GARDE.............17
1. L'amour est une disposition bonne de l'âme, qui lui fait préférer à tout la connaissance de Dieu. Quant à parvenir à la possession habituelle de cette charité, c'est chose impossible, tant qu'on garde une attache à quelque, objet terrestre.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
20. Celui qui prenant soin de sa chair, en excite les convoitises et qui, pour des biens d'un instant, garde rancune à son prochain, voilà celui qui adore la créature de préférence au Créateur. (Rom 13,14;1,15).
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
21. Qui garde son corps à l'abri du plaisir comme de la maladie s'en fait un auxiliaire au service des biens supérieurs.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
29. Si quelqu'un t'a outragé, ou marqué quelque mépris, prends garde aux calculs de la colère, de peur que, à la faveur de ton amertume, ils ne te séparent de l'amour pour t'établir dans les régions de la haine.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
51. L'insensé, jouet de ses passions, quand sa colère en mouvement le bouleverse, suit aveuglément l'impulsion de fuir ses frères ; au contraire, quand sa convoitise ranime son ardeur, il change du tout au tout et court à eux, plein de prévenances. La conduite du sage, dans la même alternative est tout è l'oppose : du côté colère, il a supprimé toute cause de trouble et se garde de toute amertume contre ses frères; du côté convoitise, il maîtrise tout élan irraisonné qui le porte vers eux.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
80. Sur la parole : Apprenez de Moi que doux el humble de coeur, (Mt 11,29) etc. » La douceur garde à l'abri du trouble la partie irascible de l'âme, l'humilité libère l'esprit de l'orgueil et de la vaine gloire.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
82. La première sorte de crainte, l'amour parfait la chasse de l'âme qui, la possédant, ne craint plus le châtiment; mais la seconde, comme je viens de le dire, se joint à elle et la garde toujours. À la première s'appliquent les textes : La crainte du Seigneur détourne toujours du mal. La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse. (Pro 15,27) Et à la seconde : La crainte du Seigneur est pure et demeure à jamais. Rien ne manque à ceux qui le craignent. (Pro 1,7)
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
1. Qui aime sincèrement Dieu prie aussi absolument sans distraction, et qui prie absolument sans distraction aime aussi sincèrement Dieu. Or, il ne prie pas sans distractions, l'homme qui garde son esprit rivé, à quelque objet terrestre. Donc celui-là n'aime pas Dieu qui garde son esprit attaché à quelque objet terrestre.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
1. Qui aime sincèrement Dieu prie aussi absolument sans distraction, et qui prie absolument sans distraction aime aussi sincèrement Dieu. Or, il ne prie pas sans distractions, l'homme qui garde son esprit rivé, à quelque objet terrestre. Donc celui-là n'aime pas Dieu qui garde son esprit attaché à quelque objet terrestre.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
56. Dépravé, l'esprit suit le corps que ses sens entraînent sur la pente de ses convoitises et de ses plaisirs propres; et il consent à ses imaginations et impulsions. Vertueux, il garde la tempérance, résiste aux imaginations et, impulsions passionnées; bien plus, il s'efforce de tourner au bien les motivements de ce genre qu'il éprouve.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
25. En amenant à l'existence la nature raisonnable et spirituelle, Dieu, par une suprême bonté, lui a communiqué, quatre des propriétés divines par les quelles Il maintient, garde et conserve les êtres : l'être et le toujours être, la bonté et la sagesse. De ces dons, les deux premiers ont été attribués à l'essence elle-même; les deux autres, bonté et sagesse, à la volonté, afin que, ce qu'll est Lui-même par essence, sa créature le devînt par participation. C'est pourquoi cette créature est, dit-on, faite à l'image et à la ressemblance de Dieu : à l'image, d'abord, comme étant, de Celui qui est, comme étant toujours, de Celui qui est, toujours, car, si elle n'est pas sans commencement, du moins elle est sans fin. A la ressemblance ensuite, comme étant bonne, de Celui qui est bon, comme étant sage,de Celui qui est sage, ressemblant ainsi, par grâce, à Celui qui est bon et sage par nature. Ainsi toute nature raisonnable est à l'image de Dieu; mais à sa Ressemblance, seuls le sont les bons et les sages.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
89. Tristesse el rancune vont de pair. Si donc l'esprit éprouve de la tristesse à se représenter le visage d'un frère, c'est la preuve qu'il a contre lui de la rancune. Les voies des rancuniers mènent à la mort, parce que tout homme qui garde de la rancune est injuste. (Pro 12,28).
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
62. Si, jugé digne de la connaissance, on garde contre un homme de l'amertume ou de la rancune, on de l'aversion, c'est comme si l'on se blessait les veux aux buissons et aux ronces. C'est pourquoi la connaissance a besoin nécessairement de l'amour.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
65. Celui qui ne sait pas marcher dans la voie, spirituelle, au lieu de prendre garde aux représentations passionnées, concentre tous ses efforts sur la chair et ainsi, ou bien se montre gourmand, libre de moeurs, triste et colère, rancunier, et s'obscurcit ainsi l'esprit; ou bien il exagère l'entraînement du corps et se trouble la pensée.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
68. Qui garde le célibat ou la virginité doit nécessairement avoir les reins ceints el la lampe allumée, les reins par la mortification, la lampe par l'oraison, la contemplation, l'amour spirituel.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
69. Certains frères se croient exclus des grâces du saint Esprit. C'est qu'ils ignorent, à cause de leur négligence à pratiquer les commandements, que quiconque garde très pure la foi au Christ, possède en soi, en bloc, tous les dons divins. Notre paresse nous tenant éloignés de l'amour effectif pour Lui, qui nous manifeste les trésors divins cachés en nous, il est normal que nous nous croyions exclus des dons divins.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
95. Il faut aimer tout homme de toute son âme, en Dieu seul placer son espérance, et L'honorer de toute sa force. Tant qu'il nous garde, en effet, tous les amis nous entourent d'égards et tous les ennemis ne peuvent rien contre nous. Mais qu'il nous délaisse, tous les amis nous tournent le dos, et tous les ennemis reprennent vigueur contre nous.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
 
 GARDE-TOI.........14
49. Garde-toi de souiller ton esprit en accueillant les pensées de convoitise et de colère. Sinon, de l'oraison pure, tu tomberas dans la paresse spirituelle.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
59. Ne souffre pas qu'on insulte ton père, et garde-toi d'encourager celui qui lui manque de respect, sous peine d'attirer la colère du Seigneur sur tes oeuvres, et d'être exclu de la terre des vivants.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
68. Garde-toi d'offenser aucun de tes frères. Car peut-être, incapable de supporter la peine, il s'en ira. Et tu n'échapperais plus alors aux reproches de ta conscience, qui toujours, au moment de l'oraison, t'apporteraient la tristesse, interdisant à ton esprit tout commerce familier avec Dieu.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
69. Garde-toi d'accueillir soupçons ou personnes qui tendraient à te scandaliser au sujet de tel ou tel. Car ceux qui, de quelque façon que ce, soit, se font un scandale des événements, voulus ou non,ne connaissent pas la paix, cette route qui par l'amour mène à la connaissance de Dieu ceux qui en sont épris.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
78. Garde-toi d'abuser de tes pensées, sinon tu en viendras fatalement à abuser aussi des choses : on ne pécherait jamais en action, si on ne péchait d'abord en pensée.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
80. Garde-toi de faire fi de ta conscience, qui toujours t'invite au mieux, elle te suggère les conseils de Dieu et des anges, elle te purifie des souillures cachées de ton coeur et, à l'heure du départ, te confère la familiarité divine.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
20. Garde-toi de mépriser le commandement de la charité, car il fera de toi un fils de Dieu; mais si tu le violes, tu deviendras fils de la géhenne.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
25. Garde-toi de prendre à la légère la perte de l'amour spirituel, car pour les hommes il n'est pas d'autre voie de salut.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
27. Garde-toi, alors qu'hier tu louais la bonté et proclamais la vertu d'un tel, de le décrier aujourd'hui comme méchant et pervers, parce qu'en toi l'affection s'est changée en aversion. Ne cherche pas, en blâmant ton frère, à légitimer ton aversion mauvaise, mais persiste à le louer fidèlement, même si la tristesse t'accable, et tu reviendras vite à la salutaire charité.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
28. Garde-toi, si ton frère jouit ordinairement d'une bonne réputation, de la compromettre, dans l'assemblée des autres frères, en glissant inconsciemment dans tes propos un blâme contre lui; et cela, à cause d'une rancoeur secrète à son égard, qui dure encore en toi. Au contraire, dans la communauté, fais sans réserve son éloge, prie sincèrement pour lui comme pour toi-même, et bien vite tu seras délivré de cette aversion fatale.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
34. Garde-toi, à l'heure de la tranquillité, de te rappeler ce qu'a dit ton frère en un moment d'amertume, qu'il t'ait insulté en face ou ait dit de toi à un autre du mal qu'on t'a rapporté ensuite : en te laissant aller aux pensées de rancune, tu risquerais de tomber dans une haine funeste envers ton frère.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
35. Une âme raisonnable qui nourrit de la haine contre un homme ne peut être en paix avec Dieu, l'auteur des commandements. Si vous ne pardonnez aux hommes leurs fautes, dit-il, votre Père céleste non plus ne vous pardonnera pas vos fautes. (Mt 6,14). Si celui-là ne veut pas faire la paix, toi, du moins, garde-toi de le haïr et prie sincèrement pour lui, sans dire à personne du mal de lui.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
54. Ne t'imagine pas avoir la parfaite liberté intérieure, tant que l'objet n'est pas là. Lorsqu'il paraît, si tu restes sans t'émouvoir, pour lui d'abord, et pour son souvenir ensuite, sache alors que tu as atteint ses frontières. Toutefois, même en ce cas, garde-toi des sentiments de mépris : car la vertu, si elle dure, tue les passions; mais, négligée, elle les réveille.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
57. Si tu as reçu de Dieu une grâce de connaissance, bien que partielle, garde-toi de négliger la charité et la tempérance, car ce sont elles qui, en purifiant à fond les puissances pathétiques de l'âme, te fraient sans cesse le chemin de la connaissance.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
 
 GARDER............16
23. Qui aime Dieu aime aussi son prochain sans réserve. Bien incapable de garder ses richesses, il les dispense comme Dieu, fournissant à chacun ce dont il a besoin.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
53. Si tu veux garder l'amour telle que Dieu l'a réglée, ne laisse pas ton frère se coucher avec un sentiment d'amertume envers toi et, de ton côté, ne te couche pas avec un sentiment d'amertume à son égard, mais va te réconcilier avec ton frère, et tu viendras offrir au Christ, avec une conscience pure et dans une oraison fervente, le don de l'amour.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
56. La plénitude de la loi, c'est l'amour. Aussi garder rancune à son frère, lui dresser des embûches, lui souhaiter du mal et se réjouir de sa chute, n'est-ce pas nécessairement aller contre la loi et mériter le châtiment éternel ?
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
91. N'être plus attaché aux objets, c'est bien; mais garder sa liberté, intérieure devant leurs images, c'est beaucoup mieux. Aussi bien les démons nous font par nos pensées une guerre bien plus dure que par les objets mêmes.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
11. Détourne-toi du mal, et fais le bien. Autrement dit : combats tes ennemis, les passions, pour les affaiblir; puis pratique la tempérance, de peur qu'elles ne reprennent force. Ou bien : Lutte pour acquérir les vertus, puis sois tempérant afin de les garder. Voilà sans doute ce que c'est qu'agir et veiller.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
49. Ne garder ni envie, ni colère, ni rancune contre l'offenseur, ce n'est pas encore avoir pour lui l'amour. On peut, sans charité, aucune, éviter de rendre le mal pour le mal, parce que c'est la loi, mais on n'ira pas, spontanément, rendre le bien pour le mal, car cette disposition de faire du bien à ceux qui nous détestent est propre au parfait amour spirituel.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
86. Parmi les préceptes de la loi, il en est dont nous devons garder et la lettre et l'esprit, et d'autres, dont nous ne devons garder que l'esprit. Lettre et esprit : tu ne seras pas adultère, tu ne tueras pas, tu ne mentiras pas, et autres de ce genre (et l'observation spirituelle est triple). Esprit seulement : la circoncision, le repos du sabbat, l'immolation de l'agneau, le repas de pains azymes et d'herbes amères, et autres du même genre.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
86. Parmi les préceptes de la loi, il en est dont nous devons garder et la lettre et l'esprit, et d'autres, dont nous ne devons garder que l'esprit. Lettre et esprit : tu ne seras pas adultère, tu ne tueras pas, tu ne mentiras pas, et autres de ce genre (et l'observation spirituelle est triple). Esprit seulement : la circoncision, le repos du sabbat, l'immolation de l'agneau, le repas de pains azymes et d'herbes amères, et autres du même genre.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
87. On distingue trois étapes plus importantes du développement moral chez le moine : ne commettre aucun péché d'action; ne s'attarder jamais à une pensée, passionnée; garder la paix de l'âme en face des représentations impures ou souvenirs d'offenses reçues qui se présentent à la pensée.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
88. Le pauvre est celui qui a renoncé à tous ses biens pour ne garder sur terre absolument rien d'autre que son corps et qui, ayant brisé l'attachement même qu'on a pour ce corps, a confié à Dieu et aux hommes spirituels le gouvernement de sa personne.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
18. Le voluptueux aime l'argent pour le faire servir à ses jouissances, le vaniteux, pour acquérir par lui la gloire, l'homme de peu de foi, pour le cacher et le garder par peur de la disette, de la vieillesse, de la maladie, de l'exil. Et il espère plus en son argent qu'en Dieu créateur de l'univers, dont la Providence s'étend jusqu'au dernier et au plus infime des vivants.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
41. Toute la lutte que le moine mène contre les démons vise à séparer les passions des représentations : sinon, impossible de garder sa liberté intérieure à la vue des choses.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
95. Quant l'esprit a été jugé d'obtenir la connaissance, son devoir est de garder sans passion ses représentations des choses, sans erreur les objets de sa contemplation, et sans trouble son état de prière. Mais les préserver sans cesse des brusques révoltes de la chair, quand les ruses du démon l'aveuglent, il ne le peut.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
41. C'est le fait d'un homme encore épris de vaine gloire ou attaché à quelque objet matériel, que d'éprouver de l'amertume envers les hommes à cause de biens temporels, de leur garder rancune, d'avoir pour eux de la haine ou d'être l'esclave de pensées honteuses. Tous sentiments qu'ignore une âme qui aime Dieu.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
43. Dur combat que celui qui délivre de la vaine gloire. On s'en affranchit par la pratique cachée des vertus, et une oraison plus fréquente. Le signe de la délivrance, c'est de ne plus garder rancune à qui a dit ou dit du mal de vous.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
61. Il est en quelque sorte naturel que, surtout au début, la connaissance tire après soi la présomption et l'envie, la présomption à l'intérieur seulement, l'envie et a l'intérieur et à l'extérieur (à l'intérieur, contre ceux qui la possèdent, à l'extérieur, chez eux). La charité donc supprime ces trois défauts : la présomption, puisqu'elle n'enfle pas; l'envie intérieure, puisqu'elle n'est pas envieuse; l'envie à l'extérieur, puisqu'elle est patiente et bonne. Il est donce nécessaire à qui possède la connaissance d'avoir aussi l'amour afin de garder toujours son esprit sans blessure.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE