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ARGUMENT...........2
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… Car il ne faut pas se méconnaître : nous sommes automate autant qu'esprit ; et de là vient que l'instrument par lequel la persuasion se fait n'est pas la seule démonstration. Combien y a-t-il peu de choses démontrées ! Les preuves ne convainquent que l'esprit. La coutume fait nos preuves les plus fortes et les plus crues ; elle incline l'automate, qui entraîne l'esprit sans qu'il y pense. Qui a démontré qu'il sera demain jour, et que nous mourrons ? Et qu'y a-t-il de plus cru ? C'est donc la coutume qui nous en persuade ; c'est elle qui fait tant de chrétiens, c'est elle qui fait les Turcs, les païens, les métiers, les soldats, etc. (Il y a la foi reçue dans le baptême aux Chrétiens de plus qu'aux Turcs.) Enfin il faut avoir recours à elle quand une fois l'esprit a vu où est la vérité, afin de nous abreuver et nous teindre de cette créance, qui nous échappe à toute heure ; car d'en avoir toujours les preuves présentes, c'est trop d'affaire. Il faut acquérir une créance plus facile, qui est celle de l'habitude, qui, sans violence, sans art, sans argument, nous fait croire les choses, et incline toutes nos puissances à cette croyance, en sorte que notre âme y tombe naturellement. Quand on ne croit que par la force de la conviction, et que l'automate est incliné à croire le contraire, ce n'est pas assez. Il faut donc faire croire nos deux pièces : l'esprit, par les raisons, qu'il suffit d'avoir vues une fois en sa vie ; et l'automate, par la coutume, et en ne lui permettant pas de s'incliner au contraire. Inclina cor meum, Deus.
| Pensées IV 252 |
A. P. R1. Grandeur et misère. – La misère se concluant de la grandeur, et la grandeur de la misère, les uns ont conclu la misère d'autant plus qu'ils en ont pris pour preuve la grandeur, et les autres concluant la grandeur avec d'autant plus de force qu'ils l'ont conclue de la misère même, tout ce que les uns ont pu dire pour montrer la grandeur n'a servi que d'un argument aux autres pour conclure la misère, puisque c'est être d'autant plus misérable qu'on est tombé de plus haut ; et les autres, au contraire. Ils se sont portés les uns sur les autres par un cercle sans fin : étant certain qu'à mesure que les hommes ont de lumières, ils trouvent et grandeur et misère en l'homme. En un mot, l'homme connaît qu'il est misérable : il est donc misérable, puisqu'il l'est ; mais il est bien grand, puisqu'il le connaît.
| Pensées VI 416 |
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ARGUMENTS..........1
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Il y a deux manières de persuader les vérités de notre religion : l'une par la force de la raison, l'autre par l'autorité de celui qui parle. On ne se sert pas de la dernière, mais de la première. On ne dit pas : « Il faut croire cela ; car l'Écriture qui le dit est divine » ; mais on dit qu'il le faut croire par telle ou telle raison, qui sont de faibles arguments, la raison étant flexible à tout.
| Pensées VIII 561 |
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ARISTOTE...........1
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On ne s'imagine Platon et Aristote qu'avec de grandes robes de pédants. C'étaient des gens honnêtes et, comme les autres, riant avec leurs amis ; et, quand ils se sont divertis à faire leurs Lois et leur Politique, ils l'ont fait en se jouant ; c'était la partie la moins philosophe et la moins sérieuse de leur vie, la plus philosophe était de vivre simplement et tranquillement. S'ils ont écrit de politique, c'était comme pour régler un hôpital de fous ; et s'ils ont fait semblant d'en parler comme d'une grande chose, c'est qu'ils savaient que les fous à qui ils parlaient pensaient être rois et empereurs. Il[s] entre[nt] dans leurs principes pour modérer leur folie au moins mal qu'il se peut.
| Pensées V 331 |
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ARMÉE..............6
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Divertissement. – Quand je m'y suis mis quelquefois à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s'exposent, dans la cour, dans la guerre, d'où naissent tant de querelles, de passions, d'entreprises hardies et souvent mauvaises, etc., j'ai découvert que tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. Un homme qui a assez de bien pour vivre, s'il savait demeurer chez soi avec plaisir, n'en sortirait pas pour aller sur la mer ou au siège d'une place. On n'achètera une charge à l'armée si cher, que parce qu'on trouverait insupportable de ne bouger de la ville ; et on ne recherche les conversations et les divertissements des jeux que parce qu'on ne peut demeurer chez soi avec plaisir.
| Pensées II 139 |
Daniel, VIII, 8 : « Daniel ayant vu le combat du bélier et du bouc qui le vainquit, et qui domina sur la terre, duquel la principale corne étant tombée, quatre autres en étaient sorties vers les quatre vents du ciel ; de l'une desquelles étant sortie une petite corne qui s'agrandit vers le midi, vers l'Orient et vers la terre d'Israël, et s'éleva contre l'armée du ciel, en renversa des étoiles, et les foula aux pieds, et enfin abattit le Prince, et fit cesser le sacrifice perpétuel et mit en désolation le sanctuaire.
| Pensées XI 722 |
« Mais il s'élèvera un rejeton de ses racines (Ptolemeus Evergetes naîtra du même père que Bérénice), qui viendra avec une puissante armée dans les terres du roi d'Aquilon, où il mettra tout sous sa sujétion et emmènera en Égypte leurs dieux, leurs princes, leur or, leur argent, et toutes leurs plus précieuses dépouilles (s'il n'eût pas été rappelé en Égypte par des raisons domestiques, il aurait entièrement dépouillé Séleucus, dit Justin) ; et sera quelques années sans que le roi d'Aquilon puisse rien contre lui.
| Pensées XI 722 |
« Et ainsi il reviendra en son royaume ; mais les enfants de l'autre, irrités, assembleront de grandes forces (Séleucus Ceraunus, Antiochus Magnus). Et leur armée viendra et ravagera tout ; dont le roi du Midi, étant irrité, formera aussi un grand corps d'armée et livrera bataille (Ptolemeus Philopator contre Antiochus Magnus, à Raphia), et vaincra ; et ses troupes en deviendront insolentes, et son cœur s'en enflera (ce Ptolemeus profana le temple : Josèphe) ; il vaincra des milliers d'hommes, mais sa victoire ne sera pas ferme. Car le roi d'Aquilon (Antiochus Magnus) reviendra avec encore plus de forces que la première fois, et alors aussi un grand nombre d'ennemis s'élèvera contre le roi du Midi (le jeune Ptolémée Épiphane régnant), et même des hommes apostats, violents, de ton peuple, s'élèveront afin que les visions soient accomplies, et ils périront (ceux qui avaient quitté leur religion pour plaire à Evergetes quand il envoya ses troupes à Scopas, car Antiochus reprendra Scopas et les vaincra). Et le roi d'Aquilon détruira les remparts, et prendra les villes les plus fortifiées, et toute la force du Midi ne pourra lui résister, et tout cédera à sa volonté ; il s'arrêtera dans la terre d'Israël, et elle lui cédera. Et ainsi il pensera à se rendre maître de tout l'empire d'Égypte (méprisant la jeunesse d'Épiphane, dit Justin). Et pour cela il fera alliance avec lui et lui donnera sa fille (Cléopâtre, afin qu'elle trahît son mari ; sur quoi Appianus dit que se défiant de pouvoir se rendre maître d'Égypte par force, à cause de la protection des Romains, il voulut l'attenter par finesse). Il la voudra corrompre, mais elle ne suivra pas son intention ; ainsi il se jettera à d'autres desseins et pensera à se rendre maître de quelques îles (c'est-à-dire lieux maritimes), et il en prendra plusieurs (comme dit Appianus).
| Pensées XI 722 |
« Et ainsi il reviendra en son royaume ; mais les enfants de l'autre, irrités, assembleront de grandes forces (Séleucus Ceraunus, Antiochus Magnus). Et leur armée viendra et ravagera tout ; dont le roi du Midi, étant irrité, formera aussi un grand corps d'armée et livrera bataille (Ptolemeus Philopator contre Antiochus Magnus, à Raphia), et vaincra ; et ses troupes en deviendront insolentes, et son cœur s'en enflera (ce Ptolemeus profana le temple : Josèphe) ; il vaincra des milliers d'hommes, mais sa victoire ne sera pas ferme. Car le roi d'Aquilon (Antiochus Magnus) reviendra avec encore plus de forces que la première fois, et alors aussi un grand nombre d'ennemis s'élèvera contre le roi du Midi (le jeune Ptolémée Épiphane régnant), et même des hommes apostats, violents, de ton peuple, s'élèveront afin que les visions soient accomplies, et ils périront (ceux qui avaient quitté leur religion pour plaire à Evergetes quand il envoya ses troupes à Scopas, car Antiochus reprendra Scopas et les vaincra). Et le roi d'Aquilon détruira les remparts, et prendra les villes les plus fortifiées, et toute la force du Midi ne pourra lui résister, et tout cédera à sa volonté ; il s'arrêtera dans la terre d'Israël, et elle lui cédera. Et ainsi il pensera à se rendre maître de tout l'empire d'Égypte (méprisant la jeunesse d'Épiphane, dit Justin). Et pour cela il fera alliance avec lui et lui donnera sa fille (Cléopâtre, afin qu'elle trahît son mari ; sur quoi Appianus dit que se défiant de pouvoir se rendre maître d'Égypte par force, à cause de la protection des Romains, il voulut l'attenter par finesse). Il la voudra corrompre, mais elle ne suivra pas son intention ; ainsi il se jettera à d'autres desseins et pensera à se rendre maître de quelques îles (c'est-à-dire lieux maritimes), et il en prendra plusieurs (comme dit Appianus).
| Pensées XI 722 |
Les Juifs le refusent, mais non pas tous : les saints le reçoivent, et non les charnels. Et tant s'en faut que cela soit contre sa gloire, que c'est le dernier trait qui l'achève. Comme la raison qu'ils en ont, et la seule qui se trouve dans tous leurs écrits, dans le Talmud et dans les Rabbins, n'est que parce que Jésus-Christ n'a pas dompté les nations en main armée, gladium tuum, potentissime. [N'ont-ils que cela à dire ? Jésus-Christ a été tué, disent-ils ; il a succombé ; il n'a pas dompté les païens par sa force ; il ne nous a pas donné leurs dépouilles ; il ne donne point de richesses. N'ont-ils que cela à dire ? C'est en cela qu'il m'est aimable. Je ne voudrais pas celui qu'ils se figurent] il est visible que ce n'est que sa vie qui les a empêchés de le recevoir ; et par ce refus, ils sont des témoins sans reproche, et, qui plus est, par là ils accomplissent les prophéties.
| Pensées XII 760 |
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ARRIVÉ.............11
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De ces deux infinis de sciences, celui de grandeur est bien plus sensible, et c'est pourquoi il est arrivé à peu de personnes de prétendre connaître toutes choses. « Je vais parler de tout », disait Démocrite.
| Pensées II 72 |
« Un miracle, dit-on, affermirait ma créance. » On le dit quand on ne le voit pas. Les raisons qui, étant vues de loin, paraissent borner notre vue, mais quand on y est arrivé, on commence à voir encore au-delà. Rien n'arrête la volubilité de notre esprit. Il n'y a point, dit-on, de règle qui n'ait quelque exception, ni de vérité si générale qui n'ait quelque face par où elle manque. Il suffit qu'elle ne soit pas absolument universelle, pour nous donner sujet d'appliquer l'exception au sujet présent, et de dire : « Cela n'est pas toujours vrai ; donc il y a des cas où cela n'est pas. » Il ne reste plus qu'à montrer que celui-ci en est ; et c'est à quoi on est bien maladroit ou bien malheureux si on ne trouve quelque jour.
| Pensées IV 263 |
Et cependant, depuis un si grand nombre d'années, jamais personne, sans la foi, n'est arrivé à ce point où tous visent continuellement. Tous se plaignent : princes, sujets, nobles, roturiers, vieux, jeunes ; forts, faibles ; savants, ignorants ; sains, malades ; de tous pays, de tous les temps, de tous âges et de toutes conditions.
| Pensées VII 4251 |
Dieu par Jésus-Christ. – Nous ne connaissons Dieu que par Jésus-Christ. Sans ce médiateur est ôtée toute communication avec Dieu ; par Jésus-Christ, nous connaissons Dieu. Tous ceux qui ont prétendu connaître Dieu et le prouver sans Jésus-Christ n'avaient que des preuves impuissantes. Mais pour prouver Jésus-Christ, nous avons les prophéties, qui sont des preuves solides et palpables. Et ces prophéties étant accomplies, et prouvées véritables par l'événement, marquent la certitude de ces vérités, et partant, la preuve de la divinité de Jésus-Christ. En lui et par lui, nous connaissons donc Dieu. Hors de là et sans l'Écriture, sans le péché originel, sans médiateur nécessaire promis et arrivé, on ne peut trouver absolument Dieu, ni enseigner ni bonne doctrine ni bonne morale. Mais par Jésus-Christ et en Jésus-Christ, on prouve Dieu, et on enseigne la morale et la doctrine. Jésus-Christ est donc le véritable Dieu des hommes.
| Pensées VII 547 |
« Vous voyez arrivé ce qui a été prédit ; ne le raconterez-vous pas ? Maintenant je vous annonce des choses nouvelles, que je conserve en ma puissance, et que vous n'avez pas encore vues ; ce n'est que maintenant que je les prépare, et non pas depuis longtemps : je vous les ai tenues cachées de peur que vous ne vous vantassiez de les avoir prévues par vous-mêmes. Car vous n'en avez aucune connaissance, et personne ne vous en a parlé, et vos oreilles n'en ont rien ouï ; car je vous connais, et je sais que vous êtes pleins de prévarication, je vous ai donné le nom de prévaricateurs dès les premiers temps de votre origine. »
| Pensées XI 713 |
Et il est arrivé qu'en la quatrième monarchie, avant la destruction du second temple, etc., les païens en foule adorent Dieu et mènent une vie angélique ; les filles consacrent à Dieu leur virginité et leur vie ; les hommes renoncent à tous plaisirs. Ce que Platon n'a pu persuader à quelque peu d'hommes choisis et si instruits, une force secrète le persuade à cent millions d'hommes ignorants, par la vertu de peu de paroles.
| Pensées XI 724 |
Les prophéties ayant donné diverses marques qui devaient toutes arriver à l'avènement du Messie, il fallait que toutes ces marques arrivassent en un même temps. Ainsi il fallait que la quatrième monarchie fût venue lorsque les septante semaines de Daniel seraient accomplies et que le sceptre fût alors sorti de Juda, et tout cela est arrivé sans aucune difficulté ; et qu'alors il arrivât le Messie, et Jésus-Christ est arrivé alors, qui s'est dit le Messie, et tout cela est encore sans difficulté, et cela marque bien la vérité des prophéties.
| Pensées XII 738 |
Les prophéties ayant donné diverses marques qui devaient toutes arriver à l'avènement du Messie, il fallait que toutes ces marques arrivassent en un même temps. Ainsi il fallait que la quatrième monarchie fût venue lorsque les septante semaines de Daniel seraient accomplies et que le sceptre fût alors sorti de Juda, et tout cela est arrivé sans aucune difficulté ; et qu'alors il arrivât le Messie, et Jésus-Christ est arrivé alors, qui s'est dit le Messie, et tout cela est encore sans difficulté, et cela marque bien la vérité des prophéties.
| Pensées XII 738 |
Sainteté. – Effundam spiritum meum. Tous les peuples étaient dans l'infidélité et dans la concupiscence, toute la terre fut ardente de charité, les princes quittent leurs grandeurs, les filles souffrent le martyre. D'où vient cette force ? C'est que le Messie est arrivé ; voilà l'effet et les marques de sa venue.
| Pensées XII 772 |
Jamais en la contention du vrai Dieu, de la vérité de la religion, il n'est arrivé de miracle du côté de l'erreur, et non de la vérité.
| Pensées XIII 827 |
Impies. – Jamais signe n'est arrivé de la part du diable sans un signe plus fort de la part de Dieu, au moins sans qu'il eût été prédit que cela arriverait.
| Pensées XIII 851 |