DOULEUR...........3
72. Ne pas mépriser gloire et obscurité, richesse et pauvreté, plaisir et douleur, c'est n'avoir pas encore la charité parfaite. La charité parfaite méprise non seulement tout cela, mais encore la vie temporelle et la mort.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
76. De ces accidents qui modifient les choses, nous avons des exemples et dans le monde de l'âme, et dans celui du corps, et dans celui qui entoure le corps. Monde de l'âme; oubli ou souvenir, amour ou haine, timidité ou audace, tristesse ou joie, etc. Monde du corps : plaisir ou douleur, agilité ou infirmité, santé ou maladie, vie ou mort, et ainsi de suite... Monde extérieur : fécondité ou stérilité, richesse ou pauvreté, célébrité, ou obscurité, etc... De ces contraires, les hommes appellent l'un un bien, l'autre un mal; mais de soi, ils n'ont rien de mauvais; c'est l'usage qu'on en fait qui les rend à proprement parler soit mauvais, soit bons.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
91. Ceux qu'en cette vie la Providence de Dieu éprouve pour les exercer a la vie intérieure subissent trois sortes de tentations, celle de la prospérité, par où leur viennent santé, beauté, fécondité, fortune, célébrité, etc...; celle du malheur, quand ils perdent enfants, fortune, réputation; celle de la douleur, qui inflige à leur corps maladies ou autres supplices. Aux premiers s'applique cette parole du Seigneur : Qui ne renonce à tout ce qu'il possède, ne peut être mon disciple. (Lc 19,33) Aux deux autres, celle-ci : Par votre patience, vous gagnerez vos âmes. (Lc 21,19).
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
 
 DOUTE.............4
11. Détourne-toi du mal, et fais le bien. Autrement dit : combats tes ennemis, les passions, pour les affaiblir; puis pratique la tempérance, de peur qu'elles ne reprennent force. Ou bien : Lutte pour acquérir les vertus, puis sois tempérant afin de les garder. Voilà sans doute ce que c'est qu'agir et veiller.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
22. La force des démons diminue, quand la pratique des commandements affaiblit en nous les passions; elle est détruite, quand enfin, par l'effet de la liberté intérieure, ces passions ont disparu de l'âme. Car ils ne retrouvent plus en elle ces complicités qui servaient de bases à leurs attaques. Et voilà sans doute le sens du verset : Ils perdront leur force, et périront devant ta Face. (Ps 9,4)
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
31. Les passions cachées dans l'âme fournissent aux démons le point d'appui d'où ils poussent en nous les pensées passionnées. Puis, par ces pensées, ils assaillent l'esprit et de vive force le poussent à une attitude de soumission au péché. Une fois dominé, ils l'amènent au péché de pensée, puis, ce péché accompli, ils le précipitent, l'épée dans les reins, au péché d'action. Enfin, ayant par ces pensées, complètement dévasté l'âme, ils se retirent avec elles, et seul reste dans l'âme, dressé, comme une idole, le péché. Quand vous verrez, dit le Seigneur, l'abomination de la désolation dressée dans le lieu saint... Que celui qui lit comprenne ! Le lieu saint, le temple de Dieu dans l'être humain, c'est l'esprit, où les démons, après avoir ravagé l'âme par les pensées passionnées, ont dressé, l'idole du péché. Quant à son application historique, cette prédiction s'est déjà réalisée : la lecture de Josèphe, à mon avis, ne permet aucun doute. Certains pourtant disent que tout cela se reproduira aux jours de l'Antichrist.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
38. Le démon de l'orgueil a deux tactiques : ou il suggère au moine, de s'attribuer à soi-même les bonnes oeuvres, au lieu de les rendre à Dieu, Maître de tout bien, aide de tout succès, ou bien, si le moine fait la sourde oreille, il lui inspire du mépris pour ses frères encore imparfaits. Et cette tentation-là, sans qu'on s'en doute, mène à refuser l'aide de Dieu, car mépriser les autres comme n'ayant pas su bien agir, cela revient à attribuer ses bonnes actions à ses propres forces. Erreur profonde, a dit le Maître : Sans Moi vous ne pouvez rien faire. Notre faiblesse, en effet, même si nous sommes orientés vers le bien, nous empêche de pousser jusqu'au bout sans le concours du Guide des bonnes action.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
 
 DROITE............5
40. Oeuvres de la charité : bienfaisance cordiale envers le prochain, longanimité, patience, tissage des choses selon la droite raison...
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
62. Et moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant : à qui te frapperait sur la joue droite, tend l'autre aussi. À qui veut plaider pour prendre ta tunique, abandonne jusqu'à ton manteau. À qui peut l'obliger à une marche de mille pas, tiens compagnie pendant deux mille. Pourquoi ces recommandations ? C'est qu'il veut te préserver toujours, toi, de la colère, du trouble et de l'amertume, donner à l'autre une leçon par le spectacle de ton inaltérable patience et vous amener ensemble, dans sa bonté, sous le joug de l'amour.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
92. Celui qui pratique à la perfection les vertus et a acquis le trésor de la connaissance voit désormais les choses selon leur nature et par conséquent agit et pense toujours selon la droite raison, sans jamais se tromper. Car c'est l'usage raisonnable ou déraisonnable que nous faisons des choses qui nous fait vertueux ou pervers.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
37. Le mot de l'Écriture : Car Tu rendras à chacun selon ses oeuvres, signifie que Dieu récompense les bonnes actions; non pas celles qui paraissant bonnes, sont faites contre l'intention droite; mais celles qui procèdent de l'intention droite, bien entendu. Car le jugement de Dieu ne porte pas sur l'acte même, mais sur l'intention.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
37. Le mot de l'Écriture : Car Tu rendras à chacun selon ses oeuvres, signifie que Dieu récompense les bonnes actions; non pas celles qui paraissant bonnes, sont faites contre l'intention droite; mais celles qui procèdent de l'intention droite, bien entendu. Car le jugement de Dieu ne porte pas sur l'acte même, mais sur l'intention.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
 
 DÉBAUCHE..........4
1. L'usage raisonnable des objets et de leurs représentations a pour fruits la chasteté, la chasteté et la connaissance; l'usage déraisonnable, la débauche, la haine et l'ignorance.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
3. C'est dans la mesure où nous usons mai des puissances de notre âme : concupiscible, irascible eu raisonnable, que les vices s'installent en elles, dans la partie raisonnable, l'ignorance et la sottise; dans l'irascible et la concupiscible, la haine et la débauche. Leur bon usage au contraire produit connaissance et prudence, amour et chasteté. Par conséquent, rien n'est mauvais parmi les créatures de Dieu.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
7. Manger trop et trop bien mène à la débauche; être avare et vaniteux, à l'aversion pour le prochain et l'égoïsme, père de ces deux défauts, mère aux deux à la fois.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
11. Ce qui plaît à Dieu, c'est la charité et la chasteté, la contemplation et l'oraison. Ce qui plaît à la chair, c'est la gourmandise, la débauche et ce qui les développe. Voilà pourquoi ceux qui vivent dans la chair ne sauraient plaire à Dieu; mais ceux qui sont au Christ ont crucifié leur chair avec ses passions et ses convoitises. (Rom 8,8).
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
 
 DÉLIVRÉ...........7
27. Qui a franchement renoncé aux biens du monde et, sans arrière-pensée, par amour, s'est fat serviteur de son prochain, est bientôt délivré de toute passion et établi participant de l'amour et de la connaissance de Dieu.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
48. Qui craint Dieu a pour compagne assidue l'humilité : grâce aux pensées qu'elle lui inspire, il parvient à l'amour et à la reconnaissance pour Dieu. Elle lui rappelle comment autrefois il a vécu selon le monde, les défaillances de toute sorte, les tentations éprouvées depuis sa jeunesse, comment le Seigneur l'a délivré de tout cela et l'a, d'une existence de proie aux passions, fait passer à une vie selon Dieu. Alors, avec la crainte, l'amour le saisit, et il ne cesse, plein d'une humilité profonde, de rendre grâces au bienfaiteur et au guide de notre vie.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
5. Pour délivrer l'esprit des passions si parfaitement qu'il puisse prier sans distraction, la voie active ne suffit pas, si elle n'est suivie de diverses contemplations spirituelles. L'action en effet ne libère l'esprit que du dérèglement et de la haine; les contemplations l'arrachent en outre à l'oubli et à l'ignorance. Ainsi délivré, il pourra prier comme il faut.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
39. Qui connaît la faiblesse de la nature humaine a acquis l'expérience de la force de Dieu. Avec elle, tantôt il a bien agi, tantôt il s'est efforcé de bien agir, mais sans jamais mépriser personne. Car il sait bien que l'aide divine qui l'a délivré de passions nombreuses et tenaces peut tout aussi bien se prêter aux autres, quand Dieu le voudra, ç ceux surtout qui pour Lui sont en pleine bataille. Il peut ne pas les délivrer tout dun coup de leurs passions : Il sait pourquoi, il prend son temps et, comme un médecin bon et charitable, applique à chacun de ces hommes de bonne volonté le traitement qui convient.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
13. Veux-tu devenir maître de tes pensées ? Surveille tes passions, chasse-les constamment de ton esprit, loin de tes pensées. Ainsi, contre la luxure, jeûne, veille, fais des travaux pénibles, isole-toi; contre l'irritation et la tristesse, méprise la gloire, l'obscurité, les objets matériels; contre le ressentiment, prie pour celui qui t'a offensé, et tu seras délivré.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
78. Autre chose est d'être débarrassé des pensées, autre chose d'être délivré des passions. Souvent on est débarrassé des pensées par l'absence des objets pour lesquels on a une passion. Mais les passions restent cachées dans l'âme; que réapparaissent les objets, elles se révèlent. D'où nécessité de surveiller l'esprit en présence des objets, et de discerner pourquoi il éprouve la passion.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
28. Garde-toi, si ton frère jouit ordinairement d'une bonne réputation, de la compromettre, dans l'assemblée des autres frères, en glissant inconsciemment dans tes propos un blâme contre lui; et cela, à cause d'une rancoeur secrète à son égard, qui dure encore en toi. Au contraire, dans la communauté, fais sans réserve son éloge, prie sincèrement pour lui comme pour toi-même, et bien vite tu seras délivré de cette aversion fatale.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE
 
 DÉMON.............7
14. L'esprit commence-t-il à progresser dans l'amour de Dieu ? Le démon va chercher à le pousser au blasphème, lui suggérant des pensées qu'un homme ne saurait trouver par lui-même, et qui ne peuvent venir que du diable, leur père. S'il en use ainsi, c'est que, jaloux de l'ami de Dieu, il veut qu'à la vue de telles pensées, il se désespère et n'ose plus, par sa prière accoutumée, s'envoler vers Dieu. Mais le destructeur n'en tire aucun avantage pour le but qu'il se propose : au contraire, il nous affermit davantage. Car après attaques et contre-attaques, nous retrouvons notre amour pour Dieu plus sûr, plus sincère. Que son épée lui perce le coeur, et que ses flèches se brisent !
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
19. Redoutable est le démon de la luxure. Il s'attaque avec une force particulière à ceux qui luttent contre la passion, surtout à la faveur de leur inattention à l'égard de leur nourriture, et des rencontres qu'ils ont avec des femmes. A son insu, l'esprit se trouve envahi par la douce impression du plaisir, que la mémoire lui rappelle ensuite, dans le calme de la solitude. Et la chair s'échauffe, suscite en l'esprit des images de toute sorte, le sollicite à consentir au péché. Si tu ne veux pas que de telles pensées s'attardent en toi, insiste sur le jeûne, le travail pénible, les veilles, la sainte vie de retraite dans une prière continuelle.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
38. Le démon de l'orgueil a deux tactiques : ou il suggère au moine, de s'attribuer à soi-même les bonnes oeuvres, au lieu de les rendre à Dieu, Maître de tout bien, aide de tout succès, ou bien, si le moine fait la sourde oreille, il lui inspire du mépris pour ses frères encore imparfaits. Et cette tentation-là, sans qu'on s'en doute, mène à refuser l'aide de Dieu, car mépriser les autres comme n'ayant pas su bien agir, cela revient à attribuer ses bonnes actions à ses propres forces. Erreur profonde, a dit le Maître : Sans Moi vous ne pouvez rien faire. Notre faiblesse, en effet, même si nous sommes orientés vers le bien, nous empêche de pousser jusqu'au bout sans le concours du Guide des bonnes action.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
85. Certains prétendent que les démons viennent toucher pendant le sommeil les parties honteuses, ce qui émeut les passions de Iuxure; puis cette passion mise en branle suscite à travers la mémoire jusqu'en l'esprit une image de femme. Pour d'autres, ces mêmes démons apparaîtraient à l'esprit sous forme de femmes, toucheraient les parties honteuses pour provoquer le désir; et ainsi surgiraient les images. Pour d'autres au contraire, c'est la passion propre du démon qui, lorsqu'il s'approche, excite la nôtre; et pendant qu'elle suscite les images dans la mémoire, l'âme s'attache aux pensées. On pourrait en dire autant de toutes les images passionnées et expliquer leur apparition de telle ou telle manière. Une chose est certaine; c'est qu'en aucun cas les démons n'acquièrent le pouvoir d'exciter une passion, qu'on dorme ou qu'on veille, si l'amour et la maîtrise de soi résident dans l'âme.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
92. Notre esprit est placé entre deux influences, qui agissent sur lui chacune pour son compte : vertu d'un côté, vice de l'autre. Il s'agit d'un ange et d'un démon. L'esprit est libre et il a le pouvoir de céder ou de s'opposer à celle qu'il veut.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
95. Quant l'esprit a été jugé d'obtenir la connaissance, son devoir est de garder sans passion ses représentations des choses, sans erreur les objets de sa contemplation, et sans trouble son état de prière. Mais les préserver sans cesse des brusques révoltes de la chair, quand les ruses du démon l'aveuglent, il ne le peut.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
30. Si par hasard un frère, en tentation, persiste à dire du mal de toi, ne te laisse pas arracher, par ce même démon méchant qui te trouble l'intelligence, à l'état de charité. Or rien ne t'en arrachera si, injurié, tu bénis et, bien qu'on te veuille du mal, restes bienveillant. C'est la route de la sagesse selon le Christ qui ne la suit pas n'est pas son compagnon.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE