ATTACHÉ...........5
91. N'être plus attaché aux objets, c'est bien; mais garder sa liberté, intérieure devant leurs images, c'est beaucoup mieux. Aussi bien les démons nous font par nos pensées une guerre bien plus dure que par les objets mêmes.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
1. Qui aime sincèrement Dieu prie aussi absolument sans distraction, et qui prie absolument sans distraction aime aussi sincèrement Dieu. Or, il ne prie pas sans distractions, l'homme qui garde son esprit rivé, à quelque objet terrestre. Donc celui-là n'aime pas Dieu qui garde son esprit attaché à quelque objet terrestre.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
2. Si l'esprit s'arrête longuement sur un objet sensible, c'est qu'une passion l'y retient attaché : convoitise, ou tristesse, ou colère, ou rancune. Et tant qu'il ne méprise pas cet objet, il ne peut s'affranchir de cette passion.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
68. Avoir retranché ses passions et simplifié ses pensées, ce n'est pas pour autant les avoir entièrement tournées vers le divin. On n'est plus attaché à l'humain, mais on ne l'est pas non plus au divin. C'est le cas de ceux qui ne sont qu'actifs, qui n'ont pas encore mérité d'obtenir la connaissance, mais qui maîtrisent leurs passions par crainte du châtiment ou espérance du royaume.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
41. C'est le fait d'un homme encore épris de vaine gloire ou attaché à quelque objet matériel, que d'éprouver de l'amertume envers les hommes à cause de biens temporels, de leur garder rancune, d'avoir pour eux de la haine ou d'être l'esclave de pensées honteuses. Tous sentiments qu'ignore une âme qui aime Dieu.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
 
 ATTAQUE...........4
67. Toutes les autres passions affectent dans l'âme, soit la partie irascible, soit la concupiscible, soit même (l'oubli et l'ignorance par exemple), la raisonnable. Mais la paresse spirituelle, qui s'attaque à toutes le puissances de l'âme, émeut à la fois presque toutes les passions; et c'est pourquoi, entre toutes, elle est redoutable. Précieuse donc la parole du Maître, qui lui oppose le remède : Par votre patience, gagnez vos âmes. (Luc 21,19)
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
13. Les démons nous tentent soit par eux-mêmes, Soit en armant contre nous des hommes sans crainte de Dieu. Par eux-mêmes, si nous vivons dans la retraite, comme le Maître au désert, par les hommes, si nous demeurons en leur société, comme le Maître parmi les Pharisiens. Mais nous, les yeux sur notre modèle, repoussons l'une et l'autre attaque.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
19. Redoutable est le démon de la luxure. Il s'attaque avec une force particulière à ceux qui luttent contre la passion, surtout à la faveur de leur inattention à l'égard de leur nourriture, et des rencontres qu'ils ont avec des femmes. A son insu, l'esprit se trouve envahi par la douce impression du plaisir, que la mémoire lui rappelle ensuite, dans le calme de la solitude. Et la chair s'échauffe, suscite en l'esprit des images de toute sorte, le sollicite à consentir au péché. Si tu ne veux pas que de telles pensées s'attardent en toi, insiste sur le jeûne, le travail pénible, les veilles, la sainte vie de retraite dans une prière continuelle.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
40. Quand les passions sommeillent, l'orgueil surtout, tantôt de causes inconscientes, tantôt d'une attaque sournoise, des démons.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
 
 ATTAQUES..........6
14. L'esprit commence-t-il à progresser dans l'amour de Dieu ? Le démon va chercher à le pousser au blasphème, lui suggérant des pensées qu'un homme ne saurait trouver par lui-même, et qui ne peuvent venir que du diable, leur père. S'il en use ainsi, c'est que, jaloux de l'ami de Dieu, il veut qu'à la vue de telles pensées, il se désespère et n'ose plus, par sa prière accoutumée, s'envoler vers Dieu. Mais le destructeur n'en tire aucun avantage pour le but qu'il se propose : au contraire, il nous affermit davantage. Car après attaques et contre-attaques, nous retrouvons notre amour pour Dieu plus sûr, plus sincère. Que son épée lui perce le coeur, et que ses flèches se brisent !
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
22. La force des démons diminue, quand la pratique des commandements affaiblit en nous les passions; elle est détruite, quand enfin, par l'effet de la liberté intérieure, ces passions ont disparu de l'âme. Car ils ne retrouvent plus en elle ces complicités qui servaient de bases à leurs attaques. Et voilà sans doute le sens du verset : Ils perdront leur force, et périront devant ta Face. (Ps 9,4)
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
45. Les attaques de la tentation ont pour but, ici, la rémission des fautes passées; là, celle des péchés du moment; ailleurs, elles préviennent les fautes à venir. Sans compter celles qui ne sont, que pour l'épreuve de la vertu, celles de Job par exemple.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
1) pour qu'attaques et contre-attaques nous mènent au discernement du bien et du mal; 2) pour que notre vertu maintenue dans l'effort et la hâte s'affermisse sur une assise inébranlable; 3) pour qu'avançant dans la vertu nous évitions la présomption et apprenions l'humilité; 4) pour nous inspirer, par l'expérience que nous en faisons alors, une haine sans réserve pour le mal; 5) et surtout, pour que, parvenus à la liberté intérieure, nous demeurions convaincus et de notre faiblesse, et de la force de Celui qui nous a secourus.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
51. Si, par une longue attention à Dieu, nous surveillons la puissance de passion de notre âme, nous ne céderons plus sous les attaques des mauvaises pensées, mais, attentifs à supprimer soigneusement leurs causes, nous acquerrons assez de discernement pour voir s'accomplir en nous la parole : Mon oeil a surveillé mes ennemis; et les méchants qui s'élèvent contre moi, mon oreille les entendra. (Ps 91,12).
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
93. Les bons anges nous poussent au bien, les tendances profondes de notre nature et la bonne volonté nous aident. Quant aux attaques des démons, elles sont secondées par les passions et la mauvaise volonté.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
 
