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ENVIE.............10
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49. Ne garder ni envie, ni colère, ni rancune contre l'offenseur, ce n'est pas encore avoir pour lui l'amour. On peut, sans charité, aucune, éviter de rendre le mal pour le mal, parce que c'est la loi, mais on n'ira pas, spontanément, rendre le bien pour le mal, car cette disposition de faire du bien à ceux qui nous détestent est propre au parfait amour spirituel.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
68. L'esprit, chez un affamé, se représente du pain; chez un homme qui a soif, de l'eau; chez un gourmand, des plats de toute sorte; chez un voluptueux, de belles femmes; chez un vaniteux, des compliments; chez un avare, des bénéfices; chez un rancunier, une bonne vengeance contre l'offenseur; chez un envieux, le malheur de celui qu'il envie.., et ainsi de toutes les passions car l'esprit tourmenté de passion accueille les pensées passionnées, qu'il veille ou qu'il rêve.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
56. L'égoïsme, je l'ai dit bien souvent, est à la source de toutes les pensées passionnées. De Iui naissent, en effet, les trois vices capitaux de la convoitise : gourmandise, avarice, vaine gloire. Puis de la gourmandise naît la luxure, de l'avarice la cupidité, de la vaine gloire l'orgueil. Et tous les autres, sans exception, se rattachent à l'un des trois précédents : colère, tristesse, rancune, paresse, envie, médisance, etc... Passions qui toutes ensemble enchaînent l'esprit aux objets matériels, le retiennent sur la terre, pesant sur lui comme une masse de pierre. Sur lui, plus léger par nature et plus vif que le feu !
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
91. Quant à l'envieux, tu auras du mal à apaiser sa tristesse, car ce qu'il regarde comme son malheur, c'est cela même qu'il envie en toi; et pour l'apaiser, pas d'autre moyen que de dissimuler. Mais si ce qui l'afflige, est utile à beaucoup, quel parti prendre ? Évidemment, celui du grand nombre, sans négliger l'isolé, autant que faire se peut, ni se laisser rebuter par la malice de sa passion, car ce n'est pas à la passion, mais à l'homme passionné que tu viens en aide. A force d'humilité regarde-le comme supérieur à toi-même; de tout temps, en tout lieu, en toute affaire, donne-lui la préférence. Quant à ton envie à toi, le moyen de l'apaiser, c'est, voyant dans la joie celui que tu envies, de te réjouir avec lui et, le voyant peiné, de t'affliger avec lui, pour accomplir la parole, de l'Apôtre : Se réjouir avec ceux qui se réjouissent, pleurer avec ceux qui pleurent. (Rom 12,15).
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
91. Quant à l'envieux, tu auras du mal à apaiser sa tristesse, car ce qu'il regarde comme son malheur, c'est cela même qu'il envie en toi; et pour l'apaiser, pas d'autre moyen que de dissimuler. Mais si ce qui l'afflige, est utile à beaucoup, quel parti prendre ? Évidemment, celui du grand nombre, sans négliger l'isolé, autant que faire se peut, ni se laisser rebuter par la malice de sa passion, car ce n'est pas à la passion, mais à l'homme passionné que tu viens en aide. A force d'humilité regarde-le comme supérieur à toi-même; de tout temps, en tout lieu, en toute affaire, donne-lui la préférence. Quant à ton envie à toi, le moyen de l'apaiser, c'est, voyant dans la joie celui que tu envies, de te réjouir avec lui et, le voyant peiné, de t'affliger avec lui, pour accomplir la parole, de l'Apôtre : Se réjouir avec ceux qui se réjouissent, pleurer avec ceux qui pleurent. (Rom 12,15).
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
60. L'amour tient son pouvoir d'édification de ce qu'elle n'est ni envieuse, ni amère contre les envieux; de ce qu'elle ne fait pas montre de ce qu'on lui envie et ne pense même pas quelle l'a déjà acquis, mais, lorsqu'elle ne sait pas, avoue sans fausse honte son ignorance. Ainsi elle rend l'esprit exempt d'orgueil et le prépare sans cesse à progresser dans la connaissance.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
61. Il est en quelque sorte naturel que, surtout au début, la connaissance tire après soi la présomption et l'envie, la présomption à l'intérieur seulement, l'envie et a l'intérieur et à l'extérieur (à l'intérieur, contre ceux qui la possèdent, à l'extérieur, chez eux). La charité donc supprime ces trois défauts : la présomption, puisqu'elle n'enfle pas; l'envie intérieure, puisqu'elle n'est pas envieuse; l'envie à l'extérieur, puisqu'elle est patiente et bonne. Il est donce nécessaire à qui possède la connaissance d'avoir aussi l'amour afin de garder toujours son esprit sans blessure.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
61. Il est en quelque sorte naturel que, surtout au début, la connaissance tire après soi la présomption et l'envie, la présomption à l'intérieur seulement, l'envie et a l'intérieur et à l'extérieur (à l'intérieur, contre ceux qui la possèdent, à l'extérieur, chez eux). La charité donc supprime ces trois défauts : la présomption, puisqu'elle n'enfle pas; l'envie intérieure, puisqu'elle n'est pas envieuse; l'envie à l'extérieur, puisqu'elle est patiente et bonne. Il est donce nécessaire à qui possède la connaissance d'avoir aussi l'amour afin de garder toujours son esprit sans blessure.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
61. Il est en quelque sorte naturel que, surtout au début, la connaissance tire après soi la présomption et l'envie, la présomption à l'intérieur seulement, l'envie et a l'intérieur et à l'extérieur (à l'intérieur, contre ceux qui la possèdent, à l'extérieur, chez eux). La charité donc supprime ces trois défauts : la présomption, puisqu'elle n'enfle pas; l'envie intérieure, puisqu'elle n'est pas envieuse; l'envie à l'extérieur, puisqu'elle est patiente et bonne. Il est donce nécessaire à qui possède la connaissance d'avoir aussi l'amour afin de garder toujours son esprit sans blessure.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
61. Il est en quelque sorte naturel que, surtout au début, la connaissance tire après soi la présomption et l'envie, la présomption à l'intérieur seulement, l'envie et a l'intérieur et à l'extérieur (à l'intérieur, contre ceux qui la possèdent, à l'extérieur, chez eux). La charité donc supprime ces trois défauts : la présomption, puisqu'elle n'enfle pas; l'envie intérieure, puisqu'elle n'est pas envieuse; l'envie à l'extérieur, puisqu'elle est patiente et bonne. Il est donce nécessaire à qui possède la connaissance d'avoir aussi l'amour afin de garder toujours son esprit sans blessure.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
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ESCLAVE...........5
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30. Celui qui, parvenu au sommet de la liberté intérieure, possède la charité parfaite, ne fait plus de différence entre soi et autrui, esclave et homme libre, homme et femme. Franchie la zone où règnent les passions, il ne voit plus dans les hommes que leur unique nature : tous, il les voit de niveau, pour tous il se sent le même coeur. Plus de Juif alors, ni de Grec, plus d'homme ni de femme, plus d'esclave ni d'homme libre : le Christ est tout en tous. (Gal 3,28)
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
30. Celui qui, parvenu au sommet de la liberté intérieure, possède la charité parfaite, ne fait plus de différence entre soi et autrui, esclave et homme libre, homme et femme. Franchie la zone où règnent les passions, il ne voit plus dans les hommes que leur unique nature : tous, il les voit de niveau, pour tous il se sent le même coeur. Plus de Juif alors, ni de Grec, plus d'homme ni de femme, plus d'esclave ni d'homme libre : le Christ est tout en tous. (Gal 3,28)
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
12. S'il se tourne vers Dieu, l'esprit traite son corps en esclave et ne lui accorde que ce qu'il lui faut pour vivre; s'il se tourne vers la chair, il devient l'esclave des passions et a sans cesse l'esprit tendu vers ses convoitises.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
12. S'il se tourne vers Dieu, l'esprit traite son corps en esclave et ne lui accorde que ce qu'il lui faut pour vivre; s'il se tourne vers la chair, il devient l'esclave des passions et a sans cesse l'esprit tendu vers ses convoitises.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
41. C'est le fait d'un homme encore épris de vaine gloire ou attaché à quelque objet matériel, que d'éprouver de l'amertume envers les hommes à cause de biens temporels, de leur garder rancune, d'avoir pour eux de la haine ou d'être l'esclave de pensées honteuses. Tous sentiments qu'ignore une âme qui aime Dieu.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
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ESPOIR............6
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2. L'amour naît de la liberté intérieure; la liberté intérieure, de l'espoir en Dieu, l'espoir, de la patience et de la longanimité, celles-ci, de la vigilante maîtrise de soi; la maîtrise de soi, de la crainte de Dieu, et la crainte, de la foi au Christ.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
2. L'amour naît de la liberté intérieure; la liberté intérieure, de l'espoir en Dieu, l'espoir, de la patience et de la longanimité, celles-ci, de la vigilante maîtrise de soi; la maîtrise de soi, de la crainte de Dieu, et la crainte, de la foi au Christ.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
3. Qui croit au Seigneur craint le châtiment; qui craint le châtiment maîtrise ses passions; qui maîtrise ses passions endure patiemment les afflictions, qui endure patiemment les afflictions acquerra l'espoir en Dieu. Et l'espoir en Dieu sépare l'esprit de toute attache terrestre; et l'esprit, ainsi détaché, possédera l'amour pour Dieu.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
3. Qui croit au Seigneur craint le châtiment; qui craint le châtiment maîtrise ses passions; qui maîtrise ses passions endure patiemment les afflictions, qui endure patiemment les afflictions acquerra l'espoir en Dieu. Et l'espoir en Dieu sépare l'esprit de toute attache terrestre; et l'esprit, ainsi détaché, possédera l'amour pour Dieu.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
81. Cinq causes peuvent détourner l'âme du péché : le respect humain, la crainte du jugement, l'espoir de la récompense, l'amour de Dieu, enfin le remords de la conscience.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
77. Voici pourquoi l'on souffre avec patience : pour l'amour de Dieu, par espoir de la récompense, par crainte du châtiment, par respect humain; par tempérament, pour un plaisir, pour un bénéfice, par vaine gloire, par nécessité.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
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ESPRIT............163
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Avec le Traité sur la vie ascétique, voici encore, Père Elpidios, un ouvrage sur l'amour que j'envoie à votre Honneur, en quatre centuries : autant que d'évangiles. Il ne répondra peut-être pas à votre attente, j'ai du moins fait tout ce que j'ai pu. Du reste, que votre Sainteté le sache, ce n'est pas un pur fruit de ma pensée : j'ai parcouru les oeuvres des saints pères, et recueilli des extraits qui ramènent l'esprit à mon sujet. Souvent, j'ai résumé en sentences brèves de longs développements, pour que, plus faciles à retenir, ils puissent être embrassés dun seul coup d'oeil. J'envoie ce livre à votre Sainteté, en lui demandant de le lire avec bienveillance, sans chercher autre chose que le profit, d'oublier l'inélégance de mon style et de prier pour le pauvre homme que je suis, si dépourvu d'utilité spirituelle. Je vous prie, en outre, de ne pas croire que j'ai écrit cela pour vous rompre la tête : je n'ai fait qu'exécuter un ordre. (Si je vous parle ainsi, c'est qu'aujourd'hui nous sommes nombreux à nous rompre la tête à force de théorie. Mais à instruire les autres et à nous instruire nous-mêmes par la pratique, fort rares.) Au contraire, appliquez-vous de toutes vos forces à chacun des sentences. Car elle ne sons pas toutes, je crois, faciles à saisir pour tous; mais la plupart ont bien souvent besoin d'une, longue explication, même si l'expression paraît fort simple. Peut-être aussi vous révéleront-elles quelque secret utilité pour l'âme. Mais ce sera entièrement l'effet de la grâce de Dieu et d'une lecture pure de toute curiosité, pleine de crainte de Dieu et d'amour. Mais pour qui ne recherche pas l'utilité spirituelle, et qui au lieu de s'y efforcer comme je viens de dire ou d'une manière analogue, épluche les phrases dans le but de critiquer l'auteur et, par orgueil, d'établir une comparaison flatteuse pour son propre savoir, rien d'utile ne se manifestera jamais nulle part.
| Centuries sur la Charité PROLOGUE |
3. Qui croit au Seigneur craint le châtiment; qui craint le châtiment maîtrise ses passions; qui maîtrise ses passions endure patiemment les afflictions, qui endure patiemment les afflictions acquerra l'espoir en Dieu. Et l'espoir en Dieu sépare l'esprit de toute attache terrestre; et l'esprit, ainsi détaché, possédera l'amour pour Dieu.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
3. Qui croit au Seigneur craint le châtiment; qui craint le châtiment maîtrise ses passions; qui maîtrise ses passions endure patiemment les afflictions, qui endure patiemment les afflictions acquerra l'espoir en Dieu. Et l'espoir en Dieu sépare l'esprit de toute attache terrestre; et l'esprit, ainsi détaché, possédera l'amour pour Dieu.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
6. Celui qui tient son esprit solidement fixé dans l'amour de Dieu méprise tout le visible et son corps même, comme s'il appartenait à autrui.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
8. Détourner son esprit de l'amour pour Dieu et de l'attention assidue qu'il réclame, pour le tenir fixé à quelque objet sensible, c'est faire passer avant l'âme le corps, et, avant Dieu le Créateur ce qui n'existe que grâce il Lui.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
9. Si la vie de l'esprit, c'est l'illumination de la connaissance, et si cette illumination, c'est l'amour de Dieu qui la produit, on a raison de dire : Au-dessus de l'amour de Dieu, il n'y a rien.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
10. Quand, dans le transport de la charité, l'esprit émigre vers Dieu, il ne conserve plus aucun sentiment de lui-même, ni d'aucune réalité existante. Tout illumine de la lumière infinie de Dieu, il devant, insensible à tout ce qui n'existe que par Lui. Ainsi l'oeil cesse de voir les étoiles, quand le soleil se lève.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
11. Toutes les vertus aident l'esprit à l'amour brûlant pour Dieu, mais plus que les autres, l'oraison pure. Par elle l'esprit, emporté vers Dieu comme sur des ailes, s'échappe complètement d'entre les créatures .
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
11. Toutes les vertus aident l'esprit à l'amour brûlant pour Dieu, mais plus que les autres, l'oraison pure. Par elle l'esprit, emporté vers Dieu comme sur des ailes, s'échappe complètement d'entre les créatures .
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
12. Quand par l'amour, la connaissance de Dieu ravit l'esprit, et que, échappé d'entre les créatures, cet esprit perçoit l'Infinité divine, alors, comme le divin Isaïe, frappé de stupeur, il prend conscience de sa propre bassesse et répète avec conviction les paroles du prophète : Malheur à moi ! Je suis perdu ! Car je suis un homme aux lèvres souillées, j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres souillées et j'ai vu de mes yeux le Roi Seigneur des armées !
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
12. Quand par l'amour, la connaissance de Dieu ravit l'esprit, et que, échappé d'entre les créatures, cet esprit perçoit l'Infinité divine, alors, comme le divin Isaïe, frappé de stupeur, il prend conscience de sa propre bassesse et répète avec conviction les paroles du prophète : Malheur à moi ! Je suis perdu ! Car je suis un homme aux lèvres souillées, j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres souillées et j'ai vu de mes yeux le Roi Seigneur des armées !
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
19. Heureux l'esprit qui a dépassé les créatures et jouit sans cesse de la beauté de Dieu !
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
32. La Lumière du soleil attire à elle l'oeil sain. De même la connaissance de Dieu attire naturellement à elle, par l'amour, l'esprit purifié.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
33. L'esprit est pur quand sorti de l'ignorance, il s'illumine sous la lumière divine.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
46. Jugé digne de la divine connaissance et pourvu, grâce à l'amour, de son illumination, jamais plus on ne se laissera emporter par l'esprit de la vaine gloire. Jusque là, on reste pour lui une proie facile. Si donc alors, en toutes les actions que Dieu nous donne d'accomplir, nous nous tournons vers Lui, comme faisant tout à cause de Lui, avec son secours nous échapperons aisément à ce danger.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
49. Garde-toi de souiller ton esprit en accueillant les pensées de convoitise et de colère. Sinon, de l'oraison pure, tu tomberas dans la paresse spirituelle.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
50. Il perd du coup toute familiarité avec Dieu, l'esprit qui devient coutumier de pensées mauvaises ou impures.
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54. Tous les dons du saint Esprit, sans l'amour, ne servent de rien, selon le divin Apôtre. Aussi, de quel zèle devons-nous faire preuve pour l'acquérir !
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
55. L'amour ne fait point de mal au prochain. Aussi envier son frère, s'attrister de sa bonne réputation, éclabousser de traits d'esprit la bonne opinion qu'on a de lui, ou à l'occasion lui tendre un piège par malveillance, n'est-ce pas nécessairement s'exclure de l'amour e tomber sous le coup du jugement éternel ?
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68. Garde-toi d'offenser aucun de tes frères. Car peut-être, incapable de supporter la peine, il s'en ira. Et tu n'échapperais plus alors aux reproches de ta conscience, qui toujours, au moment de l'oraison, t'apporteraient la tristesse, interdisant à ton esprit tout commerce familier avec Dieu.
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74. Et sur l'amour du prochain, écoute aussi : Je dis la vérité dans le Christ, je ne mens pas, ma conscience m'en rend témoignage par le saint Esprit c'est pour moi une tristesse immense, un chagrin incessant dans mon coeur. Je souhaiterais d'être rejeté loin du Christ pour mes frères, ceux de ma race, de ma chair, ceux d'Israël, et la suite... De même Moïse et les autres saints. (Ibid., IX, 1-3).
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79. L'aumône est le traitement de la colère : le jeûne, le remède de la convoitise; l'oraison, elle, purifie l'esprit et le prépare à la contemplation des êtres. Pour les facultés de l'âme le Maître nous a également donné ses préceptes.
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80. Sur la parole : Apprenez de Moi que doux el humble de coeur, (Mt 11,29) etc. » La douceur garde à l'abri du trouble la partie irascible de l'âme, l'humilité libère l'esprit de l'orgueil et de la vaine gloire.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
84. D'abord, la mémoire présente à l'esprit une pensée simple. Cette pensée dure, et la passion se met en branle, puis, si elle n'est écartée, elle pousse l'esprit à consentir. Ce consentement donné, la seule étape qui reste est le péché d'action. Aussi est-ce fort sagement que l'Apôtre, dans une lettre à des chrétiens sortis du paganisme, leur prescrit de s'attaquer d'abord au péché d'action, et ensuite, méthodiquement, de remonter pas à pas vers la cause. Et cette cause, je l'ai dit, c'est quelque cupidité qui met en branle et entretient la passion, par exemple la gourmandise qui engendre et entretient la Iuxure. La cupidité en effet est mauvaise non seulement quand elle a pour objet l'argent, mais aussi quand elle s'attache à la bonne chère; et en revanche, la tempérance est bonne non seulement quand elle a pour objet la nourriture, mais aussi quand elle s'applique à l'argent.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
84. D'abord, la mémoire présente à l'esprit une pensée simple. Cette pensée dure, et la passion se met en branle, puis, si elle n'est écartée, elle pousse l'esprit à consentir. Ce consentement donné, la seule étape qui reste est le péché d'action. Aussi est-ce fort sagement que l'Apôtre, dans une lettre à des chrétiens sortis du paganisme, leur prescrit de s'attaquer d'abord au péché d'action, et ensuite, méthodiquement, de remonter pas à pas vers la cause. Et cette cause, je l'ai dit, c'est quelque cupidité qui met en branle et entretient la passion, par exemple la gourmandise qui engendre et entretient la Iuxure. La cupidité en effet est mauvaise non seulement quand elle a pour objet l'argent, mais aussi quand elle s'attache à la bonne chère; et en revanche, la tempérance est bonne non seulement quand elle a pour objet la nourriture, mais aussi quand elle s'applique à l'argent.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
85. Un moineau pris par la patte, s'il veut s'envoler, est retenu par son lien. Ainsi l'esprit qui n'a pas encore la liberté intérieure, s'il tente de s'élancer vers la connaissance des réalités célestes, retombe sur terre, entraîné par la force des passions.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
87. Devenu pur, l'esprit, dès qu'il perçoit les notions des êtres, passe à leur contemplation spirituelle. Redevenu impur par sa négligence, il se représente encore dans leur pureté les notions des autres objets, mais, s'iI s'agit de choses humaines, elles lui inspirent des pensées viles et perverses.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
88. Lorsque pendant l'oraison jamais aucun souvenir du monde ne vient te troubler l'esprit, sache alors que tu n'es plus hors du domaine de la liberté intérieure.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
90. Comme les beautés visibles le sens de la vue, la connaissance de l'invisible attire l'esprit purifié. Par l'invisible, j'entends les êtres incorporels.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
94. Par la pratique des commandements l'esprit se dépouille des passions; par la contemplation spirituelle des choses visibles, il quitte les représentations passionnées qu'il a des objets; par la connaissance des réalités invisibles, il se dégage de la contemplation des choses visibles et de cette connaissance enfin, par celle de la sainte Trinité.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
95. Le soleil une fois levé éclaire le monde, rendant visible, avec lui, tout ce qu'il éclaire. Ainsi le soleil de justice, quand il se lève dans l'esprit purifié, se manifeste lui-même, et fait connaître les raisons de tout ce qui existe et existera par lui.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
97. L'esprit purifié ou bien a des représentations simples et pures des choses humaines, ou bien contemple naturellement les êtres, visibles ou invisibles, ou bien reçoit la lumière de la saint Trinité.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
98. Parvenu à la contemplation des êtres visibles, l'esprit tantôt cherche leurs raisons naturelles, tantôt ce qu'ils signifient, tantôt leur cause elle-même.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
99. S'il s'adonne à la contemplation des réalités invisibles, l'esprit cherche leurs raisons naturelles, la cause de leur existence, leurs conséquences et enfin l'action sur elles de la Providence et du Jugement divins.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
100. Mais, arrivé à Dieu, l'ardeur de son désir lui fait chercher d'abord ce qu'est l'Essence divine, car il ne trouve de consolation en rien de ce qui lui ressemble. Mais c'est une entreprise impossible et la connaissance de l'Essence de Dieu est également inaccessible a toute nature créée. Il se contente donc des attributs, c'est-à-dire, l'éternité, l'infinité, l'invisibilité, la bonté, la sagesse, la puissance qui crée, gouverne et juge les êtres. Cela seulement est en lui parfaitement compréhensible : qu'Il est infini, et le fait même de ne rien connaître est déjà une connaissance transcendante à l'esprit, comme l'ont montré les théologiens Grégoire et Denys.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
1. Qui aime sincèrement Dieu prie aussi absolument sans distraction, et qui prie absolument sans distraction aime aussi sincèrement Dieu. Or, il ne prie pas sans distractions, l'homme qui garde son esprit rivé, à quelque objet terrestre. Donc celui-là n'aime pas Dieu qui garde son esprit attaché à quelque objet terrestre.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
1. Qui aime sincèrement Dieu prie aussi absolument sans distraction, et qui prie absolument sans distraction aime aussi sincèrement Dieu. Or, il ne prie pas sans distractions, l'homme qui garde son esprit rivé, à quelque objet terrestre. Donc celui-là n'aime pas Dieu qui garde son esprit attaché à quelque objet terrestre.
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2. Si l'esprit s'arrête longuement sur un objet sensible, c'est qu'une passion l'y retient attaché : convoitise, ou tristesse, ou colère, ou rancune. Et tant qu'il ne méprise pas cet objet, il ne peut s'affranchir de cette passion.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
3. Les passions qui subjuguent l'esprit le lient aux objets matériels, le séparent de Dieu en l'occupant tout entier de ces objets. Mais si l'amour de Dieu prend le dessus, il le délivre de ces liens et lui fait mépriser non seulement les objets sensibles, mais même notre vie temporelle.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
4. L'effet des commandements , c'est de rendre simples les représentations des choses. Celui de la lecture et de la contemplation, c'est de rendre l'esprit sans matière et sans forme. D'où résulte la prière sans distractions.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
5. Pour délivrer l'esprit des passions si parfaitement qu'il puisse prier sans distraction, la voie active ne suffit pas, si elle n'est suivie de diverses contemplations spirituelles. L'action en effet ne libère l'esprit que du dérèglement et de la haine; les contemplations l'arrachent en outre à l'oubli et à l'ignorance. Ainsi délivré, il pourra prier comme il faut.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
5. Pour délivrer l'esprit des passions si parfaitement qu'il puisse prier sans distraction, la voie active ne suffit pas, si elle n'est suivie de diverses contemplations spirituelles. L'action en effet ne libère l'esprit que du dérèglement et de la haine; les contemplations l'arrachent en outre à l'oubli et à l'ignorance. Ainsi délivré, il pourra prier comme il faut.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
6. Au sommet de l'oraison pure, on distingue deux états, l'un pour les actifs, l'autre pour les contemplatifs. Le premier est dans l'âme l'effet de la crainte de Dieu et de la bonne espérance, le second, de l'ardeur de l'amour divin et de la purification totale. Indices du premier état : l'esprit se recueille, s'abstrait de toutes les pensées du monde et, dans la pensée que Dieu est présent - et il l'est en effet - fait oraison sans distraction ni trouble. Indices du second : l'esprit est ravi, dans l'élan même de la prière, par l'infinie lumière de Dieu; il perd tout sentiment et de lui-même et des autres êtres, excepté de Celui qui par l'amour opère en lui cette illumination. Alors aussi, attiré par les propriétés de Dieu, il acquiert de lui des notions pures et pénétrantes.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
6. Au sommet de l'oraison pure, on distingue deux états, l'un pour les actifs, l'autre pour les contemplatifs. Le premier est dans l'âme l'effet de la crainte de Dieu et de la bonne espérance, le second, de l'ardeur de l'amour divin et de la purification totale. Indices du premier état : l'esprit se recueille, s'abstrait de toutes les pensées du monde et, dans la pensée que Dieu est présent - et il l'est en effet - fait oraison sans distraction ni trouble. Indices du second : l'esprit est ravi, dans l'élan même de la prière, par l'infinie lumière de Dieu; il perd tout sentiment et de lui-même et des autres êtres, excepté de Celui qui par l'amour opère en lui cette illumination. Alors aussi, attiré par les propriétés de Dieu, il acquiert de lui des notions pures et pénétrantes.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
14. L'esprit commence-t-il à progresser dans l'amour de Dieu ? Le démon va chercher à le pousser au blasphème, lui suggérant des pensées qu'un homme ne saurait trouver par lui-même, et qui ne peuvent venir que du diable, leur père. S'il en use ainsi, c'est que, jaloux de l'ami de Dieu, il veut qu'à la vue de telles pensées, il se désespère et n'ose plus, par sa prière accoutumée, s'envoler vers Dieu. Mais le destructeur n'en tire aucun avantage pour le but qu'il se propose : au contraire, il nous affermit davantage. Car après attaques et contre-attaques, nous retrouvons notre amour pour Dieu plus sûr, plus sincère. Que son épée lui perce le coeur, et que ses flèches se brisent !
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
15. L'esprit, quand il s'applique aux objets visibles, les perçoit naturellement par l'intermédiaire des sens. L'esprit n'est pas de soi mauvais, ni cette perception naturelle, ni les objets, ni les sens : ce sont oeuvres de Dieu. Où donc est le mal ? Évidemment dans la passion qui s'attache aux représentations naturelles et que l'esprit, s'il veille, peut fort bien écarter de l'usage qu'il fait des représentations.
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15. L'esprit, quand il s'applique aux objets visibles, les perçoit naturellement par l'intermédiaire des sens. L'esprit n'est pas de soi mauvais, ni cette perception naturelle, ni les objets, ni les sens : ce sont oeuvres de Dieu. Où donc est le mal ? Évidemment dans la passion qui s'attache aux représentations naturelles et que l'esprit, s'il veille, peut fort bien écarter de l'usage qu'il fait des représentations.
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15. L'esprit, quand il s'applique aux objets visibles, les perçoit naturellement par l'intermédiaire des sens. L'esprit n'est pas de soi mauvais, ni cette perception naturelle, ni les objets, ni les sens : ce sont oeuvres de Dieu. Où donc est le mal ? Évidemment dans la passion qui s'attache aux représentations naturelles et que l'esprit, s'il veille, peut fort bien écarter de l'usage qu'il fait des représentations.
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18. Quand les démons, attaquant ton esprit sur le terrain de la chasteté, l'obsèdent de pensées de luxure, alors, en gémissant, dis au Seigneur : Ils m'ont chassé et me pressent de tous côtés; ô ma joie, délivre-moi de ces assaillants ! (Ps 16,11) et tu seras sauvé.
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19. Redoutable est le démon de la luxure. Il s'attaque avec une force particulière à ceux qui luttent contre la passion, surtout à la faveur de leur inattention à l'égard de leur nourriture, et des rencontres qu'ils ont avec des femmes. A son insu, l'esprit se trouve envahi par la douce impression du plaisir, que la mémoire lui rappelle ensuite, dans le calme de la solitude. Et la chair s'échauffe, suscite en l'esprit des images de toute sorte, le sollicite à consentir au péché. Si tu ne veux pas que de telles pensées s'attardent en toi, insiste sur le jeûne, le travail pénible, les veilles, la sainte vie de retraite dans une prière continuelle.
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19. Redoutable est le démon de la luxure. Il s'attaque avec une force particulière à ceux qui luttent contre la passion, surtout à la faveur de leur inattention à l'égard de leur nourriture, et des rencontres qu'ils ont avec des femmes. A son insu, l'esprit se trouve envahi par la douce impression du plaisir, que la mémoire lui rappelle ensuite, dans le calme de la solitude. Et la chair s'échauffe, suscite en l'esprit des images de toute sorte, le sollicite à consentir au péché. Si tu ne veux pas que de telles pensées s'attardent en toi, insiste sur le jeûne, le travail pénible, les veilles, la sainte vie de retraite dans une prière continuelle.
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20. Ceux qui sans cesse poursuivent notre âme pour la faire tomber dans le péché de pensée ou d'action utilisent les pensées passionnées. Mais devant un esprit qui refuse d'accueillir ces pensées, honteux, ils battront en retraite; et devant un esprit occupé à la contemplation spirituelle, confondus, ils s'enfuiront, en déroute.
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20. Ceux qui sans cesse poursuivent notre âme pour la faire tomber dans le péché de pensée ou d'action utilisent les pensées passionnées. Mais devant un esprit qui refuse d'accueillir ces pensées, honteux, ils battront en retraite; et devant un esprit occupé à la contemplation spirituelle, confondus, ils s'enfuiront, en déroute.
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21. Il joue le rôle de diacre, celui qui oint son esprit pour les combats sacrés et en chasse les pensées passionnées; de prêtre, celui qui l'illumine pour la connaissance des êtres et chasse complètement la fausse connaissance; d'évêque, celui qui le perfectionne par la sainte onction qu'est la connaissance de l'adorable et sainte Trinité.
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25. La récompense de la maîtrise de soi, c'est la liberté intérieure; celle de la foi, la connaissance. Or, de la liberté intérieure naît le discernement, et de la connaissance l'amour de Dieu. .26. Marchant droit dans la voie de l'action, l'esprit progresse vers la prudence; dans celle de la contemplation, vers la connaissance. La première, en effet, conduit le Iutteur au discernement du bien et du mal; la seconde mène l'initié à saisir les raisons des êtres corporels et incorporels. Mais pour obtenir le don de science divine, il faudra, sur les ailes de l'amour, avoir dépassé tous les degrés qu'on vient d'énumérer, être en Dieu; et alors, autant qu'il est possible à un esprit humain, par l'Esprit saint on pénétrera à fond la nature de ses attributs divins.
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25. La récompense de la maîtrise de soi, c'est la liberté intérieure; celle de la foi, la connaissance. Or, de la liberté intérieure naît le discernement, et de la connaissance l'amour de Dieu. .26. Marchant droit dans la voie de l'action, l'esprit progresse vers la prudence; dans celle de la contemplation, vers la connaissance. La première, en effet, conduit le Iutteur au discernement du bien et du mal; la seconde mène l'initié à saisir les raisons des êtres corporels et incorporels. Mais pour obtenir le don de science divine, il faudra, sur les ailes de l'amour, avoir dépassé tous les degrés qu'on vient d'énumérer, être en Dieu; et alors, autant qu'il est possible à un esprit humain, par l'Esprit saint on pénétrera à fond la nature de ses attributs divins.
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25. La récompense de la maîtrise de soi, c'est la liberté intérieure; celle de la foi, la connaissance. Or, de la liberté intérieure naît le discernement, et de la connaissance l'amour de Dieu. .26. Marchant droit dans la voie de l'action, l'esprit progresse vers la prudence; dans celle de la contemplation, vers la connaissance. La première, en effet, conduit le Iutteur au discernement du bien et du mal; la seconde mène l'initié à saisir les raisons des êtres corporels et incorporels. Mais pour obtenir le don de science divine, il faudra, sur les ailes de l'amour, avoir dépassé tous les degrés qu'on vient d'énumérer, être en Dieu; et alors, autant qu'il est possible à un esprit humain, par l'Esprit saint on pénétrera à fond la nature de ses attributs divins.
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27. Au seuil de la connaissance de Dieu, ne cherche pas à connaître son Essence : un esprit humain n'y saurait parvenir; personne ne la connaît que Dieu. Mais considère à fond, tant que tu peux, ses attributs, par exemple, son Éternité, son Infinité, son Invisibilité, sa Bonté, sa Sagesse, sa Puissance qui crée, gouverne et juge les êtres. Car il mérite entre tous le nom de théologien, celui qui cherche à découvrir, si peu que ce soit, la vérité de ces attributs.
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28. Puissant, l'homme qui jouit à l'action la connaissance; par la première, il réfrène la convoitise et apaise la colère, par la seconde, il donne à son esprit des ailes et émigre vers Dieu.
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31. Les passions cachées dans l'âme fournissent aux démons le point d'appui d'où ils poussent en nous les pensées passionnées. Puis, par ces pensées, ils assaillent l'esprit et de vive force le poussent à une attitude de soumission au péché. Une fois dominé, ils l'amènent au péché de pensée, puis, ce péché accompli, ils le précipitent, l'épée dans les reins, au péché d'action. Enfin, ayant par ces pensées, complètement dévasté l'âme, ils se retirent avec elles, et seul reste dans l'âme, dressé, comme une idole, le péché. Quand vous verrez, dit le Seigneur, l'abomination de la désolation dressée dans le lieu saint... Que celui qui lit comprenne ! Le lieu saint, le temple de Dieu dans l'être humain, c'est l'esprit, où les démons, après avoir ravagé l'âme par les pensées passionnées, ont dressé, l'idole du péché. Quant à son application historique, cette prédiction s'est déjà réalisée : la lecture de Josèphe, à mon avis, ne permet aucun doute. Certains pourtant disent que tout cela se reproduira aux jours de l'Antichrist.
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31. Les passions cachées dans l'âme fournissent aux démons le point d'appui d'où ils poussent en nous les pensées passionnées. Puis, par ces pensées, ils assaillent l'esprit et de vive force le poussent à une attitude de soumission au péché. Une fois dominé, ils l'amènent au péché de pensée, puis, ce péché accompli, ils le précipitent, l'épée dans les reins, au péché d'action. Enfin, ayant par ces pensées, complètement dévasté l'âme, ils se retirent avec elles, et seul reste dans l'âme, dressé, comme une idole, le péché. Quand vous verrez, dit le Seigneur, l'abomination de la désolation dressée dans le lieu saint... Que celui qui lit comprenne ! Le lieu saint, le temple de Dieu dans l'être humain, c'est l'esprit, où les démons, après avoir ravagé l'âme par les pensées passionnées, ont dressé, l'idole du péché. Quant à son application historique, cette prédiction s'est déjà réalisée : la lecture de Josèphe, à mon avis, ne permet aucun doute. Certains pourtant disent que tout cela se reproduira aux jours de l'Antichrist.
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48. Chez l'homme dont l'esprit est tout entier tourné vers Dieu, même la convoitise donne des forces à l'amour brûlant pour Dieu, même la puissance irascible se porte d'une pièce vers la charité divine. C'est qu'a la longue, la participation a l'illumination divine l'a rendu lumineux lui-même et concentrant en soi toute la force de ses puissances inférieures, il l'a tournée vers un amour brûlant, insatiable, comme je viens de le dire, et une charité sans limite pour Dieu, la convertissant totalement du terrestre au divin.
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51. Si tu constates que ton esprit s'occupe avec plaisir d'objets matériels et s'attarde à considérer leurs représentations, reconnais que tu préfères ces objets à Dieu. Où est ton trésor, là est ton coeur. (Mt 6,21).
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52. L'esprit uni à Dieu, et de manière habituelle, par la prière et l'amour, acquiert sagesse, bonté, puissance, bienfaisance, libéralité, grandeur d'âme.., bref, il porte en lui-même, pour ainsi dire, les attributs de Dieu. Mais qu'il abandonne ces dispositions pour s'orienter vers les objets matériels, il deviendra vite un véritable animal, s'il ne cherche que son plaisir, et même un animal sauvage, si pour ces objets il entre en lutte avec les autres.
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53. Le monde, pour l'Écriture, c'est l'ensemble des objets matériels et les mondains, ceux dont l'esprit est accaparé par ces objets. A eux s'adressent ces objurgations : N'aimez pas le monde, ni ce qui vient du monde : la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, l'ostentation du genre de vie. Cela n'est pas de Dieu, mais du monde.., et la suite. (1 Jn 2,15).
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54. Est moine celui qui a séparé son esprit du monde matériel pour s'attacher fermement à Dieu par la maîtrise de soi, l'amour, le chant des psaumes, la prière.
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55. L'éleveur, au sens spirituel, c'est l'homme d'action. Les vertus morales acquises, en effet, sont figurées par les bestiaux, et c'est pourquoi Jacob disait : Tes enfants seront des élévateurs. Le berger, c'est le gnostique. Car les pensées sont des moutons, gardés par l'esprit sur les montagnes de la contemplation; et c'est pourquoi tous les bergers sont objet d'horreur pour les Égyptiens, (Gen 47,5) autrement dit les puissances ennemie.
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56. Dépravé, l'esprit suit le corps que ses sens entraînent sur la pente de ses convoitises et de ses plaisirs propres; et il consent à ses imaginations et impulsions. Vertueux, il garde la tempérance, résiste aux imaginations et, impulsions passionnées; bien plus, il s'efforce de tourner au bien les motivements de ce genre qu'il éprouve.
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61. Le plus haut état de la prière, dit-on, c'est lorsque l'esprit sort de la chair et du monde et, dans l'acte de la prière, perd toute matière et toute forme. Se maintenir sans défaillance en cet état, c'est en réalité prier sans cesse.
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62. De même que le corps en mourant, se sépare de tous les biens de cette vie, de même, l'esprit qui au sommet de la prière meurt lui aussi quitte toutes les représentations qu'il a du monde. Car sans mourir de cette mort-là, il ne saurait se trouver et vivre avec Dieu.
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64. Le corps, entraîné au péché par les objets, a pour se corriger les vertus corporelles qui le rendront sage. Pareillement l'esprit, entraîné, au péché par les pensées passionnées, a pour se corriger les vertus de l'âme, et la sagesse, pour lui, consiste à voir toute chose dans la simplicité et la liberté intérieure.
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68. L'esprit, chez un affamé, se représente du pain; chez un homme qui a soif, de l'eau; chez un gourmand, des plats de toute sorte; chez un voluptueux, de belles femmes; chez un vaniteux, des compliments; chez un avare, des bénéfices; chez un rancunier, une bonne vengeance contre l'offenseur; chez un envieux, le malheur de celui qu'il envie.., et ainsi de toutes les passions car l'esprit tourmenté de passion accueille les pensées passionnées, qu'il veille ou qu'il rêve.
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68. L'esprit, chez un affamé, se représente du pain; chez un homme qui a soif, de l'eau; chez un gourmand, des plats de toute sorte; chez un voluptueux, de belles femmes; chez un vaniteux, des compliments; chez un avare, des bénéfices; chez un rancunier, une bonne vengeance contre l'offenseur; chez un envieux, le malheur de celui qu'il envie.., et ainsi de toutes les passions car l'esprit tourmenté de passion accueille les pensées passionnées, qu'il veille ou qu'il rêve.
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69. Lorsque la convoitise est excitée, l'esprit voit en rêve ce qui fait la matière du plaisir. Quand c'est la colère, il voit ce qui provoque la crainte. De plus, les démons impurs s'emploient à fortifier nos passions et, en s'appuyant sur notre négligence complice, il les excitent. Les bons anges, au contraire, les apaisent et nous poussent à la pratique des vertus.
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70. Si la puissance concupiscible de l'âme est trop souvent excitée, elle crée en elle une propension habituelle au plaisir, dont on aura peine à se défaire. Si l'irascible est constamment troublée, elle rend l'esprit peureux et lâche. Le remède, c'est dans le premier cas la pratique assidue du jeûne, des veilles, de la prière, dans le second la bonté, la bienfaisance, l'amour et la miséricorde.
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73. Les objets sont extérieurs à l'esprit; leurs représentations, elles, sont dans l'esprit. C'est donc de l'esprit que dépend le bon ou le mauvais usage des objets; car le mauvais usage des objets est conséquence du mauvais usage des représentations.
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73. Les objets sont extérieurs à l'esprit; leurs représentations, elles, sont dans l'esprit. C'est donc de l'esprit que dépend le bon ou le mauvais usage des objets; car le mauvais usage des objets est conséquence du mauvais usage des représentations.
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73. Les objets sont extérieurs à l'esprit; leurs représentations, elles, sont dans l'esprit. C'est donc de l'esprit que dépend le bon ou le mauvais usage des objets; car le mauvais usage des objets est conséquence du mauvais usage des représentations.
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74. Trois voies donnent accès dans l'esprit aux pensées passionnées : la sensation, la complexion physique, la mémoire. La sensation, quand se présentent des objets qui nous passionnent, ce qui pousse l'esprit aux pensées passionnées. La complexion physique, quand, par suite d'une vie peu réglée, ou de l'action des démons, ou d'une maladie, la santé du corps s'altère, inspirant à l'esprit des pensées passionnées même contre la Providence. La mémoire enfin, quand renaît le souvenir des objets qui nous passionnent, ce qui inspire également à l'esprit des pensées passionnées.
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74. Trois voies donnent accès dans l'esprit aux pensées passionnées : la sensation, la complexion physique, la mémoire. La sensation, quand se présentent des objets qui nous passionnent, ce qui pousse l'esprit aux pensées passionnées. La complexion physique, quand, par suite d'une vie peu réglée, ou de l'action des démons, ou d'une maladie, la santé du corps s'altère, inspirant à l'esprit des pensées passionnées même contre la Providence. La mémoire enfin, quand renaît le souvenir des objets qui nous passionnent, ce qui inspire également à l'esprit des pensées passionnées.
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74. Trois voies donnent accès dans l'esprit aux pensées passionnées : la sensation, la complexion physique, la mémoire. La sensation, quand se présentent des objets qui nous passionnent, ce qui pousse l'esprit aux pensées passionnées. La complexion physique, quand, par suite d'une vie peu réglée, ou de l'action des démons, ou d'une maladie, la santé du corps s'altère, inspirant à l'esprit des pensées passionnées même contre la Providence. La mémoire enfin, quand renaît le souvenir des objets qui nous passionnent, ce qui inspire également à l'esprit des pensées passionnées.
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74. Trois voies donnent accès dans l'esprit aux pensées passionnées : la sensation, la complexion physique, la mémoire. La sensation, quand se présentent des objets qui nous passionnent, ce qui pousse l'esprit aux pensées passionnées. La complexion physique, quand, par suite d'une vie peu réglée, ou de l'action des démons, ou d'une maladie, la santé du corps s'altère, inspirant à l'esprit des pensées passionnées même contre la Providence. La mémoire enfin, quand renaît le souvenir des objets qui nous passionnent, ce qui inspire également à l'esprit des pensées passionnées.
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82. Certains prétendent qu'il n'y aurait pas de mal dans les êtres, sans une seconde puissance, qui de son côté nous tire vers ce mal. En fait, cette puissance n'est autre que notre négligence à l'égard de l'activité naturelle de l'esprit. Ceux qui ont soin de cette activité se conduisent toujours bien, jamais mal. Si donc tu veux, toi aussi, secouer ta négligence, avec elle tu chasses la malice, c'est-à-dire le mauvais usage des pensées, qui a pour conséquence le mauvais usage des choses.
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84. On distingue les pensées simples et les pensées complexes. Simples, les pensées sans passion; complexes, les pensées passionnées, composées de passion et de représentation. Ainsi l'on peut constater que nombre de pensées simples font escorte aux pensées complexes, dès le premier mouvement vers le péché de pensée. Ainsi, en matière d'argent : dans la mémoire d'un tel surgit une pensée passionnée au sujet d'une somme d'argent, en imagination, il se porte au vol; le péché est consommé dans l'esprit. Au souvenir de l'argent faisaient escorte celui de la bourse, du coffre, de l'appartement que sais-je ? Le souvenir de l'argent était complexe : à lui s'attachait la passion; tandis que celui de la bourse, du coffre et autres était simple, l'esprit n'ayant aucune passion pour ces objets. Et ainsi de toute pensée : vaine gloire, femmes ou autres. Les pensées qui escortent la pensée passionnée ne sont pas pour autant passionnées, c'est trop clair. Et ceci nous permet de discerner de quelle nature sont les pensées passionnées et de quelle nature les pensées simples.
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84. On distingue les pensées simples et les pensées complexes. Simples, les pensées sans passion; complexes, les pensées passionnées, composées de passion et de représentation. Ainsi l'on peut constater que nombre de pensées simples font escorte aux pensées complexes, dès le premier mouvement vers le péché de pensée. Ainsi, en matière d'argent : dans la mémoire d'un tel surgit une pensée passionnée au sujet d'une somme d'argent, en imagination, il se porte au vol; le péché est consommé dans l'esprit. Au souvenir de l'argent faisaient escorte celui de la bourse, du coffre, de l'appartement que sais-je ? Le souvenir de l'argent était complexe : à lui s'attachait la passion; tandis que celui de la bourse, du coffre et autres était simple, l'esprit n'ayant aucune passion pour ces objets. Et ainsi de toute pensée : vaine gloire, femmes ou autres. Les pensées qui escortent la pensée passionnée ne sont pas pour autant passionnées, c'est trop clair. Et ceci nous permet de discerner de quelle nature sont les pensées passionnées et de quelle nature les pensées simples.
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85. Certains prétendent que les démons viennent toucher pendant le sommeil les parties honteuses, ce qui émeut les passions de Iuxure; puis cette passion mise en branle suscite à travers la mémoire jusqu'en l'esprit une image de femme. Pour d'autres, ces mêmes démons apparaîtraient à l'esprit sous forme de femmes, toucheraient les parties honteuses pour provoquer le désir; et ainsi surgiraient les images. Pour d'autres au contraire, c'est la passion propre du démon qui, lorsqu'il s'approche, excite la nôtre; et pendant qu'elle suscite les images dans la mémoire, l'âme s'attache aux pensées. On pourrait en dire autant de toutes les images passionnées et expliquer leur apparition de telle ou telle manière. Une chose est certaine; c'est qu'en aucun cas les démons n'acquièrent le pouvoir d'exciter une passion, qu'on dorme ou qu'on veille, si l'amour et la maîtrise de soi résident dans l'âme.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
85. Certains prétendent que les démons viennent toucher pendant le sommeil les parties honteuses, ce qui émeut les passions de Iuxure; puis cette passion mise en branle suscite à travers la mémoire jusqu'en l'esprit une image de femme. Pour d'autres, ces mêmes démons apparaîtraient à l'esprit sous forme de femmes, toucheraient les parties honteuses pour provoquer le désir; et ainsi surgiraient les images. Pour d'autres au contraire, c'est la passion propre du démon qui, lorsqu'il s'approche, excite la nôtre; et pendant qu'elle suscite les images dans la mémoire, l'âme s'attache aux pensées. On pourrait en dire autant de toutes les images passionnées et expliquer leur apparition de telle ou telle manière. Une chose est certaine; c'est qu'en aucun cas les démons n'acquièrent le pouvoir d'exciter une passion, qu'on dorme ou qu'on veille, si l'amour et la maîtrise de soi résident dans l'âme.
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86. Parmi les préceptes de la loi, il en est dont nous devons garder et la lettre et l'esprit, et d'autres, dont nous ne devons garder que l'esprit. Lettre et esprit : tu ne seras pas adultère, tu ne tueras pas, tu ne mentiras pas, et autres de ce genre (et l'observation spirituelle est triple). Esprit seulement : la circoncision, le repos du sabbat, l'immolation de l'agneau, le repas de pains azymes et d'herbes amères, et autres du même genre.
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86. Parmi les préceptes de la loi, il en est dont nous devons garder et la lettre et l'esprit, et d'autres, dont nous ne devons garder que l'esprit. Lettre et esprit : tu ne seras pas adultère, tu ne tueras pas, tu ne mentiras pas, et autres de ce genre (et l'observation spirituelle est triple). Esprit seulement : la circoncision, le repos du sabbat, l'immolation de l'agneau, le repas de pains azymes et d'herbes amères, et autres du même genre.
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86. Parmi les préceptes de la loi, il en est dont nous devons garder et la lettre et l'esprit, et d'autres, dont nous ne devons garder que l'esprit. Lettre et esprit : tu ne seras pas adultère, tu ne tueras pas, tu ne mentiras pas, et autres de ce genre (et l'observation spirituelle est triple). Esprit seulement : la circoncision, le repos du sabbat, l'immolation de l'agneau, le repas de pains azymes et d'herbes amères, et autres du même genre.
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86. Parmi les préceptes de la loi, il en est dont nous devons garder et la lettre et l'esprit, et d'autres, dont nous ne devons garder que l'esprit. Lettre et esprit : tu ne seras pas adultère, tu ne tueras pas, tu ne mentiras pas, et autres de ce genre (et l'observation spirituelle est triple). Esprit seulement : la circoncision, le repos du sabbat, l'immolation de l'agneau, le repas de pains azymes et d'herbes amères, et autres du même genre.
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92. Il est, dit-on, quatre forces qui modifient l'état du corps, et fournissent ainsi à l'esprit des pensées passionnées ou non : les anges, les démons, l'atmosphère, la nourriture. Les anges, dit-on, le modifient par parole; les démons, par attouchement, l'atmosphère, par ses variations; la nourriture, par les qualités des mets et des boissons, leur abondance ou leur rareté. En outre, il y a les modifications qui viennent à l'âme par la mémoire, l'ouïe et la vue et on elle est directement affectée par ce qui lui arrive, chagrins ou joies. Alors c'est l'âme qui subit ces impressions et modifie l'état du corps; tandis que, dans les cas ci-dessus énumérés, c'est l'état du corps qui, modifié, fournit à l'esprit des pensées.
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92. Il est, dit-on, quatre forces qui modifient l'état du corps, et fournissent ainsi à l'esprit des pensées passionnées ou non : les anges, les démons, l'atmosphère, la nourriture. Les anges, dit-on, le modifient par parole; les démons, par attouchement, l'atmosphère, par ses variations; la nourriture, par les qualités des mets et des boissons, leur abondance ou leur rareté. En outre, il y a les modifications qui viennent à l'âme par la mémoire, l'ouïe et la vue et on elle est directement affectée par ce qui lui arrive, chagrins ou joies. Alors c'est l'âme qui subit ces impressions et modifie l'état du corps; tandis que, dans les cas ci-dessus énumérés, c'est l'état du corps qui, modifié, fournit à l'esprit des pensées.
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97. Un esprit purifié voit les choses en leur rectitude; une parole exercée les exprime clairement, une oreille fine les perçoit bien. Mais l'homme dépourvu de ces qualités s'en prend à celui qui a parlé.
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100. C'est lorsqu'il a été dépouillé des passions et qu'il s'illumine dans la contemplation des êtres, que l'esprit devient capable de parvenir à Dieu et de prier comme il le doit.
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2. Tu as préparé devant moi une table, etc... La table désigne ici la vertu active, car c'est bien elle que le Christ nous a préparée à la face de ceux qui nous oppriment. L'huile qui oint l'esprit, c'est la contemplation des créatures. La coupe divine, c'est la connaissance dont l'objet est Dieu. Sa Miséricorde, c'est son Verbe, Dieu lui aussi; en effet ce Verbe, grâce à son Incarnation, ne cesse de nous poursuivre tous les jours, jusqu'à ce qu'il ait atteint tous ceux qui seront sauvés. (Exemple : saint Paul.) Quant à la maison, c'est le royaume, où doivent être ramenés tous les saints, et, les longs jours, la vie éternelle.
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4. Ce n'est pas la nourriture qu'est un mal, mais la gourmandise, ni la procréation des enfants, mais la luxure; ni les richesses, mais l'avarice; ni la gloire, mais la vaine gloire. Par conséquent, rien de ce qui est n'est mauvais, mais seulement l'abus, suite de la négligence de notre esprit à se cultiver selon la nature.
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12. S'il se tourne vers Dieu, l'esprit traite son corps en esclave et ne lui accorde que ce qu'il lui faut pour vivre; s'il se tourne vers la chair, il devient l'esclave des passions et a sans cesse l'esprit tendu vers ses convoitises.
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12. S'il se tourne vers Dieu, l'esprit traite son corps en esclave et ne lui accorde que ce qu'il lui faut pour vivre; s'il se tourne vers la chair, il devient l'esclave des passions et a sans cesse l'esprit tendu vers ses convoitises.
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13. Veux-tu devenir maître de tes pensées ? Surveille tes passions, chasse-les constamment de ton esprit, loin de tes pensées. Ainsi, contre la luxure, jeûne, veille, fais des travaux pénibles, isole-toi; contre l'irritation et la tristesse, méprise la gloire, l'obscurité, les objets matériels; contre le ressentiment, prie pour celui qui t'a offensé, et tu seras délivré.
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20. En général, les pensées passionnées tantôt excitent dans l'âme la partie concupiscible, tantôt bouleversent l'irascible, tantôt obscurcissent la raisonnable. Le résultat, c'est l'aveuglement de l'esprit pour la contemplation spirituelle et pour l'envol de la prière. C'est pourquoi le moine, et particulièrement le solitaire, doit surveiller exactement ses pensées pour en reconnaître et supprimer les causes. Et voici comment les reconnaître : quand des images de femmes, auxquelles se mêle la passion, excitent la puissance concupiscible, la cause en est l'intempérance dans le boire et le manger, jointe à de fréquents entretiens, que rien ne justifie, avec des femmes; la suppression de ces causes s'obtient par la faim, la soif, les veilles et la solitude. Quand la puissance irascible, à son tour, se trouble au souvenir passionné d'offenses reçues, la cause en est l'amour du plaisir, la vanité, l'attachement, aux objets matériels. (Car ce qui afflige l'homme qui n'a pas la liberté intérieure, c'est d'en être privé ou de ne pouvoir les atteindre.) La suppression de ces causes s'obtient par le mépris - un mépris absolu - de ces bagatelles, par amour pour Dieu.
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23. Les êtres sont extérieurs à l'esprit, qui n'a d'eux, en lui-même, qu'une représentation. Mais il en va tout autrement pour Dieu, l'Éternel, l'Infini, l'Invisible, qui leur donne gratuitement l'être, le bien être, et le toujours être.
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24. La nature raisonnable et spirituelle participe du Dieu saint, par son être même, par son aptitude à bien être (je veux dire par son aptitude à la bonté et à la sagesse), et par le don gratuit du toujours être. C'est par cette participation qu'elle connaît Dieu. Quant aux créatures, elle en a la connaissance, je le répète, par la perception de la sagesse ordonnatrice, qu'elle contemple dans les créatures et qui se retrouve, à l'état pur et non sous forme de substance, dans l'esprit.
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34 L'impureté de l'esprit, c'est d'abord la fausse connaissance; puis l'ignorance d'un des universaux (je ne parle, bien sûr, que de l'esprit humain, car pour celui de l'ange, il ne peut rien ignorer, même du singulier); en troisième lieu, la pensée passionnée; enfin le consentement au péché.
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34 L'impureté de l'esprit, c'est d'abord la fausse connaissance; puis l'ignorance d'un des universaux (je ne parle, bien sûr, que de l'esprit humain, car pour celui de l'ange, il ne peut rien ignorer, même du singulier); en troisième lieu, la pensée passionnée; enfin le consentement au péché.
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35. L'impureté de l'âme, c'est de ne pas agir selon la nature, car c'est la, ce qui fait naître dans l'esprit les pensées passionnées. Elle agit, en effet, selon la nature, lorsque ses puissances de passion - je veux dire l'irascible et le concupiscible - en face des objets et de leurs représentations, demeurent en paix.
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39. Amour et maîtrise de soi gardent l'esprit libre en face des objets et de leurs représentations.
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40. L'esprit ami de Dieu combat non pas les objets ni leurs représentations, mais les passions qui se lient à ces représentations. Ainsi, il ne s'en prend pas aux femmes, ni à qui l'a contristé, ni aux images qui les représentent, mais aux passions liées à ces images.
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44. Les vertus dégagent l'esprit des passions les contemplations spirituelles, des représentations simples; la prière pure, enfin, l'établit près de Dieu.
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47. Il y a dans le monde bien des pauvres d'esprit, mais non pas de ceux qu'il faudrait; bien des affligés, mais d'avoir perdu leur fortune ou leurs enfants; bien des doux, mais pour satisfaire des passions impures; bien des affamés ou altérés, mais du bien d'autrui et de profits injustes; bien des compatissants, mais pour leur corps et ce qui l'intéresse, des coeurs purs, mais par vanité; des pacifiques, mais parce qu'ils ont soumis l'âme à la chair; des persécutés sans nombre, mais pour leur indiscipline; beaucoup d'injuriés, mais à cause de péchés honteux. Ceux-là seulement sont heureux, qui agissent et endurent pour le Christ et d'après le Christ. Pourquoi ? Parce qu'à eux est le royaume des cieux, parce qu'ils verront Dieu, etc... Ce n'est donc pas parce qu'ils agissent ou endurent qu'ils sont heureux, mais parce qu'ils agissent ou endurent pour le Christ et à l'imitation du Christ.
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49. Chasse de ton esprit, à l'heure de l'oraison, jusqu'aux simples représentations des réalités humaines et aux images de toutes les créatures. Sinon, l'imagination occupée d'objets de moindre importance, tu perdras Celui qui leur est incomparablement supérieur à tous.
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52. Si tu constates que ton esprit, devant ses représentations du monde, demeure dans la piété et la justice, sache que ton corps lui aussi restera pur et sans péché. Mais si tu constates que ton esprit, au lieu de couper court, s'attarde à la pensée du péché, sache que ton corps lui non plus ne sera pas longtemps sans succomber.
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52. Si tu constates que ton esprit, devant ses représentations du monde, demeure dans la piété et la justice, sache que ton corps lui aussi restera pur et sans péché. Mais si tu constates que ton esprit, au lieu de couper court, s'attarde à la pensée du péché, sache que ton corps lui non plus ne sera pas longtemps sans succomber.
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53. De même que le corps a pour monde les choses, l'esprit a pour monde les représentations intellectuelles. Et de même que le corps commet le péché de fornication avec le corps d'une femme, l'esprit pèche avec la représentation qu'il se fait de la femme, et l'image de son propre corps. Car en imagination il voit l'image de son corps unie à l'image du corps de la femme, tout comme en imagination l'image de son propre corps marque sa répulsion envers l'image de son offenseur, et ainsi pour tous les péchés. A l'action que le corps exerce, concrètement, sur le monde des choses, répond l'action de l'esprit sur le monde des représentations.
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53. De même que le corps a pour monde les choses, l'esprit a pour monde les représentations intellectuelles. Et de même que le corps commet le péché de fornication avec le corps d'une femme, l'esprit pèche avec la représentation qu'il se fait de la femme, et l'image de son propre corps. Car en imagination il voit l'image de son corps unie à l'image du corps de la femme, tout comme en imagination l'image de son propre corps marque sa répulsion envers l'image de son offenseur, et ainsi pour tous les péchés. A l'action que le corps exerce, concrètement, sur le monde des choses, répond l'action de l'esprit sur le monde des représentations.
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53. De même que le corps a pour monde les choses, l'esprit a pour monde les représentations intellectuelles. Et de même que le corps commet le péché de fornication avec le corps d'une femme, l'esprit pèche avec la représentation qu'il se fait de la femme, et l'image de son propre corps. Car en imagination il voit l'image de son corps unie à l'image du corps de la femme, tout comme en imagination l'image de son propre corps marque sa répulsion envers l'image de son offenseur, et ainsi pour tous les péchés. A l'action que le corps exerce, concrètement, sur le monde des choses, répond l'action de l'esprit sur le monde des représentations.
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56. L'égoïsme, je l'ai dit bien souvent, est à la source de toutes les pensées passionnées. De Iui naissent, en effet, les trois vices capitaux de la convoitise : gourmandise, avarice, vaine gloire. Puis de la gourmandise naît la luxure, de l'avarice la cupidité, de la vaine gloire l'orgueil. Et tous les autres, sans exception, se rattachent à l'un des trois précédents : colère, tristesse, rancune, paresse, envie, médisance, etc... Passions qui toutes ensemble enchaînent l'esprit aux objets matériels, le retiennent sur la terre, pesant sur lui comme une masse de pierre. Sur lui, plus léger par nature et plus vif que le feu !
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58. Les parents restent vivement attachés aux corps qu'ils ont produits; et l'esprit, par nature, tient aux raisons qu'il découvre. Aux yeux des parents passionnés, des enfants difformes jusqu'au complet ridicule sont entre tous beaux et bien bâtis; et à un esprit qui manque de sens, ses raisons, même tout à fait absurdes, semblent les plus sensées du monde. Le sage, lui, ne tient pas à ses raisons. Se sent-il convaincu de leur vérité et de leur excellence ? Raison de plus pour qu'il se défie de son jugement, et soumette à d'autres hommes avisés ses raisons et ses pensées, crainte de courir et d'avoir couru pour rien. Et c'est sur eux qu'il prend assurance.
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58. Les parents restent vivement attachés aux corps qu'ils ont produits; et l'esprit, par nature, tient aux raisons qu'il découvre. Aux yeux des parents passionnés, des enfants difformes jusqu'au complet ridicule sont entre tous beaux et bien bâtis; et à un esprit qui manque de sens, ses raisons, même tout à fait absurdes, semblent les plus sensées du monde. Le sage, lui, ne tient pas à ses raisons. Se sent-il convaincu de leur vérité et de leur excellence ? Raison de plus pour qu'il se défie de son jugement, et soumette à d'autres hommes avisés ses raisons et ses pensées, crainte de courir et d'avoir couru pour rien. Et c'est sur eux qu'il prend assurance.
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64. Celui dont les désirs se bornent aux choses de la terre convoite la bonne chère, le plaisir sexuel, la célébrité, la fortune et tout ce qu'elles entraînent. Si son esprit ne trouve aucun objet meilleur vers quoi tourner la convoitise, il restera à jamais incapable de mépriser ces objets-là. Combien plus excellente, sans comparaison, la connaissance de Dieu et des réalités divines !
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66. La connaissance sans passion des choses divines ne mène pas effectivement l'esprit au mépris des objets matériels. Son action ressemble à celle de la pensée simple d'un objet sensible. Aussi le cas n'est-il pas rare d'hommes qui, tout en avant la connaissance, se vautrent, comme des porcs dans la boue, parmi les passions charnelles. Ils ont d'abord, en effet, grâce à leur application, atteint une certaine pureté, et trouvé la connaissance; puis ils se sont laissés aller, semblables à Saül, qui, d'abord jugé digne de régner, gouverna indignement, et, par un redoutable effet de la Colère divine, fut rejeté.
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67. Pas plus que la simple pensée d'une chose humaine ne mène forcément l'esprit au mépris des choses divines, la simple connaissance des choses divines ne le mène effectivement au mépris des choses humaines, parce qu'ici-bas la vérité n'apparaît qu'en ombres et en figures. C'est pourquoi il faut cette bienheureuse passion de la sainte charité pour attacher l'esprit aux objets de la contemplation spirituelle et lui faire préférer, au matériel l'immatériel, au sensible, le spirituel et le divin.
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67. Pas plus que la simple pensée d'une chose humaine ne mène forcément l'esprit au mépris des choses divines, la simple connaissance des choses divines ne le mène effectivement au mépris des choses humaines, parce qu'ici-bas la vérité n'apparaît qu'en ombres et en figures. C'est pourquoi il faut cette bienheureuse passion de la sainte charité pour attacher l'esprit aux objets de la contemplation spirituelle et lui faire préférer, au matériel l'immatériel, au sensible, le spirituel et le divin.
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70. Si nous nous adonnons à la contemplation spirituelle tout en n'ayant que très imparfaitement extirpé les causes de nos passions, et si nous n'y persévérons pas constamment en faisant d'elle notre occupation, bien vite nous nous orienterons de nouveau dans le sens des passions charnelles. Et nous n'en aurons recueilli d'autre fruit qu'une connaissance aride, mêlée de présomption, qui peu à peu en viendra à s'obscurcir elle-même, tandis que l'esprit se tournera tout entier vers les réalités matérielles.
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71. Passion d'amour blâmable, celle qui occupe l'esprit aux réalités matérielles; passion d'amour louable, celle qui l'attache au divin. Car en général, lorsqu'il s'arrête à un objet, l'esprit est à l'aise et là où il est à l'aise viennent converger ses désirs et son amour; soit vers les réalités divines et spirituelles qui lui conviennent en propre, soit vers les réalités et passions charnelles.
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71. Passion d'amour blâmable, celle qui occupe l'esprit aux réalités matérielles; passion d'amour louable, celle qui l'attache au divin. Car en général, lorsqu'il s'arrête à un objet, l'esprit est à l'aise et là où il est à l'aise viennent converger ses désirs et son amour; soit vers les réalités divines et spirituelles qui lui conviennent en propre, soit vers les réalités et passions charnelles.
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72. C'est Dieu qui a créé le monde visible et l'invisible, Lui aussi, évidemment, qui a fait Lui-même l'âme et le corps. Or si le monde visible est si beau, que doit donc être l'invisible ! Et si l'invisible est préférable au visible, combien plus excellent encore Dieu qui les a faits tous deux ! Mais si le Créateur de l'univers surpasse en excellence toutes les créatures, comment expliquer que l'esprit délaisse le mieux pour s'attacher au pire : les passions charnelles ? N'est-ce pas que, de naissance orienté vers elles, accoutumé à elles, il n'a jamais connu l'expérience vraie de l'excellence suprême, du Transcendant ? Exerçons-le donc longuement à s'abstenir des plaisirs, à s'occuper au divin et, retiré peu à peu de son état, nous le verrons, à fur et à mesure de ses progrès dans les voies de Dieu, se trouver à l'aise et reconnaître sa véritable dignité; en fin de quoi, tout son désir se tournera vers le divin.
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74. Pour un même péché d'action, il y a chez les pécheurs non pas une seule, mais diverses attitudes d'esprit possibles. Autre par exemple est le péché d'habitude, autre le péché de surprise. En ce dernier cas, ni avant ni après la faute on n'en a la pleine advertance, mais on regrette, et vivement, ce qui est arrivé. Pour le péché d'habitude, au contraire : avant, on ne cessait de pécher en pensée; après l'acte, la disposition demeure la même.
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78. Autre chose est d'être débarrassé des pensées, autre chose d'être délivré des passions. Souvent on est débarrassé des pensées par l'absence des objets pour lesquels on a une passion. Mais les passions restent cachées dans l'âme; que réapparaissent les objets, elles se révèlent. D'où nécessité de surveiller l'esprit en présence des objets, et de discerner pourquoi il éprouve la passion.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
89. Tristesse el rancune vont de pair. Si donc l'esprit éprouve de la tristesse à se représenter le visage d'un frère, c'est la preuve qu'il a contre lui de la rancune. Les voies des rancuniers mènent à la mort, parce que tout homme qui garde de la rancune est injuste. (Pro 12,28).
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92. Notre esprit est placé entre deux influences, qui agissent sur lui chacune pour son compte : vertu d'un côté, vice de l'autre. Il s'agit d'un ange et d'un démon. L'esprit est libre et il a le pouvoir de céder ou de s'opposer à celle qu'il veut.
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92. Notre esprit est placé entre deux influences, qui agissent sur lui chacune pour son compte : vertu d'un côté, vice de l'autre. Il s'agit d'un ange et d'un démon. L'esprit est libre et il a le pouvoir de céder ou de s'opposer à celle qu'il veut.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
94. Quand l'esprit est purifié, parfois Dieu Lui-même le visite et l'instruit, parfois les bons anges l'inspirent au bien, ou la nature des objets, qu'il perçoit dans sa contemplation.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
95. Quant l'esprit a été jugé d'obtenir la connaissance, son devoir est de garder sans passion ses représentations des choses, sans erreur les objets de sa contemplation, et sans trouble son état de prière. Mais les préserver sans cesse des brusques révoltes de la chair, quand les ruses du démon l'aveuglent, il ne le peut.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
97. Recevant les représentations des choses, l'esprit se modèle naturellement sur chacune d'elles. Quand il les contemple spirituellement, il prend diverses manières d'être suivant les divers objets de sa contemplation. Quand il est en Dieu, il perd toute forme et toute figure.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
99. L'esprit est parfait, quand grâce à une foi véritable, il possède dans la super-ignorance la super-connaissance du Super-inconnaissable; quand il saisit dans les créatures leurs raisons universelles; quand, sur l'action en elles de la providence et du jugement divins, il a reçu de Dieu la connaissance qui comprend tout en soi. Tout cela, bien entendu, autant qu'il est possible à l'homme.
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1. Lorsqu'il pense à l'Infinité absolue de Dieu, cette mer infranchissable et tant désirée, l'esprit d'abord admire. Puis l'étonnement le saisit, à se demander comment, du néant, elle a amené les êtres à l'existence. Mais, tout comme sa Grandeur est sans bornes, sa Prudence est impénétrable.
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2. Comment, en effet, ne pas admirer, contemplant cet immense océan de bonté, qui surpasse l'étonnement ? Comment ne pas être ravi, à se représenter comment et de quoi ont été faits la nature raisonnable et spirituelle et, sans matière préexistante à leur production, les quatre éléments qui composent les corps ? Quelle est cette puissance qui, en passant à l'acte, les a amenés à l'existence ? Mais les disciples des Grecs n'acceptent pas cette doctrine, ignorants qu'ils sont de la bonté toute-puissante, de sa sagesse et de sa science efficaces et qui dépassent l'esprit.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
3. Dieu, de toute éternité existant comme Créateur, crée lorsqu'Il le veut, dans sa Bonté infinie, par son Verbe consubstantiel et son Esprit. Et ne va pas te demander : Pourquoi a-t-Il créé à tel moment, quand toujours sa Bonté demeure ? - je te le répète : l'insaisissable Sagesse de l'Essence infinie échappe a la connaissance humaine.
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5. La raison pour laquelle Dieu a créé, cherche-la : c'est un objet de connaissance. Comment et pourquoi Il a créé dans le temps, ne le cherche pas : cela dépasse ton esprit. Les Décisions de Dieu sont, les unes compréhensibles, les autres incompréhensibles pour les hommes. Car une contemplation sans frein, a dit un saint, risquerait de conduire aux abîmes.
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39. Celui qui est parvenu à la possession de la charité parfaite et a mis sa vie entière à l'unisson, celui-là exprime par l'Esprit saint le Seigneur Jésus. Dans le cas contraire, c'est, bien entendu, le contraire qui se produit.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
40. Toujours l'amour de Dieu donne volontiers à l'esprit des ailes pour aller vers Dieu; l'amour du prochain dispose à toujours penser du bien de lui.
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42. Quand tu n'as dans la pensée ni parole ni acte honteux, que tu ne gardes pas rancune à qui t'a fait du tort ou a dit du mal de toi, et qu'au moment de la prière tu as toujours l'esprit sans matière et sans forme, sache alors que tu as atteint la pleine mesure de la liberté intérieure et de la charité parfaite.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
45. L'esprit agit selon la nature, quand il tient les passions assujetties, étudie les raisons des êtres, et demeure auprès de Dieu.
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46. Ce que la santé et la maladie sont au corps du vivant, la lumière et l'obscurité le sont à l'oeil; de même la vertu et le vice par rapport à l'âme, la connaissance et l'ignorance par rapport à l'esprit.
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47. Les commandements, la doctrine, la foi : voilà les trois objets de la philosophie du chrétien. Les commandements affranchissent l'esprit des passions; la doctrine le mène à la connaissance des êtres; la foi, à la contemplation de la sainte Trinité.
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50. Qui a renoncé aux objets, femmes, fortune, etc., s'est fait moine pour l'extérieur, mais non pas encore pour l'intérieur. Qui a renoncé aux représentations passionnées de ces objets s'est fait moine jusqu'à l'intérieur, c'est-à-dire à l'esprit. Pour l'extérieur, il est facile de se faire moine : il suffit d'un acte de volonté; mais pour se faire moine jusqu'à l'intérieur, la lutte est dure.
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53. On peut, en l'absence des objets, n'être point importuné par les passions et n'avoir qu'une liberté intérieure partielle. Que les objets paraissent, immédiatement les passions tiraillent l'esprit.
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56. Tout le but des préceptes du Sauveur, c'est d'arracher l'esprit au désordre et à la haine, pour le mener a son amour et à celui du prochain. D'où jaillit comme un éclair l'acte de la sainte connaissance.
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60. L'amour tient son pouvoir d'édification de ce qu'elle n'est ni envieuse, ni amère contre les envieux; de ce qu'elle ne fait pas montre de ce qu'on lui envie et ne pense même pas quelle l'a déjà acquis, mais, lorsqu'elle ne sait pas, avoue sans fausse honte son ignorance. Ainsi elle rend l'esprit exempt d'orgueil et le prépare sans cesse à progresser dans la connaissance.
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61. Il est en quelque sorte naturel que, surtout au début, la connaissance tire après soi la présomption et l'envie, la présomption à l'intérieur seulement, l'envie et a l'intérieur et à l'extérieur (à l'intérieur, contre ceux qui la possèdent, à l'extérieur, chez eux). La charité donc supprime ces trois défauts : la présomption, puisqu'elle n'enfle pas; l'envie intérieure, puisqu'elle n'est pas envieuse; l'envie à l'extérieur, puisqu'elle est patiente et bonne. Il est donce nécessaire à qui possède la connaissance d'avoir aussi l'amour afin de garder toujours son esprit sans blessure.
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63. Ne consacre pas tout ton temps à discipliner ta chair, mais fixe-lui un programme en rapport avec ses forces et, ton esprit tout entier, tourne-le vers l'intérieur. Car l'entraînement du corps est profitable pour un peu, mais la piété, profitable en tout... (1 Tim 4,8) et la suite.
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64. S'occuper sans discontinuer de son intérieur, c'est pratiquer la chasteté, la longanimité, la bonté, l'humilité, bien plus : la contemplation, la connaissance de Dieu, la prière. C'est le sens du mot de l'Apôtre : Marchez selon l'esprit, etc... (Gal 5,16).
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65. Celui qui ne sait pas marcher dans la voie, spirituelle, au lieu de prendre garde aux représentations passionnées, concentre tous ses efforts sur la chair et ainsi, ou bien se montre gourmand, libre de moeurs, triste et colère, rancunier, et s'obscurcit ainsi l'esprit; ou bien il exagère l'entraînement du corps et se trouble la pensée.
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69. Certains frères se croient exclus des grâces du saint Esprit. C'est qu'ils ignorent, à cause de leur négligence à pratiquer les commandements, que quiconque garde très pure la foi au Christ, possède en soi, en bloc, tous les dons divins. Notre paresse nous tenant éloignés de l'amour effectif pour Lui, qui nous manifeste les trésors divins cachés en nous, il est normal que nous nous croyions exclus des dons divins.
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73. Et voilà pourquoi il dit encore : Vendez ce que vous avez, donnez-le en aumône, el voici que tout sera pur pour vous, (Lc 12,33) s'adressant à ceux qui ne s'occupent plus de ce qui regarde le corps, mais dont l'effort tend à purifier l'esprit (que le Maître appelle le coeur) de la haine et du désordre. Car c'est cela qui, souillant le coeur, l'empêche de voir le Christ habitant en lui par la grâce du saint baptême.
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75. L'amour de Dieu est l'adversaire de la convoitise : c'est lui qui amène l'esprit à s'abstenir des plaisirs. L'amour du prochain, lui, s'oppose à la colère : c'est lui qui rend indifférent à la gloire et à la fortune. Voici les deux deniers que le Sauveur a donné à l'hôtelier pour qu'il le soigne. Mais veille à ne pas te montrer ingrat en l'associant aux brigands, sinon tu seras de nouveau assailli et laissé non plus à demi, mais tout à fait mort.
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76. Purifie ton esprit, de la colère, de la rancune et des pensées honteuses et tu pourras alors prendre connaissance de la présence en toi du Christ.
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77. Qui t'a éclairé pour que tu croies à la Trinité sainte, consubstantielle et adorable ? Qui t'a fait connaître l'Incarnation d'une des personnes de cette trinité sainte ? Qui t'a appris les raisons des êtres incorporels, de l'origine et de la fin du monde visible, de la résurrection des morts, et de la vie éternelle, de la gloire du royaume des cieux et du Jugement redoutable ? Qui, sinon la grâce qui habite en toi, gage du saint Esprit ? Quoi de plus grand que cette grâce ? Quoi de plus excellent que cette sagesse et connaissance ? Pour de plus beau que ces promesses ? Si nous restons inertes, paresseux, sans nous purifier nous-mêmes de ce qui nous arrête, des passions qui obscurcissent notre esprit, pour devenir capables de voir, plus clair que le jour, la structure intime de ces réalités, ne nous en prenons qu'à nous-mêmes, gardons-nous de nier la présence en nous de la grâce.
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77. Qui t'a éclairé pour que tu croies à la Trinité sainte, consubstantielle et adorable ? Qui t'a fait connaître l'Incarnation d'une des personnes de cette trinité sainte ? Qui t'a appris les raisons des êtres incorporels, de l'origine et de la fin du monde visible, de la résurrection des morts, et de la vie éternelle, de la gloire du royaume des cieux et du Jugement redoutable ? Qui, sinon la grâce qui habite en toi, gage du saint Esprit ? Quoi de plus grand que cette grâce ? Quoi de plus excellent que cette sagesse et connaissance ? Pour de plus beau que ces promesses ? Si nous restons inertes, paresseux, sans nous purifier nous-mêmes de ce qui nous arrête, des passions qui obscurcissent notre esprit, pour devenir capables de voir, plus clair que le jour, la structure intime de ces réalités, ne nous en prenons qu'à nous-mêmes, gardons-nous de nier la présence en nous de la grâce.
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78. Dieu, qui t'a promis les biens éternels et a mis dans ton coeur le gage de l'Esprit saint, t'a prescrit de veiller sur ta conduite, pour que l'homme intérieur, une fois libéré des passions, commence dès lors à jouir de ces biens.
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80. Par l'amour mets un frein à la puissance irascible de ton âme; par la tempérance, mortifie la concupiscible; par l'oraison donne l'essor à la raisonnable et la lumière de ton esprit ne s'obscurcira jamais.
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86. La charité, et la maîtrise de soi délivrent l'âme des passions, la lecture et la contemplation dégagent l'esprit de l'ignorance; l'état d'oraison l'établit en Dieu même.
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