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HABITUELLE........3
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1. L'amour est une disposition bonne de l'âme, qui lui fait préférer à tout la connaissance de Dieu. Quant à parvenir à la possession habituelle de cette charité, c'est chose impossible, tant qu'on garde une attache à quelque, objet terrestre.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
52. L'esprit uni à Dieu, et de manière habituelle, par la prière et l'amour, acquiert sagesse, bonté, puissance, bienfaisance, libéralité, grandeur d'âme.., bref, il porte en lui-même, pour ainsi dire, les attributs de Dieu. Mais qu'il abandonne ces dispositions pour s'orienter vers les objets matériels, il deviendra vite un véritable animal, s'il ne cherche que son plaisir, et même un animal sauvage, si pour ces objets il entre en lutte avec les autres.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
70. Si la puissance concupiscible de l'âme est trop souvent excitée, elle crée en elle une propension habituelle au plaisir, dont on aura peine à se défaire. Si l'irascible est constamment troublée, elle rend l'esprit peureux et lâche. Le remède, c'est dans le premier cas la pratique assidue du jeûne, des veilles, de la prière, dans le second la bonté, la bienfaisance, l'amour et la miséricorde.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
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HAINE.............20
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15. Qui constate en son coeur une trace d'inimitié envers quelqu'un, pour une offense quelconque, est complètement étranger à l'amour de Dieu. Amour pour Dieu et haine pour un homme sont de tout point incompatibles.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
29. Si quelqu'un t'a outragé, ou marqué quelque mépris, prends garde aux calculs de la colère, de peur que, à la faveur de ton amertume, ils ne te séparent de l'amour pour t'établir dans les régions de la haine.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
61. Et moi je vous dis : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous calomnient. Pourquoi ces préceptes du Seigneur ? - Pour t'arracher à la haine, à l'amertume, à la colère, la rancune, pour te rendre digne de ce bien suprême qu'est l'amour parfait, bien qu'on ne saurait posséder tant qu'on n'aime pas également tous les hommes, à l'exemple de Dieu qui aime également tous les hommes, veut leur salut à tous, el qu'ils viennent à la connaissance de la vérité.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
5. Pour délivrer l'esprit des passions si parfaitement qu'il puisse prier sans distraction, la voie active ne suffit pas, si elle n'est suivie de diverses contemplations spirituelles. L'action en effet ne libère l'esprit que du dérèglement et de la haine; les contemplations l'arrachent en outre à l'oubli et à l'ignorance. Ainsi délivré, il pourra prier comme il faut.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
1) pour qu'attaques et contre-attaques nous mènent au discernement du bien et du mal; 2) pour que notre vertu maintenue dans l'effort et la hâte s'affermisse sur une assise inébranlable; 3) pour qu'avançant dans la vertu nous évitions la présomption et apprenions l'humilité; 4) pour nous inspirer, par l'expérience que nous en faisons alors, une haine sans réserve pour le mal; 5) et surtout, pour que, parvenus à la liberté intérieure, nous demeurions convaincus et de notre faiblesse, et de la force de Celui qui nous a secourus.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
76. De ces accidents qui modifient les choses, nous avons des exemples et dans le monde de l'âme, et dans celui du corps, et dans celui qui entoure le corps. Monde de l'âme; oubli ou souvenir, amour ou haine, timidité ou audace, tristesse ou joie, etc. Monde du corps : plaisir ou douleur, agilité ou infirmité, santé ou maladie, vie ou mort, et ainsi de suite... Monde extérieur : fécondité ou stérilité, richesse ou pauvreté, célébrité, ou obscurité, etc... De ces contraires, les hommes appellent l'un un bien, l'autre un mal; mais de soi, ils n'ont rien de mauvais; c'est l'usage qu'on en fait qui les rend à proprement parler soit mauvais, soit bons.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
1. L'usage raisonnable des objets et de leurs représentations a pour fruits la chasteté, la chasteté et la connaissance; l'usage déraisonnable, la débauche, la haine et l'ignorance.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
3. C'est dans la mesure où nous usons mai des puissances de notre âme : concupiscible, irascible eu raisonnable, que les vices s'installent en elles, dans la partie raisonnable, l'ignorance et la sottise; dans l'irascible et la concupiscible, la haine et la débauche. Leur bon usage au contraire produit connaissance et prudence, amour et chasteté. Par conséquent, rien n'est mauvais parmi les créatures de Dieu.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
6. Certaines passions ont pour fruit la débauchée d'autres la haine; d'autres, les deux à la fois.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
42. Autre chose est un objet, autre chose une représentation, autre chose une passion. Ainsi, un homme, une femme, de l'argent, voilà des objets; le simple souvenir de ces objets, voilà une représentation, une affection déraisonnable ou une haine aveugle pour ces mêmes objets, voilà une passion. Or, la lutte que mène le moine est dirigée contre la passion.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
15. Les motivements de I'âme sont raisonnables quand sa partie concupiscible est commandée par la tempérance; quand sa partie irascible se fixe dans l'amour, en s'écartant de la haine; quand sa partie raisonnable demeure auprès de Dieu par la prière et la contemplation spirituelle.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
22. Ton frère a été pour toi occasion d'épreuve, et la tristesse t'a conduit à la haine ? Ne te laisse pas vaincre par la haine, mais triomphe de la haine par l'amour. Et voici comment : en priant Dieu sincèrement pour lui, en acceptant qu'on l'excuse, ou en te faisant toi-même son défenseur; en prenant sur toi la responsabilité de ton épreuve et en la supportant avec courage jusqu'à ce que le nuage soit dissipé.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
22. Ton frère a été pour toi occasion d'épreuve, et la tristesse t'a conduit à la haine ? Ne te laisse pas vaincre par la haine, mais triomphe de la haine par l'amour. Et voici comment : en priant Dieu sincèrement pour lui, en acceptant qu'on l'excuse, ou en te faisant toi-même son défenseur; en prenant sur toi la responsabilité de ton épreuve et en la supportant avec courage jusqu'à ce que le nuage soit dissipé.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
22. Ton frère a été pour toi occasion d'épreuve, et la tristesse t'a conduit à la haine ? Ne te laisse pas vaincre par la haine, mais triomphe de la haine par l'amour. Et voici comment : en priant Dieu sincèrement pour lui, en acceptant qu'on l'excuse, ou en te faisant toi-même son défenseur; en prenant sur toi la responsabilité de ton épreuve et en la supportant avec courage jusqu'à ce que le nuage soit dissipé.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
34. Garde-toi, à l'heure de la tranquillité, de te rappeler ce qu'a dit ton frère en un moment d'amertume, qu'il t'ait insulté en face ou ait dit de toi à un autre du mal qu'on t'a rapporté ensuite : en te laissant aller aux pensées de rancune, tu risquerais de tomber dans une haine funeste envers ton frère.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
35. Une âme raisonnable qui nourrit de la haine contre un homme ne peut être en paix avec Dieu, l'auteur des commandements. Si vous ne pardonnez aux hommes leurs fautes, dit-il, votre Père céleste non plus ne vous pardonnera pas vos fautes. (Mt 6,14). Si celui-là ne veut pas faire la paix, toi, du moins, garde-toi de le haïr et prie sincèrement pour lui, sans dire à personne du mal de lui.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
41. C'est le fait d'un homme encore épris de vaine gloire ou attaché à quelque objet matériel, que d'éprouver de l'amertume envers les hommes à cause de biens temporels, de leur garder rancune, d'avoir pour eux de la haine ou d'être l'esclave de pensées honteuses. Tous sentiments qu'ignore une âme qui aime Dieu.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
44. Veux-tu être juste ? Donne à chacune des deux parties dont tu es constitué - je veux dire ton âme et ton corps - ce qui lui convient. A la partie raisonnable de l'âme, les lectures et contemplations spirituelles et la prière; à l'irascible, l'amour spirituel, adversaire de la haine; à la concupiscible, la chasteté et la tempérance; à la chair, nourriture et vêtement, seuls indispensables.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
56. Tout le but des préceptes du Sauveur, c'est d'arracher l'esprit au désordre et à la haine, pour le mener a son amour et à celui du prochain. D'où jaillit comme un éclair l'acte de la sainte connaissance.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
73. Et voilà pourquoi il dit encore : Vendez ce que vous avez, donnez-le en aumône, el voici que tout sera pur pour vous, (Lc 12,33) s'adressant à ceux qui ne s'occupent plus de ce qui regarde le corps, mais dont l'effort tend à purifier l'esprit (que le Maître appelle le coeur) de la haine et du désordre. Car c'est cela qui, souillant le coeur, l'empêche de voir le Christ habitant en lui par la grâce du saint baptême.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
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HAÏR..............5
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50. Ne pas aimer quelqu'un, ce n'est pas pour autant le haïr; pas pus que ne pas le haïr, ce n'est pour autant l'aimer. On peut être à son égard comme entre deux : n'aimer ni ne haïr. Car l'amour habituel, il faut pour le produire une des cinq causes - bonnes, indifférentes, mauvaises - énumérées dans la présente centurie, sentence 9.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
50. Ne pas aimer quelqu'un, ce n'est pas pour autant le haïr; pas pus que ne pas le haïr, ce n'est pour autant l'aimer. On peut être à son égard comme entre deux : n'aimer ni ne haïr. Car l'amour habituel, il faut pour le produire une des cinq causes - bonnes, indifférentes, mauvaises - énumérées dans la présente centurie, sentence 9.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
50. Ne pas aimer quelqu'un, ce n'est pas pour autant le haïr; pas pus que ne pas le haïr, ce n'est pour autant l'aimer. On peut être à son égard comme entre deux : n'aimer ni ne haïr. Car l'amour habituel, il faut pour le produire une des cinq causes - bonnes, indifférentes, mauvaises - énumérées dans la présente centurie, sentence 9.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
35. Une âme raisonnable qui nourrit de la haine contre un homme ne peut être en paix avec Dieu, l'auteur des commandements. Si vous ne pardonnez aux hommes leurs fautes, dit-il, votre Père céleste non plus ne vous pardonnera pas vos fautes. (Mt 6,14). Si celui-là ne veut pas faire la paix, toi, du moins, garde-toi de le haïr et prie sincèrement pour lui, sans dire à personne du mal de lui.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
87. Les démons voient-ils que nous méprisons les choses du monde, crainte d'en venir, à cause d'elles, a haïr les hommes et à perdre la charité ? Ils provoquent contre nous des calomnies, pour que, vaincus par la tristesse, nous haïssions les calomniateurs.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
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HEUREUX...........6
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17. Heureux l'homme capable d'aimer tous les hommes également !
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
18. Heureux l'homme qui ne s'attache à aucun objet périssable et éphémère !
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
19. Heureux l'esprit qui a dépassé les créatures et jouit sans cesse de la beauté de Dieu !
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
47. Il y a dans le monde bien des pauvres d'esprit, mais non pas de ceux qu'il faudrait; bien des affligés, mais d'avoir perdu leur fortune ou leurs enfants; bien des doux, mais pour satisfaire des passions impures; bien des affamés ou altérés, mais du bien d'autrui et de profits injustes; bien des compatissants, mais pour leur corps et ce qui l'intéresse, des coeurs purs, mais par vanité; des pacifiques, mais parce qu'ils ont soumis l'âme à la chair; des persécutés sans nombre, mais pour leur indiscipline; beaucoup d'injuriés, mais à cause de péchés honteux. Ceux-là seulement sont heureux, qui agissent et endurent pour le Christ et d'après le Christ. Pourquoi ? Parce qu'à eux est le royaume des cieux, parce qu'ils verront Dieu, etc... Ce n'est donc pas parce qu'ils agissent ou endurent qu'ils sont heureux, mais parce qu'ils agissent ou endurent pour le Christ et à l'imitation du Christ.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
47. Il y a dans le monde bien des pauvres d'esprit, mais non pas de ceux qu'il faudrait; bien des affligés, mais d'avoir perdu leur fortune ou leurs enfants; bien des doux, mais pour satisfaire des passions impures; bien des affamés ou altérés, mais du bien d'autrui et de profits injustes; bien des compatissants, mais pour leur corps et ce qui l'intéresse, des coeurs purs, mais par vanité; des pacifiques, mais parce qu'ils ont soumis l'âme à la chair; des persécutés sans nombre, mais pour leur indiscipline; beaucoup d'injuriés, mais à cause de péchés honteux. Ceux-là seulement sont heureux, qui agissent et endurent pour le Christ et d'après le Christ. Pourquoi ? Parce qu'à eux est le royaume des cieux, parce qu'ils verront Dieu, etc... Ce n'est donc pas parce qu'ils agissent ou endurent qu'ils sont heureux, mais parce qu'ils agissent ou endurent pour le Christ et à l'imitation du Christ.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
72. C'est pourquoi le Sauveur a dit : Heureux les coeurs purs car ils verront Dieu. (Mt 5,8). Ils Le verront, Lui et les trésors qui sont en Lui, quand par la charité et la tempérance, ils se purifieront, et d'autant mieux que plus énergique sera leur effort de purification.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
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HOMME.............54
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Avec le Traité sur la vie ascétique, voici encore, Père Elpidios, un ouvrage sur l'amour que j'envoie à votre Honneur, en quatre centuries : autant que d'évangiles. Il ne répondra peut-être pas à votre attente, j'ai du moins fait tout ce que j'ai pu. Du reste, que votre Sainteté le sache, ce n'est pas un pur fruit de ma pensée : j'ai parcouru les oeuvres des saints pères, et recueilli des extraits qui ramènent l'esprit à mon sujet. Souvent, j'ai résumé en sentences brèves de longs développements, pour que, plus faciles à retenir, ils puissent être embrassés dun seul coup d'oeil. J'envoie ce livre à votre Sainteté, en lui demandant de le lire avec bienveillance, sans chercher autre chose que le profit, d'oublier l'inélégance de mon style et de prier pour le pauvre homme que je suis, si dépourvu d'utilité spirituelle. Je vous prie, en outre, de ne pas croire que j'ai écrit cela pour vous rompre la tête : je n'ai fait qu'exécuter un ordre. (Si je vous parle ainsi, c'est qu'aujourd'hui nous sommes nombreux à nous rompre la tête à force de théorie. Mais à instruire les autres et à nous instruire nous-mêmes par la pratique, fort rares.) Au contraire, appliquez-vous de toutes vos forces à chacun des sentences. Car elle ne sons pas toutes, je crois, faciles à saisir pour tous; mais la plupart ont bien souvent besoin d'une, longue explication, même si l'expression paraît fort simple. Peut-être aussi vous révéleront-elles quelque secret utilité pour l'âme. Mais ce sera entièrement l'effet de la grâce de Dieu et d'une lecture pure de toute curiosité, pleine de crainte de Dieu et d'amour. Mais pour qui ne recherche pas l'utilité spirituelle, et qui au lieu de s'y efforcer comme je viens de dire ou d'une manière analogue, épluche les phrases dans le but de critiquer l'auteur et, par orgueil, d'établir une comparaison flatteuse pour son propre savoir, rien d'utile ne se manifestera jamais nulle part.
| Centuries sur la Charité PROLOGUE |
5. Si tout être n'a l'existence que par Dieu et pour Dieu, et si Dieu est au-dessus de ses créatures, l'homme, qui abandonne Dieu, l'être incomparablement meilleur, pour s'attacher à des objets de moindre valeur, montre qu'il préfère à Dieu ses créatures.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
12. Quand par l'amour, la connaissance de Dieu ravit l'esprit, et que, échappé d'entre les créatures, cet esprit perçoit l'Infinité divine, alors, comme le divin Isaïe, frappé de stupeur, il prend conscience de sa propre bassesse et répète avec conviction les paroles du prophète : Malheur à moi ! Je suis perdu ! Car je suis un homme aux lèvres souillées, j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres souillées et j'ai vu de mes yeux le Roi Seigneur des armées !
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
13. Qui aime Dieu ne peut pas ne pas aimer aussi chaque homme comme soi-même, tout choqué qu'il puisse être par les passions de ceux qui ne sont pas encore purifiés. Aussi bien,à les voir se convertir et réformer leur vie, il sent déborder en son âme une joie indicible.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
15. Qui constate en son coeur une trace d'inimitié envers quelqu'un, pour une offense quelconque, est complètement étranger à l'amour de Dieu. Amour pour Dieu et haine pour un homme sont de tout point incompatibles.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
17. Heureux l'homme capable d'aimer tous les hommes également !
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
18. Heureux l'homme qui ne s'attache à aucun objet périssable et éphémère !
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
24. Celui qui, en faisant l'aumône, veut imiter Dieu, ne met aucune différence entre bon et méchant, honnête ou malhonnête homme, dès lors qu'ils sont dans la nécessité. À tous il donne de même, à chacun selon ses besoins, tout en préférant pour sa bonne volonté le bon au méchant.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
25. Dieu, par nature bon et sans passion, aime également tous les hommes, oeuvres de ses Mains, mais glorifie le juste, parce qu'il lui est intimement uni par la volonté, et dans sa bonté a pitié du pécheur, l'instruisant en cette vie pour le convertir. Ainsi l'homme bon et sans passion par volonté aime également tous les hommes, les justes pour leur nature et leur volonté bonne, les pécheurs, pour leur nature et par cette pitié, compatissante qu'on a pour un fou qui s'en va dans la nuit.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
76. L'humilité et la souffrance, délivrent l'homme de tout péché, en supprimant, la première les passions de l'âme, l'autre celles du corps. C'est, semble-t-il, l'exemple que nous donne le bienheureux David, quand il dit dans sa prière : Vois ma misère et ma peine et enlève tous mes péchés. (Ps 24,18).
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
1. Qui aime sincèrement Dieu prie aussi absolument sans distraction, et qui prie absolument sans distraction aime aussi sincèrement Dieu. Or, il ne prie pas sans distractions, l'homme qui garde son esprit rivé, à quelque objet terrestre. Donc celui-là n'aime pas Dieu qui garde son esprit attaché à quelque objet terrestre.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
9. Voici les cinq motifs, louables ou non, pour lesquels un homme, peut aimer un autre homme : 1) pour l'amour de Dieu : ainsi le juste qui aime tout le monde, ou l'homme qui, sans être encore juste lui-même, aime les justes; 2) par un instinct naturel, comme les parents aiment leurs enfants, et réciproquement; 3) par vanité celui qui reçoit des louanges aime celui qui les donne; 4) par cupidité : on aime le riche dont on reçoit de l'argent; 5) par amour du plaisir : cas de ceux qui ne pensent que bonne chère et plaisir sexuel. Le premier motif est bon, le second indifférent, les autres viciés par la passion.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
9. Voici les cinq motifs, louables ou non, pour lesquels un homme, peut aimer un autre homme : 1) pour l'amour de Dieu : ainsi le juste qui aime tout le monde, ou l'homme qui, sans être encore juste lui-même, aime les justes; 2) par un instinct naturel, comme les parents aiment leurs enfants, et réciproquement; 3) par vanité celui qui reçoit des louanges aime celui qui les donne; 4) par cupidité : on aime le riche dont on reçoit de l'argent; 5) par amour du plaisir : cas de ceux qui ne pensent que bonne chère et plaisir sexuel. Le premier motif est bon, le second indifférent, les autres viciés par la passion.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
9. Voici les cinq motifs, louables ou non, pour lesquels un homme, peut aimer un autre homme : 1) pour l'amour de Dieu : ainsi le juste qui aime tout le monde, ou l'homme qui, sans être encore juste lui-même, aime les justes; 2) par un instinct naturel, comme les parents aiment leurs enfants, et réciproquement; 3) par vanité celui qui reçoit des louanges aime celui qui les donne; 4) par cupidité : on aime le riche dont on reçoit de l'argent; 5) par amour du plaisir : cas de ceux qui ne pensent que bonne chère et plaisir sexuel. Le premier motif est bon, le second indifférent, les autres viciés par la passion.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
14. L'esprit commence-t-il à progresser dans l'amour de Dieu ? Le démon va chercher à le pousser au blasphème, lui suggérant des pensées qu'un homme ne saurait trouver par lui-même, et qui ne peuvent venir que du diable, leur père. S'il en use ainsi, c'est que, jaloux de l'ami de Dieu, il veut qu'à la vue de telles pensées, il se désespère et n'ose plus, par sa prière accoutumée, s'envoler vers Dieu. Mais le destructeur n'en tire aucun avantage pour le but qu'il se propose : au contraire, il nous affermit davantage. Car après attaques et contre-attaques, nous retrouvons notre amour pour Dieu plus sûr, plus sincère. Que son épée lui perce le coeur, et que ses flèches se brisent !
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
28. Puissant, l'homme qui jouit à l'action la connaissance; par la première, il réfrène la convoitise et apaise la colère, par la seconde, il donne à son esprit des ailes et émigre vers Dieu.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
29. Par ces paroles : Mon Père et Moi nous sommes un, le Seigneur désigne l'identité de l'Essence. Par celles-ci : Je suis en mon Père et mon Père est en Moi, il déclare que les Personnes sont inséparables. Les Trithéites, qui séparent Fils et Père, se jettent donc dans une impasse. Car de deux choses l'une : s'ils maintiennent que le Fils est coéternel au Père, tout en les séparant l'un de l'autre, force, leur est de nier que le Fils soit engendré par le Père, et donc de poser trois dieux, trois principes. Si au contraire ils affirment la génération, tout en maintenant la séparation, force leur est de nier que le Fils soit coéternel au Père, et de soumettre au temps le Maître du temps. Conclus : avec l'illustre Grégoire, maintenons l'Unité de Dieu en professant la Trinité des personnes, chacun avec ses traits distinctifs, car elles sont, réalités distinctes, mais indivisible unité; elles sont et sous le même rapport, a la fois Unité et Diversité. De sorte, que chaque aspect, tant unité que diversité, reste incompréhensible. Sans quoi, où serait le mystère, si le Fils et le Père étaient unis et distincts comme un homme et un autre homme, sans plus ?
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
29. Par ces paroles : Mon Père et Moi nous sommes un, le Seigneur désigne l'identité de l'Essence. Par celles-ci : Je suis en mon Père et mon Père est en Moi, il déclare que les Personnes sont inséparables. Les Trithéites, qui séparent Fils et Père, se jettent donc dans une impasse. Car de deux choses l'une : s'ils maintiennent que le Fils est coéternel au Père, tout en les séparant l'un de l'autre, force, leur est de nier que le Fils soit engendré par le Père, et donc de poser trois dieux, trois principes. Si au contraire ils affirment la génération, tout en maintenant la séparation, force leur est de nier que le Fils soit coéternel au Père, et de soumettre au temps le Maître du temps. Conclus : avec l'illustre Grégoire, maintenons l'Unité de Dieu en professant la Trinité des personnes, chacun avec ses traits distinctifs, car elles sont, réalités distinctes, mais indivisible unité; elles sont et sous le même rapport, a la fois Unité et Diversité. De sorte, que chaque aspect, tant unité que diversité, reste incompréhensible. Sans quoi, où serait le mystère, si le Fils et le Père étaient unis et distincts comme un homme et un autre homme, sans plus ?
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
30. Celui qui, parvenu au sommet de la liberté intérieure, possède la charité parfaite, ne fait plus de différence entre soi et autrui, esclave et homme libre, homme et femme. Franchie la zone où règnent les passions, il ne voit plus dans les hommes que leur unique nature : tous, il les voit de niveau, pour tous il se sent le même coeur. Plus de Juif alors, ni de Grec, plus d'homme ni de femme, plus d'esclave ni d'homme libre : le Christ est tout en tous. (Gal 3,28)
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
30. Celui qui, parvenu au sommet de la liberté intérieure, possède la charité parfaite, ne fait plus de différence entre soi et autrui, esclave et homme libre, homme et femme. Franchie la zone où règnent les passions, il ne voit plus dans les hommes que leur unique nature : tous, il les voit de niveau, pour tous il se sent le même coeur. Plus de Juif alors, ni de Grec, plus d'homme ni de femme, plus d'esclave ni d'homme libre : le Christ est tout en tous. (Gal 3,28)
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30. Celui qui, parvenu au sommet de la liberté intérieure, possède la charité parfaite, ne fait plus de différence entre soi et autrui, esclave et homme libre, homme et femme. Franchie la zone où règnent les passions, il ne voit plus dans les hommes que leur unique nature : tous, il les voit de niveau, pour tous il se sent le même coeur. Plus de Juif alors, ni de Grec, plus d'homme ni de femme, plus d'esclave ni d'homme libre : le Christ est tout en tous. (Gal 3,28)
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30. Celui qui, parvenu au sommet de la liberté intérieure, possède la charité parfaite, ne fait plus de différence entre soi et autrui, esclave et homme libre, homme et femme. Franchie la zone où règnent les passions, il ne voit plus dans les hommes que leur unique nature : tous, il les voit de niveau, pour tous il se sent le même coeur. Plus de Juif alors, ni de Grec, plus d'homme ni de femme, plus d'esclave ni d'homme libre : le Christ est tout en tous. (Gal 3,28)
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32. Trois forces nous meuvent au bien : les tendances profondes de la nature, les bons anges, la volonté bonne. Le fonds de la nature, quand nous faisons à autrui ce que nous voudrions qu'on nous fît, ou que, voyant un homme dans une situation critique, nous éprouvons pour lui une pitié naturelle; les bons anges, quand, prêts à une bonne action, nous sentons leur concours favorable et cheminons sans difficulté; la volonté bonne quand, discernant le bien et le mal, nous choisissons délibérément le bien.
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33. Inversement, trois forces nous poussent au mal : les passions, les démons, la volonté mauvaise. Les passions, quand nous sentons une convoitise déraisonnable : manger à contretemps, sans nécessité , jouir d'une femme, surtout si ce n'est pas la nôtre, en refusant de procréer des enfants; quand nous nous mettons en colère, que nous nous laissons aller outre mesure à l'amertume, contre un homme, par exemple, qui nous a manqué d'égards ou fait du tort; les démons, quand par exemple, à un moment de négligence, nous sommes tout d'un coup violemment assaillis comme par un adversaire à l'affût, qui bouleverse les passions dont nous venons de parler; la volonté mauvaise, quand, sachant où est le bien, nous choisissons le mal.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
46. L'homme avisé, voyant dans les décrets divins la guérison, reçoit avec reconnaissance les malheurs qu'ils lui apportent : ils n'ont pas d'autre cause, se dit-il, que ses péchés à lui. Mais l'insensé qui ne sait rien de la très sage Providence de Dieu, lorsqu'il est puni pour ses péchés, s'en prend à Dieu ou à son prochain des maux qu'il endure.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
48. Chez l'homme dont l'esprit est tout entier tourné vers Dieu, même la convoitise donne des forces à l'amour brûlant pour Dieu, même la puissance irascible se porte d'une pièce vers la charité divine. C'est qu'a la longue, la participation a l'illumination divine l'a rendu lumineux lui-même et concentrant en soi toute la force de ses puissances inférieures, il l'a tournée vers un amour brûlant, insatiable, comme je viens de le dire, et une charité sans limite pour Dieu, la convertissant totalement du terrestre au divin.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
55. L'éleveur, au sens spirituel, c'est l'homme d'action. Les vertus morales acquises, en effet, sont figurées par les bestiaux, et c'est pourquoi Jacob disait : Tes enfants seront des élévateurs. Le berger, c'est le gnostique. Car les pensées sont des moutons, gardés par l'esprit sur les montagnes de la contemplation; et c'est pourquoi tous les bergers sont objet d'horreur pour les Égyptiens, (Gen 47,5) autrement dit les puissances ennemie.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
68. L'esprit, chez un affamé, se représente du pain; chez un homme qui a soif, de l'eau; chez un gourmand, des plats de toute sorte; chez un voluptueux, de belles femmes; chez un vaniteux, des compliments; chez un avare, des bénéfices; chez un rancunier, une bonne vengeance contre l'offenseur; chez un envieux, le malheur de celui qu'il envie.., et ainsi de toutes les passions car l'esprit tourmenté de passion accueille les pensées passionnées, qu'il veille ou qu'il rêve.
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77. La connaissance est un bien par nature. De même la santé. Pourtant, leurs contraires se sont, la plupart du temps, montré plus utiles qu'elles. C'est que dans un sujet dépravé la connaissance n'entraîne pas le bien, quoique, je le répète, elle soit par nature un bien. Et pas davantage la santé, la fortune, la joie. Un tel homme, en effet, ne sait pas s'en servir. Le contraire lui est plus utile. Aussi bien, ces contraires ne sont pas en soi mauvais, malgré l'apparence.
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79. L'image de l'homme terrestre, ce sont les vices fondamentaux, comme la sottise, la lâcheté, l'intempérance, l'injustice. L'image de l'homme céleste, ce sont les vertus fondamentales, comme la prudence, la force, la tempérance, la justice. Mais tout comme nous avons porté l'image du terrestre, nous porterons aussi l'image du céleste. (1 Cor 15,49).
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79. L'image de l'homme terrestre, ce sont les vices fondamentaux, comme la sottise, la lâcheté, l'intempérance, l'injustice. L'image de l'homme céleste, ce sont les vertus fondamentales, comme la prudence, la force, la tempérance, la justice. Mais tout comme nous avons porté l'image du terrestre, nous porterons aussi l'image du céleste. (1 Cor 15,49).
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93. La mort, c'est à proprement parler la séparation d'avec Dieu; l'aiguillon de la mort, c'est le péché. Adam y consentit, d'où son exil loin de l'arbre de vie, du paradis de Dieu, tout à la fois; et, conséquence nécessaire, la mort du corps. La vie, au vrai sens du mot, c'est Celui qui a dit : C'est moi la vie, Celui qui par sa mort ramène à la vie l'homme qui était mort.
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97. Un esprit purifié voit les choses en leur rectitude; une parole exercée les exprime clairement, une oreille fine les perçoit bien. Mais l'homme dépourvu de ces qualités s'en prend à celui qui a parlé.
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98. Est avec Dieu l'homme qui apprend à connaître la sainte Trinité, ses oeuvres, sa Providence, et qui au fond de son âme tient ses passions dans le calme complet.
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18. Le voluptueux aime l'argent pour le faire servir à ses jouissances, le vaniteux, pour acquérir par lui la gloire, l'homme de peu de foi, pour le cacher et le garder par peur de la disette, de la vieillesse, de la maladie, de l'exil. Et il espère plus en son argent qu'en Dieu créateur de l'univers, dont la Providence s'étend jusqu'au dernier et au plus infime des vivants.
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20. En général, les pensées passionnées tantôt excitent dans l'âme la partie concupiscible, tantôt bouleversent l'irascible, tantôt obscurcissent la raisonnable. Le résultat, c'est l'aveuglement de l'esprit pour la contemplation spirituelle et pour l'envol de la prière. C'est pourquoi le moine, et particulièrement le solitaire, doit surveiller exactement ses pensées pour en reconnaître et supprimer les causes. Et voici comment les reconnaître : quand des images de femmes, auxquelles se mêle la passion, excitent la puissance concupiscible, la cause en est l'intempérance dans le boire et le manger, jointe à de fréquents entretiens, que rien ne justifie, avec des femmes; la suppression de ces causes s'obtient par la faim, la soif, les veilles et la solitude. Quand la puissance irascible, à son tour, se trouble au souvenir passionné d'offenses reçues, la cause en est l'amour du plaisir, la vanité, l'attachement, aux objets matériels. (Car ce qui afflige l'homme qui n'a pas la liberté intérieure, c'est d'en être privé ou de ne pouvoir les atteindre.) La suppression de ces causes s'obtient par le mépris - un mépris absolu - de ces bagatelles, par amour pour Dieu.
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42. Autre chose est un objet, autre chose une représentation, autre chose une passion. Ainsi, un homme, une femme, de l'argent, voilà des objets; le simple souvenir de ces objets, voilà une représentation, une affection déraisonnable ou une haine aveugle pour ces mêmes objets, voilà une passion. Or, la lutte que mène le moine est dirigée contre la passion.
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55. Qui se montre curieux des péchés d'autrui ou, sur un simple soupçon, juge son frère, est encore bien éloigné de la pénitence et du souci de découvrir ses propres fautes, plus pesantes en vérité qu'une énorme masse de plomb. Il n'a pas compris ce qui fait l'homme au coeur lourd, épris de futilité, qui recherche le mensonge. Aussi, comme un fou qui va dans l'obscurité, sans s'occuper de ses péchés à lui, il se dépeint ceux des autres, vrais ou supposés d'après un indice quelconque.
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75. Qui recherche les vertus par vaine gloire, poursuit aussi, bien entendu, la connaissance par vaine gloire. Rien chez un tel homme, c'est trop clair, ni actes ni propos, ne vise à l'édification; toujours, qu'on le regarde ou l'écoute, il est à l'affût d'un compliment. Mais où sa passion fait ses preuves, c'est lorsque tel ou tel trouve à redire à ses actes ou à ses propos : alors le voilà tout triste, non de ce qu'il n'a pas édifié, (il n'en avait cure), mais de ce qu'on ne fait point de cas de sa personne.
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76. Indices certains de la passion d'avarice : recevoir avec joie, communiquer avec peine. Un tel homme ne peut faire un dispensateur.
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89. Tristesse el rancune vont de pair. Si donc l'esprit éprouve de la tristesse à se représenter le visage d'un frère, c'est la preuve qu'il a contre lui de la rancune. Les voies des rancuniers mènent à la mort, parce que tout homme qui garde de la rancune est injuste. (Pro 12,28).
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90. Ressens-tu de la rancune contre quelqu'un ? Prie pour lui, et tu briseras l'élan de la passion, la prière purifiant de toute amertume le souvenir du mal que t'a fait cet homme. Puis, parvenu à l'amour et à la bienveillance pour le prochain, tu élimineras de ton âme toute trace de passion. Si c'est un autre qui a contre toi de la rancune, fais-toi aimable et humble à son égard, traite-le bien, et tu le délivreras de sa passion.
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91. Quant à l'envieux, tu auras du mal à apaiser sa tristesse, car ce qu'il regarde comme son malheur, c'est cela même qu'il envie en toi; et pour l'apaiser, pas d'autre moyen que de dissimuler. Mais si ce qui l'afflige, est utile à beaucoup, quel parti prendre ? Évidemment, celui du grand nombre, sans négliger l'isolé, autant que faire se peut, ni se laisser rebuter par la malice de sa passion, car ce n'est pas à la passion, mais à l'homme passionné que tu viens en aide. A force d'humilité regarde-le comme supérieur à toi-même; de tout temps, en tout lieu, en toute affaire, donne-lui la préférence. Quant à ton envie à toi, le moyen de l'apaiser, c'est, voyant dans la joie celui que tu envies, de te réjouir avec lui et, le voyant peiné, de t'affliger avec lui, pour accomplir la parole, de l'Apôtre : Se réjouir avec ceux qui se réjouissent, pleurer avec ceux qui pleurent. (Rom 12,15).
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
99. L'esprit est parfait, quand grâce à une foi véritable, il possède dans la super-ignorance la super-connaissance du Super-inconnaissable; quand il saisit dans les créatures leurs raisons universelles; quand, sur l'action en elles de la providence et du jugement divins, il a reçu de Dieu la connaissance qui comprend tout en soi. Tout cela, bien entendu, autant qu'il est possible à l'homme.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
24. Homme persévérant, grande intelligence. (Pro 14,29). Car en tout ce qui arrive, il voit la fin et, dans l'attente de cette fin, supporte, les ennuis. Or, la fin, c'est la vie éternelle, selon le divin Apôtre; (Rom 6,22) et la vie éternelle, c'est qu'ils Te connaisse, Toi le seul Dieu véritable, et Celui que Tu as envoyé, Jésus Christ. (Jn 17,3).
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35. Une âme raisonnable qui nourrit de la haine contre un homme ne peut être en paix avec Dieu, l'auteur des commandements. Si vous ne pardonnez aux hommes leurs fautes, dit-il, votre Père céleste non plus ne vous pardonnera pas vos fautes. (Mt 6,14). Si celui-là ne veut pas faire la paix, toi, du moins, garde-toi de le haïr et prie sincèrement pour lui, sans dire à personne du mal de lui.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
41. C'est le fait d'un homme encore épris de vaine gloire ou attaché à quelque objet matériel, que d'éprouver de l'amertume envers les hommes à cause de biens temporels, de leur garder rancune, d'avoir pour eux de la haine ou d'être l'esclave de pensées honteuses. Tous sentiments qu'ignore une âme qui aime Dieu.
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62. Si, jugé digne de la connaissance, on garde contre un homme de l'amertume ou de la rancune, on de l'aversion, c'est comme si l'on se blessait les veux aux buissons et aux ronces. C'est pourquoi la connaissance a besoin nécessairement de l'amour.
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78. Dieu, qui t'a promis les biens éternels et a mis dans ton coeur le gage de l'Esprit saint, t'a prescrit de veiller sur ta conduite, pour que l'homme intérieur, une fois libéré des passions, commence dès lors à jouir de ces biens.
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82. Fais tout ton possible pour aimer tout homme. Si tu n'en es pas encore capable, du moins ne hais personne. Mais de ceci même tu n'es pas capable, si tu ne méprises les choses du monde.
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83. Un tel a calomnié. Ne va pas le détester, Iui, mais sa calomnie, et le diable qui l'a porté à calomnier. Si tu détestes le calomniateur, tu détestes un homme, tu violes le commandement : ce qu'il a fait, lui, en paroles, tu le fais en action. Mais si tu gardes le commandement, remplis le devoir de la charité : aide-le, autant que tu le peux, pour le délivrer du mal.
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84. Le Christ ne veut pas que tu gardes contre un homme aversion, amertume, colère ou rancune : jamais, en aucune façon, pour aucun motif temporel. Voilà ce qu'à chaque page proclament les quatre évangiles.
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95. Il faut aimer tout homme de toute son âme, en Dieu seul placer son espérance, et L'honorer de toute sa force. Tant qu'il nous garde, en effet, tous les amis nous entourent d'égards et tous les ennemis ne peuvent rien contre nous. Mais qu'il nous délaisse, tous les amis nous tournent le dos, et tous les ennemis reprennent vigueur contre nous.
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96. Il y a quatre principales sortes de déréliction divine : la première, qui est dans le plan rédempteur, comme celle dont le Seigneur a été l'objet, cette déréliction apparente a pour but le salut de ceux qu'elle atteint. La seconde est une épreuve, comme ce fut le cas de Job et de Joseph; elle eut pour résultat de relever, dans le premier, un héros de courage, dans le second, une colonne de chasteté. La troisième vise à la formation spirituelle, comme par exemple celle de l'Apôtre, dont l'effet fut de lui conserver, en l'humiliant, ses grâces immenses. La quatrième, par aversion; c'est le cas des juifs, que le châtiment devait courber sous le repentir. Tous salutaires sont, ces quatre modes de déréliction, et pleins de la bonté de Dieu et de son Amour pour l'homme.
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