FAIBLESSE.........5
38. Le démon de l'orgueil a deux tactiques : ou il suggère au moine, de s'attribuer à soi-même les bonnes oeuvres, au lieu de les rendre à Dieu, Maître de tout bien, aide de tout succès, ou bien, si le moine fait la sourde oreille, il lui inspire du mépris pour ses frères encore imparfaits. Et cette tentation-là, sans qu'on s'en doute, mène à refuser l'aide de Dieu, car mépriser les autres comme n'ayant pas su bien agir, cela revient à attribuer ses bonnes actions à ses propres forces. Erreur profonde, a dit le Maître : Sans Moi vous ne pouvez rien faire. Notre faiblesse, en effet, même si nous sommes orientés vers le bien, nous empêche de pousser jusqu'au bout sans le concours du Guide des bonnes action.
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39. Qui connaît la faiblesse de la nature humaine a acquis l'expérience de la force de Dieu. Avec elle, tantôt il a bien agi, tantôt il s'est efforcé de bien agir, mais sans jamais mépriser personne. Car il sait bien que l'aide divine qui l'a délivré de passions nombreuses et tenaces peut tout aussi bien se prêter aux autres, quand Dieu le voudra, ç ceux surtout qui pour Lui sont en pleine bataille. Il peut ne pas les délivrer tout dun coup de leurs passions : Il sait pourquoi, il prend son temps et, comme un médecin bon et charitable, applique à chacun de ces hommes de bonne volonté le traitement qui convient.
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1) pour qu'attaques et contre-attaques nous mènent au discernement du bien et du mal; 2) pour que notre vertu maintenue dans l'effort et la hâte s'affermisse sur une assise inébranlable; 3) pour qu'avançant dans la vertu nous évitions la présomption et apprenions l'humilité; 4) pour nous inspirer, par l'expérience que nous en faisons alors, une haine sans réserve pour le mal; 5) et surtout, pour que, parvenus à la liberté intérieure, nous demeurions convaincus et de notre faiblesse, et de la force de Celui qui nous a secourus.
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67. Nos actes agréables à Dieu sont les uns d'obligation, les autres, non d'obligation mais, pourrait-on dire, d'offrande spontanée. Actes d'obligation : aimer Dieu et son prochain, aimer ses ennemis, ne pas commettre d'adultère, ne pas tuer, etc.... Ne pas les accomplir, c'est nous condamner. Actes non prescrits : virginité, célibat, pauvreté, solitude, etc. Ces actes sont un peu comme des cadeaux : si nous ne pouvons, par faiblesse, pratiquer à fond certains préceptes, par ces cadeaux nous forcerons la Condescendance de notre bon Maître.
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85. Nous sommes nombreux à parler, peu à agir. Plût à Dieu, du moins, que personne, par sa négligence, ne falsifiât la parole de Dieu, mais que nous reconnaissions notre faiblesse et ne cachions pas la vérité, de Dieu, sous peine de nous charger, outre la transgression des commandements, d'une mauvaise interprétation de la parole de Dieu.
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 FAUTE.............4
73. Divulguer, sans céder à la passion, le péché d'un frère, on le peut pour deux raisons : pour le corriger, pour être utile à un autre. Hors ces deux cas, en parler soit à l'intéressé, soit à un autre, c'est le blesser ou médire de lui, sans pouvoir échapper à la déréliction de Dieu; nous tomberons nous-mêmes dans la même faute ou dans une autre, et les reproches d'autrui, ses médisances sur notre compte, nous couvriront de honte.
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74. Pour un même péché d'action, il y a chez les pécheurs non pas une seule, mais diverses attitudes d'esprit possibles. Autre par exemple est le péché d'habitude, autre le péché de surprise. En ce dernier cas, ni avant ni après la faute on n'en a la pleine advertance, mais on regrette, et vivement, ce qui est arrivé. Pour le péché d'habitude, au contraire : avant, on ne cessait de pécher en pensée; après l'acte, la disposition demeure la même.
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33. Examine ta conscience avec le plus grand soin ne serait-ce pas ta faute si ton frère n'a pas changé de sentiments ? Et n'essaie pas de la tromper, elle qui connaît ton fonds caché, qui t'accusera à l'heure de la mort, et au moment de la prière sera pour toi un obstacle.
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92. Il n'a pas encore la liberté intérieure, celui qui, lorsque survient une tentation, ne peut fermer les yeux sur la faute de son ami, réelle ou apparente. Ce sont en effet les passions tapies dans l'âme qui se soulèvent, obscurcissent le jugement, l'empêchent de se tourner vers les rayons de la vérité et de distinguer le meilleur du pire. Cet homme-là n'a donc pas la charité parfaite, celle qui bannit la crainte du jugement.
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 FAUTES............6
45. Les attaques de la tentation ont pour but, ici, la rémission des fautes passées; là, celle des péchés du moment; ailleurs, elles préviennent les fautes à venir. Sans compter celles qui ne sont, que pour l'épreuve de la vertu, celles de Job par exemple.
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45. Les attaques de la tentation ont pour but, ici, la rémission des fautes passées; là, celle des péchés du moment; ailleurs, elles préviennent les fautes à venir. Sans compter celles qui ne sont, que pour l'épreuve de la vertu, celles de Job par exemple.
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37. Il aime la retraite, celui qui n'éprouve aucune passion pour les choses du monde; il aime tous les hommes, celui qui n'aime plus rien d'humain; il possède la connaissance de Dieu et du divin, celui qui ne se scandalise au sujet de personne, soit pour ses fautes, soit pour des pensées soupçonneuses.
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55. Qui se montre curieux des péchés d'autrui ou, sur un simple soupçon, juge son frère, est encore bien éloigné de la pénitence et du souci de découvrir ses propres fautes, plus pesantes en vérité qu'une énorme masse de plomb. Il n'a pas compris ce qui fait l'homme au coeur lourd, épris de futilité, qui recherche le mensonge. Aussi, comme un fou qui va dans l'obscurité, sans s'occuper de ses péchés à lui, il se dépeint ceux des autres, vrais ou supposés d'après un indice quelconque.
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35. Une âme raisonnable qui nourrit de la haine contre un homme ne peut être en paix avec Dieu, l'auteur des commandements. Si vous ne pardonnez aux hommes leurs fautes, dit-il, votre Père céleste non plus ne vous pardonnera pas vos fautes. (Mt 6,14). Si celui-là ne veut pas faire la paix, toi, du moins, garde-toi de le haïr et prie sincèrement pour lui, sans dire à personne du mal de lui.
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35. Une âme raisonnable qui nourrit de la haine contre un homme ne peut être en paix avec Dieu, l'auteur des commandements. Si vous ne pardonnez aux hommes leurs fautes, dit-il, votre Père céleste non plus ne vous pardonnera pas vos fautes. (Mt 6,14). Si celui-là ne veut pas faire la paix, toi, du moins, garde-toi de le haïr et prie sincèrement pour lui, sans dire à personne du mal de lui.
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 FEMME.............10
16. La passion est un mouvement de l'âme contre nature, par suite d'un amour sans raison, ou d'une aversion irréfléchie pour un objet sensible quelconque, ou à cause de lui. Amour sans raison, par exemple, de la bonne chère, d'une femme, d'une fortune, d'une renommée qui passe, de n'importe quel objet sensible, ou bien d'autre chose à cause de cet objet. Aversion aveugle, soit pour un de ces objets, soit pour un autre à cause de lui.
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17. Quant à la malice, elle est dans le jugement faux porté sur les représentations et suivi de l'abus des choses. Ainsi, pour les relations avec les femmes, la règle du jugement, c'est qu'elles soient ordonnées à la procréation. Si donc on vise le plaisir, on juge mal, érigeant en bien ce qui n'en est pas un et, conséquence nécessaire, on abuse de la femme en s'unissant à elle. De même pour n'importe quel objet ou représentation.
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30. Celui qui, parvenu au sommet de la liberté intérieure, possède la charité parfaite, ne fait plus de différence entre soi et autrui, esclave et homme libre, homme et femme. Franchie la zone où règnent les passions, il ne voit plus dans les hommes que leur unique nature : tous, il les voit de niveau, pour tous il se sent le même coeur. Plus de Juif alors, ni de Grec, plus d'homme ni de femme, plus d'esclave ni d'homme libre : le Christ est tout en tous. (Gal 3,28)
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30. Celui qui, parvenu au sommet de la liberté intérieure, possède la charité parfaite, ne fait plus de différence entre soi et autrui, esclave et homme libre, homme et femme. Franchie la zone où règnent les passions, il ne voit plus dans les hommes que leur unique nature : tous, il les voit de niveau, pour tous il se sent le même coeur. Plus de Juif alors, ni de Grec, plus d'homme ni de femme, plus d'esclave ni d'homme libre : le Christ est tout en tous. (Gal 3,28)
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33. Inversement, trois forces nous poussent au mal : les passions, les démons, la volonté mauvaise. Les passions, quand nous sentons une convoitise déraisonnable : manger à contretemps, sans nécessité , jouir d'une femme, surtout si ce n'est pas la nôtre, en refusant de procréer des enfants; quand nous nous mettons en colère, que nous nous laissons aller outre mesure à l'amertume, contre un homme, par exemple, qui nous a manqué d'égards ou fait du tort; les démons, quand par exemple, à un moment de négligence, nous sommes tout d'un coup violemment assaillis comme par un adversaire à l'affût, qui bouleverse les passions dont nous venons de parler; la volonté mauvaise, quand, sachant où est le bien, nous choisissons le mal.
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85. Certains prétendent que les démons viennent toucher pendant le sommeil les parties honteuses, ce qui émeut les passions de Iuxure; puis cette passion mise en branle suscite à travers la mémoire jusqu'en l'esprit une image de femme. Pour d'autres, ces mêmes démons apparaîtraient à l'esprit sous forme de femmes, toucheraient les parties honteuses pour provoquer le désir; et ainsi surgiraient les images. Pour d'autres au contraire, c'est la passion propre du démon qui, lorsqu'il s'approche, excite la nôtre; et pendant qu'elle suscite les images dans la mémoire, l'âme s'attache aux pensées. On pourrait en dire autant de toutes les images passionnées et expliquer leur apparition de telle ou telle manière. Une chose est certaine; c'est qu'en aucun cas les démons n'acquièrent le pouvoir d'exciter une passion, qu'on dorme ou qu'on veille, si l'amour et la maîtrise de soi résident dans l'âme.
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42. Autre chose est un objet, autre chose une représentation, autre chose une passion. Ainsi, un homme, une femme, de l'argent, voilà des objets; le simple souvenir de ces objets, voilà une représentation, une affection déraisonnable ou une haine aveugle pour ces mêmes objets, voilà une passion. Or, la lutte que mène le moine est dirigée contre la passion.
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53. De même que le corps a pour monde les choses, l'esprit a pour monde les représentations intellectuelles. Et de même que le corps commet le péché de fornication avec le corps d'une femme, l'esprit pèche avec la représentation qu'il se fait de la femme, et l'image de son propre corps. Car en imagination il voit l'image de son corps unie à l'image du corps de la femme, tout comme en imagination l'image de son propre corps marque sa répulsion envers l'image de son offenseur, et ainsi pour tous les péchés. A l'action que le corps exerce, concrètement, sur le monde des choses, répond l'action de l'esprit sur le monde des représentations.
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53. De même que le corps a pour monde les choses, l'esprit a pour monde les représentations intellectuelles. Et de même que le corps commet le péché de fornication avec le corps d'une femme, l'esprit pèche avec la représentation qu'il se fait de la femme, et l'image de son propre corps. Car en imagination il voit l'image de son corps unie à l'image du corps de la femme, tout comme en imagination l'image de son propre corps marque sa répulsion envers l'image de son offenseur, et ainsi pour tous les péchés. A l'action que le corps exerce, concrètement, sur le monde des choses, répond l'action de l'esprit sur le monde des représentations.
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53. De même que le corps a pour monde les choses, l'esprit a pour monde les représentations intellectuelles. Et de même que le corps commet le péché de fornication avec le corps d'une femme, l'esprit pèche avec la représentation qu'il se fait de la femme, et l'image de son propre corps. Car en imagination il voit l'image de son corps unie à l'image du corps de la femme, tout comme en imagination l'image de son propre corps marque sa répulsion envers l'image de son offenseur, et ainsi pour tous les péchés. A l'action que le corps exerce, concrètement, sur le monde des choses, répond l'action de l'esprit sur le monde des représentations.
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 FEMMES............11
17. Quant à la malice, elle est dans le jugement faux porté sur les représentations et suivi de l'abus des choses. Ainsi, pour les relations avec les femmes, la règle du jugement, c'est qu'elles soient ordonnées à la procréation. Si donc on vise le plaisir, on juge mal, érigeant en bien ce qui n'en est pas un et, conséquence nécessaire, on abuse de la femme en s'unissant à elle. De même pour n'importe quel objet ou représentation.
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19. Redoutable est le démon de la luxure. Il s'attaque avec une force particulière à ceux qui luttent contre la passion, surtout à la faveur de leur inattention à l'égard de leur nourriture, et des rencontres qu'ils ont avec des femmes. A son insu, l'esprit se trouve envahi par la douce impression du plaisir, que la mémoire lui rappelle ensuite, dans le calme de la solitude. Et la chair s'échauffe, suscite en l'esprit des images de toute sorte, le sollicite à consentir au péché. Si tu ne veux pas que de telles pensées s'attardent en toi, insiste sur le jeûne, le travail pénible, les veilles, la sainte vie de retraite dans une prière continuelle.
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68. L'esprit, chez un affamé, se représente du pain; chez un homme qui a soif, de l'eau; chez un gourmand, des plats de toute sorte; chez un voluptueux, de belles femmes; chez un vaniteux, des compliments; chez un avare, des bénéfices; chez un rancunier, une bonne vengeance contre l'offenseur; chez un envieux, le malheur de celui qu'il envie.., et ainsi de toutes les passions car l'esprit tourmenté de passion accueille les pensées passionnées, qu'il veille ou qu'il rêve.
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84. On distingue les pensées simples et les pensées complexes. Simples, les pensées sans passion; complexes, les pensées passionnées, composées de passion et de représentation. Ainsi l'on peut constater que nombre de pensées simples font escorte aux pensées complexes, dès le premier mouvement vers le péché de pensée. Ainsi, en matière d'argent : dans la mémoire d'un tel surgit une pensée passionnée au sujet d'une somme d'argent, en imagination, il se porte au vol; le péché est consommé dans l'esprit. Au souvenir de l'argent faisaient escorte celui de la bourse, du coffre, de l'appartement que sais-je ? Le souvenir de l'argent était complexe : à lui s'attachait la passion; tandis que celui de la bourse, du coffre et autres était simple, l'esprit n'ayant aucune passion pour ces objets. Et ainsi de toute pensée : vaine gloire, femmes ou autres. Les pensées qui escortent la pensée passionnée ne sont pas pour autant passionnées, c'est trop clair. Et ceci nous permet de discerner de quelle nature sont les pensées passionnées et de quelle nature les pensées simples.
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85. Certains prétendent que les démons viennent toucher pendant le sommeil les parties honteuses, ce qui émeut les passions de Iuxure; puis cette passion mise en branle suscite à travers la mémoire jusqu'en l'esprit une image de femme. Pour d'autres, ces mêmes démons apparaîtraient à l'esprit sous forme de femmes, toucheraient les parties honteuses pour provoquer le désir; et ainsi surgiraient les images. Pour d'autres au contraire, c'est la passion propre du démon qui, lorsqu'il s'approche, excite la nôtre; et pendant qu'elle suscite les images dans la mémoire, l'âme s'attache aux pensées. On pourrait en dire autant de toutes les images passionnées et expliquer leur apparition de telle ou telle manière. Une chose est certaine; c'est qu'en aucun cas les démons n'acquièrent le pouvoir d'exciter une passion, qu'on dorme ou qu'on veille, si l'amour et la maîtrise de soi résident dans l'âme.
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20. En général, les pensées passionnées tantôt excitent dans l'âme la partie concupiscible, tantôt bouleversent l'irascible, tantôt obscurcissent la raisonnable. Le résultat, c'est l'aveuglement de l'esprit pour la contemplation spirituelle et pour l'envol de la prière. C'est pourquoi le moine, et particulièrement le solitaire, doit surveiller exactement ses pensées pour en reconnaître et supprimer les causes. Et voici comment les reconnaître : quand des images de femmes, auxquelles se mêle la passion, excitent la puissance concupiscible, la cause en est l'intempérance dans le boire et le manger, jointe à de fréquents entretiens, que rien ne justifie, avec des femmes; la suppression de ces causes s'obtient par la faim, la soif, les veilles et la solitude. Quand la puissance irascible, à son tour, se trouble au souvenir passionné d'offenses reçues, la cause en est l'amour du plaisir, la vanité, l'attachement, aux objets matériels. (Car ce qui afflige l'homme qui n'a pas la liberté intérieure, c'est d'en être privé ou de ne pouvoir les atteindre.) La suppression de ces causes s'obtient par le mépris - un mépris absolu - de ces bagatelles, par amour pour Dieu.
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20. En général, les pensées passionnées tantôt excitent dans l'âme la partie concupiscible, tantôt bouleversent l'irascible, tantôt obscurcissent la raisonnable. Le résultat, c'est l'aveuglement de l'esprit pour la contemplation spirituelle et pour l'envol de la prière. C'est pourquoi le moine, et particulièrement le solitaire, doit surveiller exactement ses pensées pour en reconnaître et supprimer les causes. Et voici comment les reconnaître : quand des images de femmes, auxquelles se mêle la passion, excitent la puissance concupiscible, la cause en est l'intempérance dans le boire et le manger, jointe à de fréquents entretiens, que rien ne justifie, avec des femmes; la suppression de ces causes s'obtient par la faim, la soif, les veilles et la solitude. Quand la puissance irascible, à son tour, se trouble au souvenir passionné d'offenses reçues, la cause en est l'amour du plaisir, la vanité, l'attachement, aux objets matériels. (Car ce qui afflige l'homme qui n'a pas la liberté intérieure, c'est d'en être privé ou de ne pouvoir les atteindre.) La suppression de ces causes s'obtient par le mépris - un mépris absolu - de ces bagatelles, par amour pour Dieu.
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40. L'esprit ami de Dieu combat non pas les objets ni leurs représentations, mais les passions qui se lient à ces représentations. Ainsi, il ne s'en prend pas aux femmes, ni à qui l'a contristé, ni aux images qui les représentent, mais aux passions liées à ces images.
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49. Voici des objets pour lesquels nous éprouvons des passions : les femmes, la fortune, les présents et autres. Les femmes, on devient capable de n'en plus faire cas, lorsque, retiré dans la solitude, on macère son corps, comme il convient, par la mortification, la fortune, quand on se résout intérieurement à s'en tenir toujours au strict nécessaire; la gloire, lorsqu'on se plaît à pratiquer la vertu dans le secret, aux yeux de Dieu seul, et ainsi du reste. Qui se conduit ainsi n'en vient jamais à détester qui que ce soit.
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49. Voici des objets pour lesquels nous éprouvons des passions : les femmes, la fortune, les présents et autres. Les femmes, on devient capable de n'en plus faire cas, lorsque, retiré dans la solitude, on macère son corps, comme il convient, par la mortification, la fortune, quand on se résout intérieurement à s'en tenir toujours au strict nécessaire; la gloire, lorsqu'on se plaît à pratiquer la vertu dans le secret, aux yeux de Dieu seul, et ainsi du reste. Qui se conduit ainsi n'en vient jamais à détester qui que ce soit.
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50. Qui a renoncé aux objets, femmes, fortune, etc., s'est fait moine pour l'extérieur, mais non pas encore pour l'intérieur. Qui a renoncé aux représentations passionnées de ces objets s'est fait moine jusqu'à l'intérieur, c'est-à-dire à l'esprit. Pour l'extérieur, il est facile de se faire moine : il suffit d'un acte de volonté; mais pour se faire moine jusqu'à l'intérieur, la lutte est dure.
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