 ATTRIBUTS.........6
100. Mais, arrivé à Dieu, l'ardeur de son désir lui fait chercher d'abord ce qu'est l'Essence divine, car il ne trouve de consolation en rien de ce qui lui ressemble. Mais c'est une entreprise impossible et la connaissance de l'Essence de Dieu est également inaccessible a toute nature créée. Il se contente donc des attributs, c'est-à-dire, l'éternité, l'infinité, l'invisibilité, la bonté, la sagesse, la puissance qui crée, gouverne et juge les êtres. Cela seulement est en lui parfaitement compréhensible : qu'Il est infini, et le fait même de ne rien connaître est déjà une connaissance transcendante à l'esprit, comme l'ont montré les théologiens Grégoire et Denys.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
25. La récompense de la maîtrise de soi, c'est la liberté intérieure; celle de la foi, la connaissance. Or, de la liberté intérieure naît le discernement, et de la connaissance l'amour de Dieu. .26. Marchant droit dans la voie de l'action, l'esprit progresse vers la prudence; dans celle de la contemplation, vers la connaissance. La première, en effet, conduit le Iutteur au discernement du bien et du mal; la seconde mène l'initié à saisir les raisons des êtres corporels et incorporels. Mais pour obtenir le don de science divine, il faudra, sur les ailes de l'amour, avoir dépassé tous les degrés qu'on vient d'énumérer, être en Dieu; et alors, autant qu'il est possible à un esprit humain, par l'Esprit saint on pénétrera à fond la nature de ses attributs divins.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
27. Au seuil de la connaissance de Dieu, ne cherche pas à connaître son Essence : un esprit humain n'y saurait parvenir; personne ne la connaît que Dieu. Mais considère à fond, tant que tu peux, ses attributs, par exemple, son Éternité, son Infinité, son Invisibilité, sa Bonté, sa Sagesse, sa Puissance qui crée, gouverne et juge les êtres. Car il mérite entre tous le nom de théologien, celui qui cherche à découvrir, si peu que ce soit, la vérité de ces attributs.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
27. Au seuil de la connaissance de Dieu, ne cherche pas à connaître son Essence : un esprit humain n'y saurait parvenir; personne ne la connaît que Dieu. Mais considère à fond, tant que tu peux, ses attributs, par exemple, son Éternité, son Infinité, son Invisibilité, sa Bonté, sa Sagesse, sa Puissance qui crée, gouverne et juge les êtres. Car il mérite entre tous le nom de théologien, celui qui cherche à découvrir, si peu que ce soit, la vérité de ces attributs.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
52. L'esprit uni à Dieu, et de manière habituelle, par la prière et l'amour, acquiert sagesse, bonté, puissance, bienfaisance, libéralité, grandeur d'âme.., bref, il porte en lui-même, pour ainsi dire, les attributs de Dieu. Mais qu'il abandonne ces dispositions pour s'orienter vers les objets matériels, il deviendra vite un véritable animal, s'il ne cherche que son plaisir, et même un animal sauvage, si pour ces objets il entre en lutte avec les autres.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
7. Connaissable à un certain point de vue, inconnaissable à d'autres, est Dieu, ainsi que le divin. Connaissable, par la contemplation de ses Attributs; inconnaissable, par celle de son Essence.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
 
 AUMÔNE............6
24. Celui qui, en faisant l'aumône, veut imiter Dieu, ne met aucune différence entre bon et méchant, honnête ou malhonnête homme, dès lors qu'ils sont dans la nécessité. À tous il donne de même, à chacun selon ses besoins, tout en préférant pour sa bonne volonté le bon au méchant.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
79. L'aumône est le traitement de la colère : le jeûne, le remède de la convoitise; l'oraison, elle, purifie l'esprit et le prépare à la contemplation des êtres. Pour les facultés de l'âme le Maître nous a également donné ses préceptes.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
35. Bien des actions humaines, bonnes en elles-mêmes, peuvent cesser de l'être à cause de leur motif. Le jeûne, les veilles, l'oraison et le chant des psaumes, l'aumône, l'hospitalité sont en soi de bonnes actions faites par vanité, elles cessent de l'être.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
47. Certains remèdes immobilisent les passions, les empêchent de se mettre en branle et de s'intensifier; d'autres les affaiblissent, les réduisent. Ainsi le jeûne, les durs travaux, les veilles empêchent la convoitise de prendre force; la solitude, la contemplation, la prière, l'affaiblissent et tendent à la détruire. De même pour la colère : la longanimité, l'oubli des injures, la douceur l'immobilisent, l'empêchent de prendre force, l'amour, l'aumône, la bonté, la bienfaisance la réduisent peu à peu.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
57. On distingue vertus du corps et vertus de l'âme. Du corps : jeûne, veilles, coucher sur la dure, service des autres, travail manuelle, pour n'être à charge à personne ou pour faire l'aumône, etc... De l'âme : amour, longanimité, douceur, tempérance, prière, etc. Si un obstacle, l'état de notre corps, la fatigue ou autre chose nous rend une fois ou l'autre incapables de pratiquer les premières, le Seigneur, qui voit les causes, nous en tient quittes. Mais si nous ne pratiquons pas celles de l'âme, nous sommes sans excuse, car elles ne connaissent aucun obstacle.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
73. Et voilà pourquoi il dit encore : Vendez ce que vous avez, donnez-le en aumône, el voici que tout sera pur pour vous, (Lc 12,33) s'adressant à ceux qui ne s'occupent plus de ce qui regarde le corps, mais dont l'effort tend à purifier l'esprit (que le Maître appelle le coeur) de la haine et du désordre. Car c'est cela qui, souillant le coeur, l'empêche de voir le Christ habitant en lui par la grâce du saint baptême.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
 
 AVARICE...........6
75. Sans mépriser gloire, plaisir et ce qui les entretient et dont ils ont fait naître la passion : l'avarice, possible de couper court aux prétextes de la colère. Or, sans y couper court, impossible de trouver la charité parfaite.
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4. Ce n'est pas la nourriture qu'est un mal, mais la gourmandise, ni la procréation des enfants, mais la luxure; ni les richesses, mais l'avarice; ni la gloire, mais la vaine gloire. Par conséquent, rien de ce qui est n'est mauvais, mais seulement l'abus, suite de la négligence de notre esprit à se cultiver selon la nature.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
56. L'égoïsme, je l'ai dit bien souvent, est à la source de toutes les pensées passionnées. De Iui naissent, en effet, les trois vices capitaux de la convoitise : gourmandise, avarice, vaine gloire. Puis de la gourmandise naît la luxure, de l'avarice la cupidité, de la vaine gloire l'orgueil. Et tous les autres, sans exception, se rattachent à l'un des trois précédents : colère, tristesse, rancune, paresse, envie, médisance, etc... Passions qui toutes ensemble enchaînent l'esprit aux objets matériels, le retiennent sur la terre, pesant sur lui comme une masse de pierre. Sur lui, plus léger par nature et plus vif que le feu !
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
56. L'égoïsme, je l'ai dit bien souvent, est à la source de toutes les pensées passionnées. De Iui naissent, en effet, les trois vices capitaux de la convoitise : gourmandise, avarice, vaine gloire. Puis de la gourmandise naît la luxure, de l'avarice la cupidité, de la vaine gloire l'orgueil. Et tous les autres, sans exception, se rattachent à l'un des trois précédents : colère, tristesse, rancune, paresse, envie, médisance, etc... Passions qui toutes ensemble enchaînent l'esprit aux objets matériels, le retiennent sur la terre, pesant sur lui comme une masse de pierre. Sur lui, plus léger par nature et plus vif que le feu !
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
76. Indices certains de la passion d'avarice : recevoir avec joie, communiquer avec peine. Un tel homme ne peut faire un dispensateur.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
83. Vaine gloire et avarice s'engendrent l'une l'autre; le vaniteux amasse de l'argent, le riche est vaniteux, mais dans le monde. Le moine, lui, s'il est pauvre, en tire encore plus vanité; s'il a de l'argent, il le cache, honteux de posséder un objet qui ne convient pas a son état.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE