle d'or, merveille de nos jours, fatal », etc. ; et on appelle ce jargon beauté poétique.
| Pensées I 33 |
Beauté poétique. – Comme on dit beauté poétique, on devrait aussi dire beauté géométrique, et beauté médicinale ; mais on ne le dit pas : et la raison en est qu'on sait bien quel est l'objet de la géométrie, et qu'il consiste en preuves, et quel est l'objet de la médecine et qu'il consiste en la guérison ; mais on ne sait pas en quoi consiste l'agrément, qui est l'objet de la poésie. On ne sait ce que c'est que ce modèle naturel qu'il faut imiter ; et, à faute de cette connaissance, on a inventé de certains termes bizarres : « siècle d'or, merveille de nos jours, fatal », etc. ; et on appelle ce jargon beauté poétique.
| Pensées I 33 |
Beauté poétique. – Comme on dit beauté poétique, on devrait aussi dire beauté géométrique, et beauté médicinale ; mais on ne le dit pas : et la raison en est qu'on sait bien quel est l'objet de la géométrie, et qu'il consiste en preuves, et quel est l'objet de la médecine et qu'il consiste en la guérison ; mais on ne sait pas en quoi consiste l'agrément, qui est l'objet de la poésie. On ne sait ce que c'est que ce modèle naturel qu'il faut imiter ; et, à faute de cette connaissance, on a inventé de certains termes bizarres : « siècle d'or, merveille de nos jours, fatal », etc. ; et on appelle ce jargon beauté poétique.
| Pensées I 33 |
Beauté poétique. – Comme on dit beauté poétique, on devrait aussi dire beauté géométrique, et beauté médicinale ; mais on ne le dit pas : et la raison en est qu'on sait bien quel est l'objet de la géométrie, et qu'il consiste en preuves, et quel est l'objet de la médecine et qu'il consiste en la guérison ; mais on ne sait pas en quoi consiste l'agrément, qui est l'objet de la poésie. On ne sait ce que c'est que ce modèle naturel qu'il faut imiter ; et, à faute de cette connaissance, on a inventé de certains termes bizarres : « siècle d'or, merveille de nos jours, fatal », etc. ; et on appelle ce jargon beauté poétique.
| Pensées I 33 |
Beauté poétique. – Comme on dit beauté poétique, on devrait aussi dire beauté géométrique, et beauté médicinale ; mais on ne le dit pas : et la raison en est qu'on sait bien quel est l'objet de la géométrie, et qu'il consiste en preuves, et quel est l'objet de la médecine et qu'il consiste en la guérison ; mais on ne sait pas en quoi consiste l'agrément, qui est l'objet de la poésie. On ne sait ce que c'est que ce modèle naturel qu'il faut imiter ; et, à faute de cette connaissance, on a inventé de certains termes bizarres : « siècle d'or, merveille de nos jours, fatal », etc. ; et on appelle ce jargon beauté poétique.
| Pensées I 33 |
L'imagination dispose de tout ; elle fait la beauté, la justice, et le bonheur, qui est le tout du monde. Je voudrais de bon cœur voir le livre italien, dont je ne connais que le titre, qui vaut lui seul bien des livres : Della opinione regina del mondo. J'y souscris sans le connaître, sauf le mal, s'il y en a.
| Pensées II 82 |
Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants, si je passe par là, puis-je dire qu'il s'est mis là pour me voir ? Non ; car il ne pense pas à moi en particulier ; mais celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté, l'aime-t-il ? Non : car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus.
| Pensées V 323 |
Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants, si je passe par là, puis-je dire qu'il s'est mis là pour me voir ? Non ; car il ne pense pas à moi en particulier ; mais celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté, l'aime-t-il ? Non : car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus.
| Pensées V 323 |
Antiquité des Juifs. – Qu'il y a de différence d'un livre à un autre ! Je ne m'étonne pas de ce que les Grecs ont fait l'Iliade, ni les Égyptiens et les Chinois leurs histoires. Il ne faut que voir comment cela est né. Ces historiens fabuleux ne sont pas contemporains des choses dont ils écrivent. Homère fait un roman, qu'il donne pour tel et qui est reçu pour tel ; car personne ne doutait que Troie et Agamemnon n'avaient non plus été que la pomme d'or. Il ne pensait pas aussi à en faire une histoire, mais seulement un divertissement ; il est le seul qui écrit de son temps, la beauté de l'ouvrage fait durer la chose : tout le monde l'apprend et en parle ; il la faut savoir, chacun la sait par cœur. Quatre cents ans après, les témoins des choses ne sont plus vivants ; personne ne sait plus par sa connaissance si c'est une fable ou une histoire : on l'a seulement appris de ses ancêtres, cela peut passer pour vrai.
| Pensées IX 628 |