CONNAÎTRE.........5
95. Le soleil une fois levé éclaire le monde, rendant visible, avec lui, tout ce qu'il éclaire. Ainsi le soleil de justice, quand il se lève dans l'esprit purifié, se manifeste lui-même, et fait connaître les raisons de tout ce qui existe et existera par lui.
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100. Mais, arrivé à Dieu, l'ardeur de son désir lui fait chercher d'abord ce qu'est l'Essence divine, car il ne trouve de consolation en rien de ce qui lui ressemble. Mais c'est une entreprise impossible et la connaissance de l'Essence de Dieu est également inaccessible a toute nature créée. Il se contente donc des attributs, c'est-à-dire, l'éternité, l'infinité, l'invisibilité, la bonté, la sagesse, la puissance qui crée, gouverne et juge les êtres. Cela seulement est en lui parfaitement compréhensible : qu'Il est infini, et le fait même de ne rien connaître est déjà une connaissance transcendante à l'esprit, comme l'ont montré les théologiens Grégoire et Denys.
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27. Au seuil de la connaissance de Dieu, ne cherche pas à connaître son Essence : un esprit humain n'y saurait parvenir; personne ne la connaît que Dieu. Mais considère à fond, tant que tu peux, ses attributs, par exemple, son Éternité, son Infinité, son Invisibilité, sa Bonté, sa Sagesse, sa Puissance qui crée, gouverne et juge les êtres. Car il mérite entre tous le nom de théologien, celui qui cherche à découvrir, si peu que ce soit, la vérité de ces attributs.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
98. Est avec Dieu l'homme qui apprend à connaître la sainte Trinité, ses oeuvres, sa Providence, et qui au fond de son âme tient ses passions dans le calme complet.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
77. Qui t'a éclairé pour que tu croies à la Trinité sainte, consubstantielle et adorable ? Qui t'a fait connaître l'Incarnation d'une des personnes de cette trinité sainte ? Qui t'a appris les raisons des êtres incorporels, de l'origine et de la fin du monde visible, de la résurrection des morts, et de la vie éternelle, de la gloire du royaume des cieux et du Jugement redoutable ? Qui, sinon la grâce qui habite en toi, gage du saint Esprit ? Quoi de plus grand que cette grâce ? Quoi de plus excellent que cette sagesse et connaissance ? Pour de plus beau que ces promesses ? Si nous restons inertes, paresseux, sans nous purifier nous-mêmes de ce qui nous arrête, des passions qui obscurcissent notre esprit, pour devenir capables de voir, plus clair que le jour, la structure intime de ces réalités, ne nous en prenons qu'à nous-mêmes, gardons-nous de nier la présence en nous de la grâce.
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 CONSCIENCE........8
12. Quand par l'amour, la connaissance de Dieu ravit l'esprit, et que, échappé d'entre les créatures, cet esprit perçoit l'Infinité divine, alors, comme le divin Isaïe, frappé de stupeur, il prend conscience de sa propre bassesse et répète avec conviction les paroles du prophète : Malheur à moi ! Je suis perdu ! Car je suis un homme aux lèvres souillées, j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres souillées et j'ai vu de mes yeux le Roi Seigneur des armées !
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53. Si tu veux garder l'amour telle que Dieu l'a réglée, ne laisse pas ton frère se coucher avec un sentiment d'amertume envers toi et, de ton côté, ne te couche pas avec un sentiment d'amertume à son égard, mais va te réconcilier avec ton frère, et tu viendras offrir au Christ, avec une conscience pure et dans une oraison fervente, le don de l'amour.
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68. Garde-toi d'offenser aucun de tes frères. Car peut-être, incapable de supporter la peine, il s'en ira. Et tu n'échapperais plus alors aux reproches de ta conscience, qui toujours, au moment de l'oraison, t'apporteraient la tristesse, interdisant à ton esprit tout commerce familier avec Dieu.
Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE
74. Et sur l'amour du prochain, écoute aussi : Je dis la vérité dans le Christ, je ne mens pas, ma conscience m'en rend témoignage par le saint Esprit c'est pour moi une tristesse immense, un chagrin incessant dans mon coeur. Je souhaiterais d'être rejeté loin du Christ pour mes frères, ceux de ma race, de ma chair, ceux d'Israël, et la suite... De même Moïse et les autres saints. (Ibid., IX, 1-3).
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89. Lorsque l'âme prend conscience de sa bonne santé, ses imaginations, même dans le rêve, commencent à lui apparaître pures et sans trouble.
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81. Cinq causes peuvent détourner l'âme du péché : le respect humain, la crainte du jugement, l'espoir de la récompense, l'amour de Dieu, enfin le remords de la conscience.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
80. Garde-toi de faire fi de ta conscience, qui toujours t'invite au mieux, elle te suggère les conseils de Dieu et des anges, elle te purifie des souillures cachées de ton coeur et, à l'heure du départ, te confère la familiarité divine.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
33. Examine ta conscience avec le plus grand soin ne serait-ce pas ta faute si ton frère n'a pas changé de sentiments ? Et n'essaie pas de la tromper, elle qui connaît ton fonds caché, qui t'accusera à l'heure de la mort, et au moment de la prière sera pour toi un obstacle.
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 CONSENTEMENT......4
83. Faites mourir vos membres, ceux de la terre fornication, impureté, passion, convoitise mauvaise, cupidité, (Col 3,5) etc... La terre désigne ici la prudence de la chair la fornication, l'acte même du péché; l'impureté, le consentement, la passion, c'est la pensée passionnée; la convoitise mauvaise, la simple acceptation de la pensée de la convoitise; la cupidité, la matière première et l'aliment de toute passion. Et voilà tout ce que le divin Apôtre nous enjoint de mettre a mort, comme membres de la prudence de la chair.
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84. D'abord, la mémoire présente à l'esprit une pensée simple. Cette pensée dure, et la passion se met en branle, puis, si elle n'est écartée, elle pousse l'esprit à consentir. Ce consentement donné, la seule étape qui reste est le péché d'action. Aussi est-ce fort sagement que l'Apôtre, dans une lettre à des chrétiens sortis du paganisme, leur prescrit de s'attaquer d'abord au péché d'action, et ensuite, méthodiquement, de remonter pas à pas vers la cause. Et cette cause, je l'ai dit, c'est quelque cupidité qui met en branle et entretient la passion, par exemple la gourmandise qui engendre et entretient la Iuxure. La cupidité en effet est mauvaise non seulement quand elle a pour objet l'argent, mais aussi quand elle s'attache à la bonne chère; et en revanche, la tempérance est bonne non seulement quand elle a pour objet la nourriture, mais aussi quand elle s'applique à l'argent.
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34 L'impureté de l'esprit, c'est d'abord la fausse connaissance; puis l'ignorance d'un des universaux (je ne parle, bien sûr, que de l'esprit humain, car pour celui de l'ange, il ne peut rien ignorer, même du singulier); en troisième lieu, la pensée passionnée; enfin le consentement au péché.
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88. Autre est la lutte contre la pensée simple, crainte qu'elle n'émeuve la passion; et contre la pensée passionnée, pour prévenir tout consentement. Mais dans les deux cas, même règle : ne pas laisser durer les pensées.
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 CONSÉQUENCE.......4
17. Quant à la malice, elle est dans le jugement faux porté sur les représentations et suivi de l'abus des choses. Ainsi, pour les relations avec les femmes, la règle du jugement, c'est qu'elles soient ordonnées à la procréation. Si donc on vise le plaisir, on juge mal, érigeant en bien ce qui n'en est pas un et, conséquence nécessaire, on abuse de la femme en s'unissant à elle. De même pour n'importe quel objet ou représentation.
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73. Les objets sont extérieurs à l'esprit; leurs représentations, elles, sont dans l'esprit. C'est donc de l'esprit que dépend le bon ou le mauvais usage des objets; car le mauvais usage des objets est conséquence du mauvais usage des représentations.
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82. Certains prétendent qu'il n'y aurait pas de mal dans les êtres, sans une seconde puissance, qui de son côté nous tire vers ce mal. En fait, cette puissance n'est autre que notre négligence à l'égard de l'activité naturelle de l'esprit. Ceux qui ont soin de cette activité se conduisent toujours bien, jamais mal. Si donc tu veux, toi aussi, secouer ta négligence, avec elle tu chasses la malice, c'est-à-dire le mauvais usage des pensées, qui a pour conséquence le mauvais usage des choses.
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93. La mort, c'est à proprement parler la séparation d'avec Dieu; l'aiguillon de la mort, c'est le péché. Adam y consentit, d'où son exil loin de l'arbre de vie, du paradis de Dieu, tout à la fois; et, conséquence nécessaire, la mort du corps. La vie, au vrai sens du mot, c'est Celui qui a dit : C'est moi la vie, Celui qui par sa mort ramène à la vie l'homme qui était mort.
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 CONTEMPLATION.....29
79. L'aumône est le traitement de la colère : le jeûne, le remède de la convoitise; l'oraison, elle, purifie l'esprit et le prépare à la contemplation des êtres. Pour les facultés de l'âme le Maître nous a également donné ses préceptes.
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86. Mais, libre de toute passion, il s'élance sur la route, sans tourner la tête, vers la contemplation des êtres et, au delà, vers la connaissance de la sainte Trinité.
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87. Devenu pur, l'esprit, dès qu'il perçoit les notions des êtres, passe à leur contemplation spirituelle. Redevenu impur par sa négligence, il se représente encore dans leur pureté les notions des autres objets, mais, s'iI s'agit de choses humaines, elles lui inspirent des pensées viles et perverses.
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94. Par la pratique des commandements l'esprit se dépouille des passions; par la contemplation spirituelle des choses visibles, il quitte les représentations passionnées qu'il a des objets; par la connaissance des réalités invisibles, il se dégage de la contemplation des choses visibles et de cette connaissance enfin, par celle de la sainte Trinité.
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94. Par la pratique des commandements l'esprit se dépouille des passions; par la contemplation spirituelle des choses visibles, il quitte les représentations passionnées qu'il a des objets; par la connaissance des réalités invisibles, il se dégage de la contemplation des choses visibles et de cette connaissance enfin, par celle de la sainte Trinité.
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98. Parvenu à la contemplation des êtres visibles, l'esprit tantôt cherche leurs raisons naturelles, tantôt ce qu'ils signifient, tantôt leur cause elle-même.
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99. S'il s'adonne à la contemplation des réalités invisibles, l'esprit cherche leurs raisons naturelles, la cause de leur existence, leurs conséquences et enfin l'action sur elles de la Providence et du Jugement divins.
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4. L'effet des commandements , c'est de rendre simples les représentations des choses. Celui de la lecture et de la contemplation, c'est de rendre l'esprit sans matière et sans forme. D'où résulte la prière sans distractions.
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20. Ceux qui sans cesse poursuivent notre âme pour la faire tomber dans le péché de pensée ou d'action utilisent les pensées passionnées. Mais devant un esprit qui refuse d'accueillir ces pensées, honteux, ils battront en retraite; et devant un esprit occupé à la contemplation spirituelle, confondus, ils s'enfuiront, en déroute.
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25. La récompense de la maîtrise de soi, c'est la liberté intérieure; celle de la foi, la connaissance. Or, de la liberté intérieure naît le discernement, et de la connaissance l'amour de Dieu. .26. Marchant droit dans la voie de l'action, l'esprit progresse vers la prudence; dans celle de la contemplation, vers la connaissance. La première, en effet, conduit le Iutteur au discernement du bien et du mal; la seconde mène l'initié à saisir les raisons des êtres corporels et incorporels. Mais pour obtenir le don de science divine, il faudra, sur les ailes de l'amour, avoir dépassé tous les degrés qu'on vient d'énumérer, être en Dieu; et alors, autant qu'il est possible à un esprit humain, par l'Esprit saint on pénétrera à fond la nature de ses attributs divins.
Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE
47. Certains remèdes immobilisent les passions, les empêchent de se mettre en branle et de s'intensifier; d'autres les affaiblissent, les réduisent. Ainsi le jeûne, les durs travaux, les veilles empêchent la convoitise de prendre force; la solitude, la contemplation, la prière, l'affaiblissent et tendent à la détruire. De même pour la colère : la longanimité, l'oubli des injures, la douceur l'immobilisent, l'empêchent de prendre force, l'amour, l'aumône, la bonté, la bienfaisance la réduisent peu à peu.
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55. L'éleveur, au sens spirituel, c'est l'homme d'action. Les vertus morales acquises, en effet, sont figurées par les bestiaux, et c'est pourquoi Jacob disait : Tes enfants seront des élévateurs. Le berger, c'est le gnostique. Car les pensées sont des moutons, gardés par l'esprit sur les montagnes de la contemplation; et c'est pourquoi tous les bergers sont objet d'horreur pour les Égyptiens, (Gen 47,5) autrement dit les puissances ennemie.
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100. C'est lorsqu'il a été dépouillé des passions et qu'il s'illumine dans la contemplation des êtres, que l'esprit devient capable de parvenir à Dieu et de prier comme il le doit.
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2. Tu as préparé devant moi une table, etc... La table désigne ici la vertu active, car c'est bien elle que le Christ nous a préparée à la face de ceux qui nous oppriment. L'huile qui oint l'esprit, c'est la contemplation des créatures. La coupe divine, c'est la connaissance dont l'objet est Dieu. Sa Miséricorde, c'est son Verbe, Dieu lui aussi; en effet ce Verbe, grâce à son Incarnation, ne cesse de nous poursuivre tous les jours, jusqu'à ce qu'il ait atteint tous ceux qui seront sauvés. (Exemple : saint Paul.) Quant à la maison, c'est le royaume, où doivent être ramenés tous les saints, et, les longs jours, la vie éternelle.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
11. Ce qui plaît à Dieu, c'est la charité et la chasteté, la contemplation et l'oraison. Ce qui plaît à la chair, c'est la gourmandise, la débauche et ce qui les développe. Voilà pourquoi ceux qui vivent dans la chair ne sauraient plaire à Dieu; mais ceux qui sont au Christ ont crucifié leur chair avec ses passions et ses convoitises. (Rom 8,8).
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20. En général, les pensées passionnées tantôt excitent dans l'âme la partie concupiscible, tantôt bouleversent l'irascible, tantôt obscurcissent la raisonnable. Le résultat, c'est l'aveuglement de l'esprit pour la contemplation spirituelle et pour l'envol de la prière. C'est pourquoi le moine, et particulièrement le solitaire, doit surveiller exactement ses pensées pour en reconnaître et supprimer les causes. Et voici comment les reconnaître : quand des images de femmes, auxquelles se mêle la passion, excitent la puissance concupiscible, la cause en est l'intempérance dans le boire et le manger, jointe à de fréquents entretiens, que rien ne justifie, avec des femmes; la suppression de ces causes s'obtient par la faim, la soif, les veilles et la solitude. Quand la puissance irascible, à son tour, se trouble au souvenir passionné d'offenses reçues, la cause en est l'amour du plaisir, la vanité, l'attachement, aux objets matériels. (Car ce qui afflige l'homme qui n'a pas la liberté intérieure, c'est d'en être privé ou de ne pouvoir les atteindre.) La suppression de ces causes s'obtient par le mépris - un mépris absolu - de ces bagatelles, par amour pour Dieu.
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67. Pas plus que la simple pensée d'une chose humaine ne mène forcément l'esprit au mépris des choses divines, la simple connaissance des choses divines ne le mène effectivement au mépris des choses humaines, parce qu'ici-bas la vérité n'apparaît qu'en ombres et en figures. C'est pourquoi il faut cette bienheureuse passion de la sainte charité pour attacher l'esprit aux objets de la contemplation spirituelle et lui faire préférer, au matériel l'immatériel, au sensible, le spirituel et le divin.
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69. Nous marchons par la foi, non par la vue, (2 Cor 5,7) et nous ne connaissons que dans un miroir et en énigmes. Aussi devons-nous nous appliquer très soigneusement a cette connaissance : c'est à force de méditations et d'entretiens prolongés que nous la transformerons en l'habitude inébranlable de la contemplation.
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70. Si nous nous adonnons à la contemplation spirituelle tout en n'ayant que très imparfaitement extirpé les causes de nos passions, et si nous n'y persévérons pas constamment en faisant d'elle notre occupation, bien vite nous nous orienterons de nouveau dans le sens des passions charnelles. Et nous n'en aurons recueilli d'autre fruit qu'une connaissance aride, mêlée de présomption, qui peu à peu en viendra à s'obscurcir elle-même, tandis que l'esprit se tournera tout entier vers les réalités matérielles.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
94. Quand l'esprit est purifié, parfois Dieu Lui-même le visite et l'instruit, parfois les bons anges l'inspirent au bien, ou la nature des objets, qu'il perçoit dans sa contemplation.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
95. Quant l'esprit a été jugé d'obtenir la connaissance, son devoir est de garder sans passion ses représentations des choses, sans erreur les objets de sa contemplation, et sans trouble son état de prière. Mais les préserver sans cesse des brusques révoltes de la chair, quand les ruses du démon l'aveuglent, il ne le peut.
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97. Recevant les représentations des choses, l'esprit se modèle naturellement sur chacune d'elles. Quand il les contemple spirituellement, il prend diverses manières d'être suivant les divers objets de sa contemplation. Quand il est en Dieu, il perd toute forme et toute figure.
Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE
5. La raison pour laquelle Dieu a créé, cherche-la : c'est un objet de connaissance. Comment et pourquoi Il a créé dans le temps, ne le cherche pas : cela dépasse ton esprit. Les Décisions de Dieu sont, les unes compréhensibles, les autres incompréhensibles pour les hommes. Car une contemplation sans frein, a dit un saint, risquerait de conduire aux abîmes.
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7. Connaissable à un certain point de vue, inconnaissable à d'autres, est Dieu, ainsi que le divin. Connaissable, par la contemplation de ses Attributs; inconnaissable, par celle de son Essence.
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15. Les motivements de I'âme sont raisonnables quand sa partie concupiscible est commandée par la tempérance; quand sa partie irascible se fixe dans l'amour, en s'écartant de la haine; quand sa partie raisonnable demeure auprès de Dieu par la prière et la contemplation spirituelle.
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47. Les commandements, la doctrine, la foi : voilà les trois objets de la philosophie du chrétien. Les commandements affranchissent l'esprit des passions; la doctrine le mène à la connaissance des êtres; la foi, à la contemplation de la sainte Trinité.
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64. S'occuper sans discontinuer de son intérieur, c'est pratiquer la chasteté, la longanimité, la bonté, l'humilité, bien plus : la contemplation, la connaissance de Dieu, la prière. C'est le sens du mot de l'Apôtre : Marchez selon l'esprit, etc... (Gal 5,16).
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68. Qui garde le célibat ou la virginité doit nécessairement avoir les reins ceints el la lampe allumée, les reins par la mortification, la lampe par l'oraison, la contemplation, l'amour spirituel.
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86. La charité, et la maîtrise de soi délivrent l'âme des passions, la lecture et la contemplation dégagent l'esprit de l'ignorance; l'état d'oraison l'établit en Dieu même.
Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE