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FRUIT.............4
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Avec le Traité sur la vie ascétique, voici encore, Père Elpidios, un ouvrage sur l'amour que j'envoie à votre Honneur, en quatre centuries : autant que d'évangiles. Il ne répondra peut-être pas à votre attente, j'ai du moins fait tout ce que j'ai pu. Du reste, que votre Sainteté le sache, ce n'est pas un pur fruit de ma pensée : j'ai parcouru les oeuvres des saints pères, et recueilli des extraits qui ramènent l'esprit à mon sujet. Souvent, j'ai résumé en sentences brèves de longs développements, pour que, plus faciles à retenir, ils puissent être embrassés dun seul coup d'oeil. J'envoie ce livre à votre Sainteté, en lui demandant de le lire avec bienveillance, sans chercher autre chose que le profit, d'oublier l'inélégance de mon style et de prier pour le pauvre homme que je suis, si dépourvu d'utilité spirituelle. Je vous prie, en outre, de ne pas croire que j'ai écrit cela pour vous rompre la tête : je n'ai fait qu'exécuter un ordre. (Si je vous parle ainsi, c'est qu'aujourd'hui nous sommes nombreux à nous rompre la tête à force de théorie. Mais à instruire les autres et à nous instruire nous-mêmes par la pratique, fort rares.) Au contraire, appliquez-vous de toutes vos forces à chacun des sentences. Car elle ne sons pas toutes, je crois, faciles à saisir pour tous; mais la plupart ont bien souvent besoin d'une, longue explication, même si l'expression paraît fort simple. Peut-être aussi vous révéleront-elles quelque secret utilité pour l'âme. Mais ce sera entièrement l'effet de la grâce de Dieu et d'une lecture pure de toute curiosité, pleine de crainte de Dieu et d'amour. Mais pour qui ne recherche pas l'utilité spirituelle, et qui au lieu de s'y efforcer comme je viens de dire ou d'une manière analogue, épluche les phrases dans le but de critiquer l'auteur et, par orgueil, d'établir une comparaison flatteuse pour son propre savoir, rien d'utile ne se manifestera jamais nulle part.
| Centuries sur la Charité PROLOGUE |
47. Qui n'a pas encore obtenu la connaissance divine, fruit de l'amour, s'enorgueillit des actes qu'il accomplit selon Dieu. Mais lorsqu'il en a été jugé digne, c'est avec une conviction profonde qu'il redit les paroles du patriarche Abraham quand il fut gratifié de la manifestation divine : Je ne suis, moi, que terre et cendre. (Gen 19,27).
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
6. Certaines passions ont pour fruit la débauchée d'autres la haine; d'autres, les deux à la fois.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
70. Si nous nous adonnons à la contemplation spirituelle tout en n'ayant que très imparfaitement extirpé les causes de nos passions, et si nous n'y persévérons pas constamment en faisant d'elle notre occupation, bien vite nous nous orienterons de nouveau dans le sens des passions charnelles. Et nous n'en aurons recueilli d'autre fruit qu'une connaissance aride, mêlée de présomption, qui peu à peu en viendra à s'obscurcir elle-même, tandis que l'esprit se tournera tout entier vers les réalités matérielles.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
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FRÈRE.............24
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53. Si tu veux garder l'amour telle que Dieu l'a réglée, ne laisse pas ton frère se coucher avec un sentiment d'amertume envers toi et, de ton côté, ne te couche pas avec un sentiment d'amertume à son égard, mais va te réconcilier avec ton frère, et tu viendras offrir au Christ, avec une conscience pure et dans une oraison fervente, le don de l'amour.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
53. Si tu veux garder l'amour telle que Dieu l'a réglée, ne laisse pas ton frère se coucher avec un sentiment d'amertume envers toi et, de ton côté, ne te couche pas avec un sentiment d'amertume à son égard, mais va te réconcilier avec ton frère, et tu viendras offrir au Christ, avec une conscience pure et dans une oraison fervente, le don de l'amour.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
55. L'amour ne fait point de mal au prochain. Aussi envier son frère, s'attrister de sa bonne réputation, éclabousser de traits d'esprit la bonne opinion qu'on a de lui, ou à l'occasion lui tendre un piège par malveillance, n'est-ce pas nécessairement s'exclure de l'amour e tomber sous le coup du jugement éternel ?
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
56. La plénitude de la loi, c'est l'amour. Aussi garder rancune à son frère, lui dresser des embûches, lui souhaiter du mal et se réjouir de sa chute, n'est-ce pas nécessairement aller contre la loi et mériter le châtiment éternel ?
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
57. Celui qui dénigre son frère el le juge, dénigre et juge la loi. Or, la loi du Christ, c'est l'amour. N'est-il pas fatal, par conséquent, que le médisant s'exclue de l'amour du Christ et se prépare à lui-même le châtiment éternel ?
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
15. Tu prétends observer sans réserve le précepte d'aimer ton prochain ? Alors, pourquoi cette amère rancune contre tel ou tel sourd-elle en toi ? N'est-ce pas le signe qu'à la charité tu préfères des biens d'un instant et luttes pour les posséder jusqu'à combattre ton frère ?
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
55. Qui se montre curieux des péchés d'autrui ou, sur un simple soupçon, juge son frère, est encore bien éloigné de la pénitence et du souci de découvrir ses propres fautes, plus pesantes en vérité qu'une énorme masse de plomb. Il n'a pas compris ce qui fait l'homme au coeur lourd, épris de futilité, qui recherche le mensonge. Aussi, comme un fou qui va dans l'obscurité, sans s'occuper de ses péchés à lui, il se dépeint ceux des autres, vrais ou supposés d'après un indice quelconque.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
73. Divulguer, sans céder à la passion, le péché d'un frère, on le peut pour deux raisons : pour le corriger, pour être utile à un autre. Hors ces deux cas, en parler soit à l'intéressé, soit à un autre, c'est le blesser ou médire de lui, sans pouvoir échapper à la déréliction de Dieu; nous tomberons nous-mêmes dans la même faute ou dans une autre, et les reproches d'autrui, ses médisances sur notre compte, nous couvriront de honte.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
89. Tristesse el rancune vont de pair. Si donc l'esprit éprouve de la tristesse à se représenter le visage d'un frère, c'est la preuve qu'il a contre lui de la rancune. Les voies des rancuniers mènent à la mort, parce que tout homme qui garde de la rancune est injuste. (Pro 12,28).
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
19. Veille sur toi-même, de peur que le mal qui te sépare de ton frère ne se découvre un jour, non pas en ton frère, mais en toi. Hâte-toi de te réconcilier avec lui, crainte de manquer au commandement de l'amour.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
19. Veille sur toi-même, de peur que le mal qui te sépare de ton frère ne se découvre un jour, non pas en ton frère, mais en toi. Hâte-toi de te réconcilier avec lui, crainte de manquer au commandement de l'amour.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
22. Ton frère a été pour toi occasion d'épreuve, et la tristesse t'a conduit à la haine ? Ne te laisse pas vaincre par la haine, mais triomphe de la haine par l'amour. Et voici comment : en priant Dieu sincèrement pour lui, en acceptant qu'on l'excuse, ou en te faisant toi-même son défenseur; en prenant sur toi la responsabilité de ton épreuve et en la supportant avec courage jusqu'à ce que le nuage soit dissipé.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
26. Ne va pas, pour un sentiment d'aversion que par une calomnie le Malin aurait insinué en toi, juger aujourd'hui méchant et pervers ton frère, que u estimais hier bon et, spirituel. A force de patiente charité, ne pense qu'au bien d'hier, et repousse loin de ton âme l'aversion d'aujourd'hui.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
27. Garde-toi, alors qu'hier tu louais la bonté et proclamais la vertu d'un tel, de le décrier aujourd'hui comme méchant et pervers, parce qu'en toi l'affection s'est changée en aversion. Ne cherche pas, en blâmant ton frère, à légitimer ton aversion mauvaise, mais persiste à le louer fidèlement, même si la tristesse t'accable, et tu reviendras vite à la salutaire charité.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
28. Garde-toi, si ton frère jouit ordinairement d'une bonne réputation, de la compromettre, dans l'assemblée des autres frères, en glissant inconsciemment dans tes propos un blâme contre lui; et cela, à cause d'une rancoeur secrète à son égard, qui dure encore en toi. Au contraire, dans la communauté, fais sans réserve son éloge, prie sincèrement pour lui comme pour toi-même, et bien vite tu seras délivré de cette aversion fatale.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
29. Ne dis pas : Je ne hais pas mon frère, si ta mémoire repousse son souvenir. Écoute Moïse : Tu ne haïras point ton frère dans ton coeur, mais tu useras à son égard de reproches, pour n'être pas chargé à cause de lui d'un péché. (Lev 19,17).
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
29. Ne dis pas : Je ne hais pas mon frère, si ta mémoire repousse son souvenir. Écoute Moïse : Tu ne haïras point ton frère dans ton coeur, mais tu useras à son égard de reproches, pour n'être pas chargé à cause de lui d'un péché. (Lev 19,17).
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
30. Si par hasard un frère, en tentation, persiste à dire du mal de toi, ne te laisse pas arracher, par ce même démon méchant qui te trouble l'intelligence, à l'état de charité. Or rien ne t'en arrachera si, injurié, tu bénis et, bien qu'on te veuille du mal, restes bienveillant. C'est la route de la sagesse selon le Christ qui ne la suit pas n'est pas son compagnon.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
31. Ne tiens pas pour bienveillants des propos qui causent en toi de l'amertume et de l'aversion pour ton frère, même s'ils semblent vrais. Évite-les comme des serpents mortels, afin de détourner les autres de la médisance et de libérer ton âme de la méchanceté.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
32. Ne blesse jamais ton frère par des paroles ambiguës, de peur qu'il ne te réponde du tac au tac, et que vous ne sortiez tous deux de la disposition de charité. Mais, avec la franchise de l'amour, va, reprends-le : et, supprimées les causes du malaise, vous serez délivrés tous deux du trouble et de l'amertume.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
33. Examine ta conscience avec le plus grand soin ne serait-ce pas ta faute si ton frère n'a pas changé de sentiments ? Et n'essaie pas de la tromper, elle qui connaît ton fonds caché, qui t'accusera à l'heure de la mort, et au moment de la prière sera pour toi un obstacle.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
34. Garde-toi, à l'heure de la tranquillité, de te rappeler ce qu'a dit ton frère en un moment d'amertume, qu'il t'ait insulté en face ou ait dit de toi à un autre du mal qu'on t'a rapporté ensuite : en te laissant aller aux pensées de rancune, tu risquerais de tomber dans une haine funeste envers ton frère.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
34. Garde-toi, à l'heure de la tranquillité, de te rappeler ce qu'a dit ton frère en un moment d'amertume, qu'il t'ait insulté en face ou ait dit de toi à un autre du mal qu'on t'a rapporté ensuite : en te laissant aller aux pensées de rancune, tu risquerais de tomber dans une haine funeste envers ton frère.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
37. Cesse de te complaire en toi-même, et tu seras sans aversion pour ton frère; cesse de t'aimer, et tu seras l'ami de Dieu.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
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FRÈRES............8
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51. L'insensé, jouet de ses passions, quand sa colère en mouvement le bouleverse, suit aveuglément l'impulsion de fuir ses frères ; au contraire, quand sa convoitise ranime son ardeur, il change du tout au tout et court à eux, plein de prévenances. La conduite du sage, dans la même alternative est tout è l'oppose : du côté colère, il a supprimé toute cause de trouble et se garde de toute amertume contre ses frères; du côté convoitise, il maîtrise tout élan irraisonné qui le porte vers eux.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
51. L'insensé, jouet de ses passions, quand sa colère en mouvement le bouleverse, suit aveuglément l'impulsion de fuir ses frères ; au contraire, quand sa convoitise ranime son ardeur, il change du tout au tout et court à eux, plein de prévenances. La conduite du sage, dans la même alternative est tout è l'oppose : du côté colère, il a supprimé toute cause de trouble et se garde de toute amertume contre ses frères; du côté convoitise, il maîtrise tout élan irraisonné qui le porte vers eux.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
68. Garde-toi d'offenser aucun de tes frères. Car peut-être, incapable de supporter la peine, il s'en ira. Et tu n'échapperais plus alors aux reproches de ta conscience, qui toujours, au moment de l'oraison, t'apporteraient la tristesse, interdisant à ton esprit tout commerce familier avec Dieu.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
74. Et sur l'amour du prochain, écoute aussi : Je dis la vérité dans le Christ, je ne mens pas, ma conscience m'en rend témoignage par le saint Esprit c'est pour moi une tristesse immense, un chagrin incessant dans mon coeur. Je souhaiterais d'être rejeté loin du Christ pour mes frères, ceux de ma race, de ma chair, ceux d'Israël, et la suite... De même Moïse et les autres saints. (Ibid., IX, 1-3).
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
38. Le démon de l'orgueil a deux tactiques : ou il suggère au moine, de s'attribuer à soi-même les bonnes oeuvres, au lieu de les rendre à Dieu, Maître de tout bien, aide de tout succès, ou bien, si le moine fait la sourde oreille, il lui inspire du mépris pour ses frères encore imparfaits. Et cette tentation-là, sans qu'on s'en doute, mène à refuser l'aide de Dieu, car mépriser les autres comme n'ayant pas su bien agir, cela revient à attribuer ses bonnes actions à ses propres forces. Erreur profonde, a dit le Maître : Sans Moi vous ne pouvez rien faire. Notre faiblesse, en effet, même si nous sommes orientés vers le bien, nous empêche de pousser jusqu'au bout sans le concours du Guide des bonnes action.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
16. Il ne possède pas encore la charité parfaite, ni la connaissance profonde de la Providence divine, celui qui, au moment de l'épreuve, s'écarte de l'amour pour ses frères spirituels.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
28. Garde-toi, si ton frère jouit ordinairement d'une bonne réputation, de la compromettre, dans l'assemblée des autres frères, en glissant inconsciemment dans tes propos un blâme contre lui; et cela, à cause d'une rancoeur secrète à son égard, qui dure encore en toi. Au contraire, dans la communauté, fais sans réserve son éloge, prie sincèrement pour lui comme pour toi-même, et bien vite tu seras délivré de cette aversion fatale.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
69. Certains frères se croient exclus des grâces du saint Esprit. C'est qu'ils ignorent, à cause de leur négligence à pratiquer les commandements, que quiconque garde très pure la foi au Christ, possède en soi, en bloc, tous les dons divins. Notre paresse nous tenant éloignés de l'amour effectif pour Lui, qui nous manifeste les trésors divins cachés en nous, il est normal que nous nous croyions exclus des dons divins.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |