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CHOSE.............13
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Avec le Traité sur la vie ascétique, voici encore, Père Elpidios, un ouvrage sur l'amour que j'envoie à votre Honneur, en quatre centuries : autant que d'évangiles. Il ne répondra peut-être pas à votre attente, j'ai du moins fait tout ce que j'ai pu. Du reste, que votre Sainteté le sache, ce n'est pas un pur fruit de ma pensée : j'ai parcouru les oeuvres des saints pères, et recueilli des extraits qui ramènent l'esprit à mon sujet. Souvent, j'ai résumé en sentences brèves de longs développements, pour que, plus faciles à retenir, ils puissent être embrassés dun seul coup d'oeil. J'envoie ce livre à votre Sainteté, en lui demandant de le lire avec bienveillance, sans chercher autre chose que le profit, d'oublier l'inélégance de mon style et de prier pour le pauvre homme que je suis, si dépourvu d'utilité spirituelle. Je vous prie, en outre, de ne pas croire que j'ai écrit cela pour vous rompre la tête : je n'ai fait qu'exécuter un ordre. (Si je vous parle ainsi, c'est qu'aujourd'hui nous sommes nombreux à nous rompre la tête à force de théorie. Mais à instruire les autres et à nous instruire nous-mêmes par la pratique, fort rares.) Au contraire, appliquez-vous de toutes vos forces à chacun des sentences. Car elle ne sons pas toutes, je crois, faciles à saisir pour tous; mais la plupart ont bien souvent besoin d'une, longue explication, même si l'expression paraît fort simple. Peut-être aussi vous révéleront-elles quelque secret utilité pour l'âme. Mais ce sera entièrement l'effet de la grâce de Dieu et d'une lecture pure de toute curiosité, pleine de crainte de Dieu et d'amour. Mais pour qui ne recherche pas l'utilité spirituelle, et qui au lieu de s'y efforcer comme je viens de dire ou d'une manière analogue, épluche les phrases dans le but de critiquer l'auteur et, par orgueil, d'établir une comparaison flatteuse pour son propre savoir, rien d'utile ne se manifestera jamais nulle part.
| Centuries sur la Charité PROLOGUE |
1. L'amour est une disposition bonne de l'âme, qui lui fait préférer à tout la connaissance de Dieu. Quant à parvenir à la possession habituelle de cette charité, c'est chose impossible, tant qu'on garde une attache à quelque, objet terrestre.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
43. Qui veut une chose lutte pour l'acquérir. Or de tous les objets bons et désirables, Dieu est incomparablement le meilleur et le plus désirable. Quelle ardeur doit donc être la nôtre, pour acquérir ce bien en soi bon et désirable !
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
16. La passion est un mouvement de l'âme contre nature, par suite d'un amour sans raison, ou d'une aversion irréfléchie pour un objet sensible quelconque, ou à cause de lui. Amour sans raison, par exemple, de la bonne chère, d'une femme, d'une fortune, d'une renommée qui passe, de n'importe quel objet sensible, ou bien d'autre chose à cause de cet objet. Aversion aveugle, soit pour un de ces objets, soit pour un autre à cause de lui.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
57. On distingue vertus du corps et vertus de l'âme. Du corps : jeûne, veilles, coucher sur la dure, service des autres, travail manuelle, pour n'être à charge à personne ou pour faire l'aumône, etc... De l'âme : amour, longanimité, douceur, tempérance, prière, etc. Si un obstacle, l'état de notre corps, la fatigue ou autre chose nous rend une fois ou l'autre incapables de pratiquer les premières, le Seigneur, qui voit les causes, nous en tient quittes. Mais si nous ne pratiquons pas celles de l'âme, nous sommes sans excuse, car elles ne connaissent aucun obstacle.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
64. Le corps, entraîné au péché par les objets, a pour se corriger les vertus corporelles qui le rendront sage. Pareillement l'esprit, entraîné, au péché par les pensées passionnées, a pour se corriger les vertus de l'âme, et la sagesse, pour lui, consiste à voir toute chose dans la simplicité et la liberté intérieure.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
85. Certains prétendent que les démons viennent toucher pendant le sommeil les parties honteuses, ce qui émeut les passions de Iuxure; puis cette passion mise en branle suscite à travers la mémoire jusqu'en l'esprit une image de femme. Pour d'autres, ces mêmes démons apparaîtraient à l'esprit sous forme de femmes, toucheraient les parties honteuses pour provoquer le désir; et ainsi surgiraient les images. Pour d'autres au contraire, c'est la passion propre du démon qui, lorsqu'il s'approche, excite la nôtre; et pendant qu'elle suscite les images dans la mémoire, l'âme s'attache aux pensées. On pourrait en dire autant de toutes les images passionnées et expliquer leur apparition de telle ou telle manière. Une chose est certaine; c'est qu'en aucun cas les démons n'acquièrent le pouvoir d'exciter une passion, qu'on dorme ou qu'on veille, si l'amour et la maîtrise de soi résident dans l'âme.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
42. Autre chose est un objet, autre chose une représentation, autre chose une passion. Ainsi, un homme, une femme, de l'argent, voilà des objets; le simple souvenir de ces objets, voilà une représentation, une affection déraisonnable ou une haine aveugle pour ces mêmes objets, voilà une passion. Or, la lutte que mène le moine est dirigée contre la passion.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
42. Autre chose est un objet, autre chose une représentation, autre chose une passion. Ainsi, un homme, une femme, de l'argent, voilà des objets; le simple souvenir de ces objets, voilà une représentation, une affection déraisonnable ou une haine aveugle pour ces mêmes objets, voilà une passion. Or, la lutte que mène le moine est dirigée contre la passion.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
42. Autre chose est un objet, autre chose une représentation, autre chose une passion. Ainsi, un homme, une femme, de l'argent, voilà des objets; le simple souvenir de ces objets, voilà une représentation, une affection déraisonnable ou une haine aveugle pour ces mêmes objets, voilà une passion. Or, la lutte que mène le moine est dirigée contre la passion.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
67. Pas plus que la simple pensée d'une chose humaine ne mène forcément l'esprit au mépris des choses divines, la simple connaissance des choses divines ne le mène effectivement au mépris des choses humaines, parce qu'ici-bas la vérité n'apparaît qu'en ombres et en figures. C'est pourquoi il faut cette bienheureuse passion de la sainte charité pour attacher l'esprit aux objets de la contemplation spirituelle et lui faire préférer, au matériel l'immatériel, au sensible, le spirituel et le divin.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
78. Autre chose est d'être débarrassé des pensées, autre chose d'être délivré des passions. Souvent on est débarrassé des pensées par l'absence des objets pour lesquels on a une passion. Mais les passions restent cachées dans l'âme; que réapparaissent les objets, elles se révèlent. D'où nécessité de surveiller l'esprit en présence des objets, et de discerner pourquoi il éprouve la passion.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
78. Autre chose est d'être débarrassé des pensées, autre chose d'être délivré des passions. Souvent on est débarrassé des pensées par l'absence des objets pour lesquels on a une passion. Mais les passions restent cachées dans l'âme; que réapparaissent les objets, elles se révèlent. D'où nécessité de surveiller l'esprit en présence des objets, et de discerner pourquoi il éprouve la passion.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
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CHOSES............41
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40. Oeuvres de la charité : bienfaisance cordiale envers le prochain, longanimité, patience, tissage des choses selon la droite raison...
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
87. Devenu pur, l'esprit, dès qu'il perçoit les notions des êtres, passe à leur contemplation spirituelle. Redevenu impur par sa négligence, il se représente encore dans leur pureté les notions des autres objets, mais, s'iI s'agit de choses humaines, elles lui inspirent des pensées viles et perverses.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
92. Celui qui pratique à la perfection les vertus et a acquis le trésor de la connaissance voit désormais les choses selon leur nature et par conséquent agit et pense toujours selon la droite raison, sans jamais se tromper. Car c'est l'usage raisonnable ou déraisonnable que nous faisons des choses qui nous fait vertueux ou pervers.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
92. Celui qui pratique à la perfection les vertus et a acquis le trésor de la connaissance voit désormais les choses selon leur nature et par conséquent agit et pense toujours selon la droite raison, sans jamais se tromper. Car c'est l'usage raisonnable ou déraisonnable que nous faisons des choses qui nous fait vertueux ou pervers.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
94. Par la pratique des commandements l'esprit se dépouille des passions; par la contemplation spirituelle des choses visibles, il quitte les représentations passionnées qu'il a des objets; par la connaissance des réalités invisibles, il se dégage de la contemplation des choses visibles et de cette connaissance enfin, par celle de la sainte Trinité.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
94. Par la pratique des commandements l'esprit se dépouille des passions; par la contemplation spirituelle des choses visibles, il quitte les représentations passionnées qu'il a des objets; par la connaissance des réalités invisibles, il se dégage de la contemplation des choses visibles et de cette connaissance enfin, par celle de la sainte Trinité.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
97. L'esprit purifié ou bien a des représentations simples et pures des choses humaines, ou bien contemple naturellement les êtres, visibles ou invisibles, ou bien reçoit la lumière de la saint Trinité.
| Centuries sur la Charité PREMIÈRE CENTURIE |
4. L'effet des commandements , c'est de rendre simples les représentations des choses. Celui de la lecture et de la contemplation, c'est de rendre l'esprit sans matière et sans forme. D'où résulte la prière sans distractions.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
17. Quant à la malice, elle est dans le jugement faux porté sur les représentations et suivi de l'abus des choses. Ainsi, pour les relations avec les femmes, la règle du jugement, c'est qu'elles soient ordonnées à la procréation. Si donc on vise le plaisir, on juge mal, érigeant en bien ce qui n'en est pas un et, conséquence nécessaire, on abuse de la femme en s'unissant à elle. De même pour n'importe quel objet ou représentation.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
29. Par ces paroles : Mon Père et Moi nous sommes un, le Seigneur désigne l'identité de l'Essence. Par celles-ci : Je suis en mon Père et mon Père est en Moi, il déclare que les Personnes sont inséparables. Les Trithéites, qui séparent Fils et Père, se jettent donc dans une impasse. Car de deux choses l'une : s'ils maintiennent que le Fils est coéternel au Père, tout en les séparant l'un de l'autre, force, leur est de nier que le Fils soit engendré par le Père, et donc de poser trois dieux, trois principes. Si au contraire ils affirment la génération, tout en maintenant la séparation, force leur est de nier que le Fils soit coéternel au Père, et de soumettre au temps le Maître du temps. Conclus : avec l'illustre Grégoire, maintenons l'Unité de Dieu en professant la Trinité des personnes, chacun avec ses traits distinctifs, car elles sont, réalités distinctes, mais indivisible unité; elles sont et sous le même rapport, a la fois Unité et Diversité. De sorte, que chaque aspect, tant unité que diversité, reste incompréhensible. Sans quoi, où serait le mystère, si le Fils et le Père étaient unis et distincts comme un homme et un autre homme, sans plus ?
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
75. Les choses mises par Dieu à notre usage sont soit dans notre âme, soit, dans notre corps, soit autour de notre corps. Ainsi, dans notre âme, ses facultés dans notre corps, les organes des sens, les autres membres, autour de notre corps, la nourriture, la fortune, etc... De toutes ces choses par conséquent, et des accidents qui les modifient, l'usage que nous faisons, s'il est bon, prouve notre vertu, s'il est mauvais, notre méchanceté.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
75. Les choses mises par Dieu à notre usage sont soit dans notre âme, soit, dans notre corps, soit autour de notre corps. Ainsi, dans notre âme, ses facultés dans notre corps, les organes des sens, les autres membres, autour de notre corps, la nourriture, la fortune, etc... De toutes ces choses par conséquent, et des accidents qui les modifient, l'usage que nous faisons, s'il est bon, prouve notre vertu, s'il est mauvais, notre méchanceté.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
76. De ces accidents qui modifient les choses, nous avons des exemples et dans le monde de l'âme, et dans celui du corps, et dans celui qui entoure le corps. Monde de l'âme; oubli ou souvenir, amour ou haine, timidité ou audace, tristesse ou joie, etc. Monde du corps : plaisir ou douleur, agilité ou infirmité, santé ou maladie, vie ou mort, et ainsi de suite... Monde extérieur : fécondité ou stérilité, richesse ou pauvreté, célébrité, ou obscurité, etc... De ces contraires, les hommes appellent l'un un bien, l'autre un mal; mais de soi, ils n'ont rien de mauvais; c'est l'usage qu'on en fait qui les rend à proprement parler soit mauvais, soit bons.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
78. Garde-toi d'abuser de tes pensées, sinon tu en viendras fatalement à abuser aussi des choses : on ne pécherait jamais en action, si on ne péchait d'abord en pensée.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
82. Certains prétendent qu'il n'y aurait pas de mal dans les êtres, sans une seconde puissance, qui de son côté nous tire vers ce mal. En fait, cette puissance n'est autre que notre négligence à l'égard de l'activité naturelle de l'esprit. Ceux qui ont soin de cette activité se conduisent toujours bien, jamais mal. Si donc tu veux, toi aussi, secouer ta négligence, avec elle tu chasses la malice, c'est-à-dire le mauvais usage des pensées, qui a pour conséquence le mauvais usage des choses.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
97. Un esprit purifié voit les choses en leur rectitude; une parole exercée les exprime clairement, une oreille fine les perçoit bien. Mais l'homme dépourvu de ces qualités s'en prend à celui qui a parlé.
| Centuries sur la Charité DEUXIÈME CENTURIE |
9. Personne n'a jamais haï sa propre chair, dit l'Apôtre; et pourtant il traite la sienne durement et la tient en servitude, sans lui fournir rien d'autre que la nourriture et le vêtement, et pas plus qu'il ne lui en faut pour vivre. En fait, c'est l'aimer, mais sans passion; c'est l'entretenir, mais comme simple servante des choses divines, c'est l'encourager, mais par cela seulement qui satisfait à ses besoins.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
28. Affirmant que l'essence des choses coexiste à Dieu de toute éternité et ne reçoit de lui que ses qualités, les Grecs prétendent qu'il n'y a pas de contraire dans l'essence, mais seulement dans les qualités. Notre thèse à nous, c'est que seule l'Essence divine, comme éternelle, infinie, donnant aux autres la durée sans fin, n'admet en elle aucun contraire. L'essence des êtres, elle, comporte son contraire, le non-être, et il dépend du bon plaisir de l'Être par excellence que cette essence soit toujours ou ne soit plus, car ses dons sont sans repentance. Et voilà pourquoi elle est et sera toujours en dépendance de la Toute-Puissance absolue, bien que, je le répète, elle ait en soi son contraire, le non-être : car elle a été appelée du non-être à l'être, et dans la Volonté de Dieu réside pour elle l'être ou le non-être.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
37. Il aime la retraite, celui qui n'éprouve aucune passion pour les choses du monde; il aime tous les hommes, celui qui n'aime plus rien d'humain; il possède la connaissance de Dieu et du divin, celui qui ne se scandalise au sujet de personne, soit pour ses fautes, soit pour des pensées soupçonneuses.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
41. Toute la lutte que le moine mène contre les démons vise à séparer les passions des représentations : sinon, impossible de garder sa liberté intérieure à la vue des choses.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
50. Si nous aimons sincèrement Dieu, notre charité même chasse nos passions. Or, aimer Dieu, c'est Le préférer, Lui, au monde, et l'âme à la chair, ce qui se traduit par le mépris des choses du monde, une attention continuelle à Dieu, par la maîtrise de soi, par l'amour, la prière, le chant des psaumes.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
53. De même que le corps a pour monde les choses, l'esprit a pour monde les représentations intellectuelles. Et de même que le corps commet le péché de fornication avec le corps d'une femme, l'esprit pèche avec la représentation qu'il se fait de la femme, et l'image de son propre corps. Car en imagination il voit l'image de son corps unie à l'image du corps de la femme, tout comme en imagination l'image de son propre corps marque sa répulsion envers l'image de son offenseur, et ainsi pour tous les péchés. A l'action que le corps exerce, concrètement, sur le monde des choses, répond l'action de l'esprit sur le monde des représentations.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
53. De même que le corps a pour monde les choses, l'esprit a pour monde les représentations intellectuelles. Et de même que le corps commet le péché de fornication avec le corps d'une femme, l'esprit pèche avec la représentation qu'il se fait de la femme, et l'image de son propre corps. Car en imagination il voit l'image de son corps unie à l'image du corps de la femme, tout comme en imagination l'image de son propre corps marque sa répulsion envers l'image de son offenseur, et ainsi pour tous les péchés. A l'action que le corps exerce, concrètement, sur le monde des choses, répond l'action de l'esprit sur le monde des représentations.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
64. Celui dont les désirs se bornent aux choses de la terre convoite la bonne chère, le plaisir sexuel, la célébrité, la fortune et tout ce qu'elles entraînent. Si son esprit ne trouve aucun objet meilleur vers quoi tourner la convoitise, il restera à jamais incapable de mépriser ces objets-là. Combien plus excellente, sans comparaison, la connaissance de Dieu et des réalités divines !
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
66. La connaissance sans passion des choses divines ne mène pas effectivement l'esprit au mépris des objets matériels. Son action ressemble à celle de la pensée simple d'un objet sensible. Aussi le cas n'est-il pas rare d'hommes qui, tout en avant la connaissance, se vautrent, comme des porcs dans la boue, parmi les passions charnelles. Ils ont d'abord, en effet, grâce à leur application, atteint une certaine pureté, et trouvé la connaissance; puis ils se sont laissés aller, semblables à Saül, qui, d'abord jugé digne de régner, gouverna indignement, et, par un redoutable effet de la Colère divine, fut rejeté.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
67. Pas plus que la simple pensée d'une chose humaine ne mène forcément l'esprit au mépris des choses divines, la simple connaissance des choses divines ne le mène effectivement au mépris des choses humaines, parce qu'ici-bas la vérité n'apparaît qu'en ombres et en figures. C'est pourquoi il faut cette bienheureuse passion de la sainte charité pour attacher l'esprit aux objets de la contemplation spirituelle et lui faire préférer, au matériel l'immatériel, au sensible, le spirituel et le divin.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
67. Pas plus que la simple pensée d'une chose humaine ne mène forcément l'esprit au mépris des choses divines, la simple connaissance des choses divines ne le mène effectivement au mépris des choses humaines, parce qu'ici-bas la vérité n'apparaît qu'en ombres et en figures. C'est pourquoi il faut cette bienheureuse passion de la sainte charité pour attacher l'esprit aux objets de la contemplation spirituelle et lui faire préférer, au matériel l'immatériel, au sensible, le spirituel et le divin.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
67. Pas plus que la simple pensée d'une chose humaine ne mène forcément l'esprit au mépris des choses divines, la simple connaissance des choses divines ne le mène effectivement au mépris des choses humaines, parce qu'ici-bas la vérité n'apparaît qu'en ombres et en figures. C'est pourquoi il faut cette bienheureuse passion de la sainte charité pour attacher l'esprit aux objets de la contemplation spirituelle et lui faire préférer, au matériel l'immatériel, au sensible, le spirituel et le divin.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
81. Veux-tu posséder la connaissance et rester modeste, sans être asservi par la passion de présomption ? Cherche toujours dans les êtres ce qui échappe à ia connaissance. Tu découvriras alors mille détails divers qui t'échappaient; étonné de ton ignorance, tu en rabattras de tes prétentions et, te connaissant toi-même, tu comprendras bien des choses, et profondes, et merveilleuses. Croire que l'on sait, en effet, est un obstacle au progrès de la connaissance.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
86. Les choses que nous mangeons ont été, créées pour une double fin : nous alimenter et nous servir de remède. Manger pour d'autres motifs,c'est abuser de ce que Dieu a mis à notre usage, et se condamner comme voluptueux. En toutes choses, le péché, c'est l'abus.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
86. Les choses que nous mangeons ont été, créées pour une double fin : nous alimenter et nous servir de remède. Manger pour d'autres motifs,c'est abuser de ce que Dieu a mis à notre usage, et se condamner comme voluptueux. En toutes choses, le péché, c'est l'abus.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
95. Quant l'esprit a été jugé d'obtenir la connaissance, son devoir est de garder sans passion ses représentations des choses, sans erreur les objets de sa contemplation, et sans trouble son état de prière. Mais les préserver sans cesse des brusques révoltes de la chair, quand les ruses du démon l'aveuglent, il ne le peut.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
97. Recevant les représentations des choses, l'esprit se modèle naturellement sur chacune d'elles. Quand il les contemple spirituellement, il prend diverses manières d'être suivant les divers objets de sa contemplation. Quand il est en Dieu, il perd toute forme et toute figure.
| Centuries sur la Charité TROISIÈME CENTURIE |
9. Seule simple, unique, sans qualité, pacifique et stable est l'Essence infinie, toute-puissante, qui a fait toutes choses. Quant aux créatures, elles sont toutes composées d'essence et d'accidents et, n'étant pas exemptes du changement, dépendent sans cesse de la Providence divine.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
13. Toujours être ou ne pas être, pour la nature raisonnable et spirituelle, voilà qui dépend du bon plaisir de Celui qui a fait toutes choses bonnes; être moralement bonnes ou mauvaises, voilà qui dépend de la volonté des créatures.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
66. Bien de ce que Dieu a mis à notre usage n'est proscrit par l'Écriture : elle se contente de réprimer l'excès, de corriger le déraisonnable. Ainsi elle ne défend pas de manger, de procréer des enfants, d'avoir de la fortune et de l'administrer convenablement, mais bien d'être gourmand, débauché et le reste... Pas davantage, elle n'interdit de penser à ces choses - elles sont faites pour qu'on y pense - mais d'y penser avec passion.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
82. Fais tout ton possible pour aimer tout homme. Si tu n'en es pas encore capable, du moins ne hais personne. Mais de ceci même tu n'es pas capable, si tu ne méprises les choses du monde.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
87. Les démons voient-ils que nous méprisons les choses du monde, crainte d'en venir, à cause d'elles, a haïr les hommes et à perdre la charité ? Ils provoquent contre nous des calomnies, pour que, vaincus par la tristesse, nous haïssions les calomniateurs.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
91. Les préceptes du Seigneur nous apprennent à user raisonnablement des choses indifférentes. Or, l'usage raisonnable des choses indifférentes établit l'âme dans la pureté, l'état de pureté produit lu, discernement, le discernement produit la liberté intérieure, et la liberté intérieure l'amour parfait.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
91. Les préceptes du Seigneur nous apprennent à user raisonnablement des choses indifférentes. Or, l'usage raisonnable des choses indifférentes établit l'âme dans la pureté, l'état de pureté produit lu, discernement, le discernement produit la liberté intérieure, et la liberté intérieure l'amour parfait.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |
98. Les amis du Christ aiment sincèrement tous les hommes, mais ne sont pas aimés de tous. Les amis du monde n'aiment pas tous les hommes et ne sont pas aimés de tous. Les amis du Christ persévèrent jusqu'au bout dans leur amour. Les amis du monde, tant qu'ils ne sont pas en désaccord sur les choses du monde.
| Centuries sur la Charité QUATRIÈME CENTURIE |