| |
|
ARDEUR............5
|
4. Qui aime Dieu, à toutes ses créatures préfère sa connaissance et sans cesse, dans l'ardeur de son désir, s'efforce vers elle.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
43. Qui veut une chose lutte pour l'acquérir. Or de tous les objets bons et désirables, Dieu est incomparablement le meilleur et le plus désirable. Quelle ardeur doit donc être la nôtre, pour acquérir ce bien en soi bon et désirable !
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
51. L'insensé, jouet de ses passions, quand sa colère en mouvement le bouleverse, suit aveuglément l'impulsion de fuir ses frères ; au contraire, quand sa convoitise ranime son ardeur, il change du tout au tout et court à eux, plein de prévenances. La conduite du sage, dans la même alternative est tout è l'oppose : du côté colère, il a supprimé toute cause de trouble et se garde de toute amertume contre ses frères; du côté convoitise, il maîtrise tout élan irraisonné qui le porte vers eux.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
100. Mais, arrivé à Dieu, l'ardeur de son désir lui fait chercher d'abord ce qu'est l'Essence divine, car il ne trouve de consolation en rien de ce qui lui ressemble. Mais c'est une entreprise impossible et la connaissance de l'Essence de Dieu est également inaccessible a toute nature créée. Il se contente donc des attributs, c'est-à-dire, l'éternité, l'infinité, l'invisibilité, la bonté, la sagesse, la puissance qui crée, gouverne et juge les êtres. Cela seulement est en lui parfaitement compréhensible : qu'Il est infini, et le fait même de ne rien connaître est déjà une connaissance transcendante à l'esprit, comme l'ont montré les théologiens Grégoire et Denys.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
6. Au sommet de l'oraison pure, on distingue deux états, l'un pour les actifs, l'autre pour les contemplatifs. Le premier est dans l'âme l'effet de la crainte de Dieu et de la bonne espérance, le second, de l'ardeur de l'amour divin et de la purification totale. Indices du premier état : l'esprit se recueille, s'abstrait de toutes les pensées du monde et, dans la pensée que Dieu est présent - et il l'est en effet - fait oraison sans distraction ni trouble. Indices du second : l'esprit est ravi, dans l'élan même de la prière, par l'infinie lumière de Dieu; il perd tout sentiment et de lui-même et des autres êtres, excepté de Celui qui par l'amour opère en lui cette illumination. Alors aussi, attiré par les propriétés de Dieu, il acquiert de lui des notions pures et pénétrantes.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
| |
|
ARGENT............15
|
84. D'abord, la mémoire présente à l'esprit une pensée simple. Cette pensée dure, et la passion se met en branle, puis, si elle n'est écartée, elle pousse l'esprit à consentir. Ce consentement donné, la seule étape qui reste est le péché d'action. Aussi est-ce fort sagement que l'Apôtre, dans une lettre à des chrétiens sortis du paganisme, leur prescrit de s'attaquer d'abord au péché d'action, et ensuite, méthodiquement, de remonter pas à pas vers la cause. Et cette cause, je l'ai dit, c'est quelque cupidité qui met en branle et entretient la passion, par exemple la gourmandise qui engendre et entretient la Iuxure. La cupidité en effet est mauvaise non seulement quand elle a pour objet l'argent, mais aussi quand elle s'attache à la bonne chère; et en revanche, la tempérance est bonne non seulement quand elle a pour objet la nourriture, mais aussi quand elle s'applique à l'argent.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
84. D'abord, la mémoire présente à l'esprit une pensée simple. Cette pensée dure, et la passion se met en branle, puis, si elle n'est écartée, elle pousse l'esprit à consentir. Ce consentement donné, la seule étape qui reste est le péché d'action. Aussi est-ce fort sagement que l'Apôtre, dans une lettre à des chrétiens sortis du paganisme, leur prescrit de s'attaquer d'abord au péché d'action, et ensuite, méthodiquement, de remonter pas à pas vers la cause. Et cette cause, je l'ai dit, c'est quelque cupidité qui met en branle et entretient la passion, par exemple la gourmandise qui engendre et entretient la Iuxure. La cupidité en effet est mauvaise non seulement quand elle a pour objet l'argent, mais aussi quand elle s'attache à la bonne chère; et en revanche, la tempérance est bonne non seulement quand elle a pour objet la nourriture, mais aussi quand elle s'applique à l'argent.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
9. Voici les cinq motifs, louables ou non, pour lesquels un homme, peut aimer un autre homme : 1) pour l'amour de Dieu : ainsi le juste qui aime tout le monde, ou l'homme qui, sans être encore juste lui-même, aime les justes; 2) par un instinct naturel, comme les parents aiment leurs enfants, et réciproquement; 3) par vanité celui qui reçoit des louanges aime celui qui les donne; 4) par cupidité : on aime le riche dont on reçoit de l'argent; 5) par amour du plaisir : cas de ceux qui ne pensent que bonne chère et plaisir sexuel. Le premier motif est bon, le second indifférent, les autres viciés par la passion.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
84. On distingue les pensées simples et les pensées complexes. Simples, les pensées sans passion; complexes, les pensées passionnées, composées de passion et de représentation. Ainsi l'on peut constater que nombre de pensées simples font escorte aux pensées complexes, dès le premier mouvement vers le péché de pensée. Ainsi, en matière d'argent : dans la mémoire d'un tel surgit une pensée passionnée au sujet d'une somme d'argent, en imagination, il se porte au vol; le péché est consommé dans l'esprit. Au souvenir de l'argent faisaient escorte celui de la bourse, du coffre, de l'appartement que sais-je ? Le souvenir de l'argent était complexe : à lui s'attachait la passion; tandis que celui de la bourse, du coffre et autres était simple, l'esprit n'ayant aucune passion pour ces objets. Et ainsi de toute pensée : vaine gloire, femmes ou autres. Les pensées qui escortent la pensée passionnée ne sont pas pour autant passionnées, c'est trop clair. Et ceci nous permet de discerner de quelle nature sont les pensées passionnées et de quelle nature les pensées simples.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
84. On distingue les pensées simples et les pensées complexes. Simples, les pensées sans passion; complexes, les pensées passionnées, composées de passion et de représentation. Ainsi l'on peut constater que nombre de pensées simples font escorte aux pensées complexes, dès le premier mouvement vers le péché de pensée. Ainsi, en matière d'argent : dans la mémoire d'un tel surgit une pensée passionnée au sujet d'une somme d'argent, en imagination, il se porte au vol; le péché est consommé dans l'esprit. Au souvenir de l'argent faisaient escorte celui de la bourse, du coffre, de l'appartement que sais-je ? Le souvenir de l'argent était complexe : à lui s'attachait la passion; tandis que celui de la bourse, du coffre et autres était simple, l'esprit n'ayant aucune passion pour ces objets. Et ainsi de toute pensée : vaine gloire, femmes ou autres. Les pensées qui escortent la pensée passionnée ne sont pas pour autant passionnées, c'est trop clair. Et ceci nous permet de discerner de quelle nature sont les pensées passionnées et de quelle nature les pensées simples.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
84. On distingue les pensées simples et les pensées complexes. Simples, les pensées sans passion; complexes, les pensées passionnées, composées de passion et de représentation. Ainsi l'on peut constater que nombre de pensées simples font escorte aux pensées complexes, dès le premier mouvement vers le péché de pensée. Ainsi, en matière d'argent : dans la mémoire d'un tel surgit une pensée passionnée au sujet d'une somme d'argent, en imagination, il se porte au vol; le péché est consommé dans l'esprit. Au souvenir de l'argent faisaient escorte celui de la bourse, du coffre, de l'appartement que sais-je ? Le souvenir de l'argent était complexe : à lui s'attachait la passion; tandis que celui de la bourse, du coffre et autres était simple, l'esprit n'ayant aucune passion pour ces objets. Et ainsi de toute pensée : vaine gloire, femmes ou autres. Les pensées qui escortent la pensée passionnée ne sont pas pour autant passionnées, c'est trop clair. Et ceci nous permet de discerner de quelle nature sont les pensées passionnées et de quelle nature les pensées simples.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
84. On distingue les pensées simples et les pensées complexes. Simples, les pensées sans passion; complexes, les pensées passionnées, composées de passion et de représentation. Ainsi l'on peut constater que nombre de pensées simples font escorte aux pensées complexes, dès le premier mouvement vers le péché de pensée. Ainsi, en matière d'argent : dans la mémoire d'un tel surgit une pensée passionnée au sujet d'une somme d'argent, en imagination, il se porte au vol; le péché est consommé dans l'esprit. Au souvenir de l'argent faisaient escorte celui de la bourse, du coffre, de l'appartement que sais-je ? Le souvenir de l'argent était complexe : à lui s'attachait la passion; tandis que celui de la bourse, du coffre et autres était simple, l'esprit n'ayant aucune passion pour ces objets. Et ainsi de toute pensée : vaine gloire, femmes ou autres. Les pensées qui escortent la pensée passionnée ne sont pas pour autant passionnées, c'est trop clair. Et ceci nous permet de discerner de quelle nature sont les pensées passionnées et de quelle nature les pensées simples.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
16. Si l'argent est recherché par les hommes, c'est moins pour son utilité, que parce que la plupart servent par lui leurs plaisirs.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
17. Trois raisons font aimer l'argent : le penchant au plaisir, la vanité, le manque de foi. Le plus grave des trois, en est le manque de foi.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
18. Le voluptueux aime l'argent pour le faire servir à ses jouissances, le vaniteux, pour acquérir par lui la gloire, l'homme de peu de foi, pour le cacher et le garder par peur de la disette, de la vieillesse, de la maladie, de l'exil. Et il espère plus en son argent qu'en Dieu créateur de l'univers, dont la Providence s'étend jusqu'au dernier et au plus infime des vivants.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
18. Le voluptueux aime l'argent pour le faire servir à ses jouissances, le vaniteux, pour acquérir par lui la gloire, l'homme de peu de foi, pour le cacher et le garder par peur de la disette, de la vieillesse, de la maladie, de l'exil. Et il espère plus en son argent qu'en Dieu créateur de l'univers, dont la Providence s'étend jusqu'au dernier et au plus infime des vivants.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
19. Il y a quatre espèces d'hommes à mettre de l'argent de côté : les trois que je viens d'énumérer, et ceux qui administrent des biens. Seuls ces derniers, bien entendu, le font légitimement : car leur but est d'être perpétuellement en mesure de subvenir aux besoins de chacun.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
42. Autre chose est un objet, autre chose une représentation, autre chose une passion. Ainsi, un homme, une femme, de l'argent, voilà des objets; le simple souvenir de ces objets, voilà une représentation, une affection déraisonnable ou une haine aveugle pour ces mêmes objets, voilà une passion. Or, la lutte que mène le moine est dirigée contre la passion.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
83. Vaine gloire et avarice s'engendrent l'une l'autre; le vaniteux amasse de l'argent, le riche est vaniteux, mais dans le monde. Le moine, lui, s'il est pauvre, en tire encore plus vanité; s'il a de l'argent, il le cache, honteux de posséder un objet qui ne convient pas a son état.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
83. Vaine gloire et avarice s'engendrent l'une l'autre; le vaniteux amasse de l'argent, le riche est vaniteux, mais dans le monde. Le moine, lui, s'il est pauvre, en tire encore plus vanité; s'il a de l'argent, il le cache, honteux de posséder un objet qui ne convient pas a son état.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
| |
|
ATTACHEMENT.......4
|
59. Évite l'égoïsme, père de tous les vices. Par égoïsme, j'entends un attachement déraisonnable au corps. C'est lui incontestablement qui engendre la folie des trois pensées passionnées premières et fondamentales, celles de la gourmandise, de la cupidité, de la vaine gloire. Ce sont les exigences du corps qui les déchaînent, et d'elles naît tout le cortège des vices. C'est, je le répète, une nécessité et un devoir d'être sur ses gardes et de lutter contre cet égoïsme par une grande tempérance. Une fois éliminé, tous ses effets le sont avec lui.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
88. Le pauvre est celui qui a renoncé à tous ses biens pour ne garder sur terre absolument rien d'autre que son corps et qui, ayant brisé l'attachement même qu'on a pour ce corps, a confié à Dieu et aux hommes spirituels le gouvernement de sa personne.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
20. En général, les pensées passionnées tantôt excitent dans l'âme la partie concupiscible, tantôt bouleversent l'irascible, tantôt obscurcissent la raisonnable. Le résultat, c'est l'aveuglement de l'esprit pour la contemplation spirituelle et pour l'envol de la prière. C'est pourquoi le moine, et particulièrement le solitaire, doit surveiller exactement ses pensées pour en reconnaître et supprimer les causes. Et voici comment les reconnaître : quand des images de femmes, auxquelles se mêle la passion, excitent la puissance concupiscible, la cause en est l'intempérance dans le boire et le manger, jointe à de fréquents entretiens, que rien ne justifie, avec des femmes; la suppression de ces causes s'obtient par la faim, la soif, les veilles et la solitude. Quand la puissance irascible, à son tour, se trouble au souvenir passionné d'offenses reçues, la cause en est l'amour du plaisir, la vanité, l'attachement, aux objets matériels. (Car ce qui afflige l'homme qui n'a pas la liberté intérieure, c'est d'en être privé ou de ne pouvoir les atteindre.) La suppression de ces causes s'obtient par le mépris - un mépris absolu - de ces bagatelles, par amour pour Dieu.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
38. N'avoir aucun attachement aux objets, c'est bien; rester sans passion devant leurs représentations, c'est beaucoup mieux.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
| |
|
ATTACHER..........4
|
5. Si tout être n'a l'existence que par Dieu et pour Dieu, et si Dieu est au-dessus de ses créatures, l'homme, qui abandonne Dieu, l'être incomparablement meilleur, pour s'attacher à des objets de moindre valeur, montre qu'il préfère à Dieu ses créatures.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
54. Est moine celui qui a séparé son esprit du monde matériel pour s'attacher fermement à Dieu par la maîtrise de soi, l'amour, le chant des psaumes, la prière.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
67. Pas plus que la simple pensée d'une chose humaine ne mène forcément l'esprit au mépris des choses divines, la simple connaissance des choses divines ne le mène effectivement au mépris des choses humaines, parce qu'ici-bas la vérité n'apparaît qu'en ombres et en figures. C'est pourquoi il faut cette bienheureuse passion de la sainte charité pour attacher l'esprit aux objets de la contemplation spirituelle et lui faire préférer, au matériel l'immatériel, au sensible, le spirituel et le divin.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
72. C'est Dieu qui a créé le monde visible et l'invisible, Lui aussi, évidemment, qui a fait Lui-même l'âme et le corps. Or si le monde visible est si beau, que doit donc être l'invisible ! Et si l'invisible est préférable au visible, combien plus excellent encore Dieu qui les a faits tous deux ! Mais si le Créateur de l'univers surpasse en excellence toutes les créatures, comment expliquer que l'esprit délaisse le mieux pour s'attacher au pire : les passions charnelles ? N'est-ce pas que, de naissance orienté vers elles, accoutumé à elles, il n'a jamais connu l'expérience vraie de l'excellence suprême, du Transcendant ? Exerçons-le donc longuement à s'abstenir des plaisirs, à s'occuper au divin et, retiré peu à peu de son état, nous le verrons, à fur et à mesure de ses progrès dans les voies de Dieu, se trouver à l'aise et reconnaître sa véritable dignité; en fin de quoi, tout son désir se tournera vers le divin.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |